Déclaration de l’AFPS à l’occasion du sommet de l’Union pour la Méditerranée.

samedi 19 juillet 2008
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Tout projet euroméditerranéen suppose de mettre fin à l’occupation de la Palestine.

par I.A. pour l’Afps

Le président Nicolas Sarkozy a lancé dimanche 13 juillet au Grand Palais à Paris l’Union pour la Méditerranée. Au-delà de l’effet d’affichage, avec la présence surmédiatisée d’une quarantaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, ce projet est voué au même échec que le processus de Barcelone si l’on ne s’attaque pas aux causes de son enlisement, au premier rang desquelles la poursuite de l’occupation et de la colonisation de la Palestine par Israël.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. En 1995, deux ans après la signature de la « Déclaration de principes » israélo-palestinienne, l’Europe imaginait un nouvel espace méditerranéen à vocation essentiellement économique, visant le libre échange à l’horizon 2010 entre l’UE les Etats de la rive sud de la Méditerranée ainsi que la toute jeune Autorité nationale palestinienne. La paix israélo-palestinienne était alors imaginable et le processus de Barcelone s’est fondé explicitement sur la Charte des Nations unies, de même que les divers accords d’association qui en ont découlé ont engagé les parties contractantes, selon leurs articles 2, au respect du droit international et des droits humains. Le processus de Barcelone dispose aussi d’un volet sécuritaire et de dialogue politique et d’un volet culturel. Mais si marchandises et capitaux ont été voués au libre échange, Barcelone a aussi porté le projet d’une limitation des flux migratoires du sud vers le nord. Douze ans plus tard, son bilan est calamiteux. Compte tenu des inégalités entre le nord et le sud ; mais aussi sinon surtout parce que le processus économique est grippé par l’impasse du processus politique, et principalement par la poursuite de l’occupation coloniale de la Palestine par Israël.

Au-delà même des défections au Sommet de Paris, les initiateurs de cette nouvelle « Union » limitent officiellement ses ambitions à des projets de coopération (dépollution de la Méditerranée, énergie solaire, sécurité civile, développement des « autoroutes de la mer »...), dans l’ignorance de l’impasse politique et de la nécessité d’une solution politique au conflit israélo-palestinien. En outre, le projet vise lui aussi à limiter les flux migratoires, et Nicolas Sarkozy envisage également de créer une alternative à l’adhésion de la Turquie à l’UE et de tenter de constituer un front dans le climat de tension actuel avec l’Iran, voire de faire taire les réticences dans l’hypothèse d’une confrontation.

Pour le porte-parole du chef du gouvernement israélien, Mark Regev, « Israël a toujours considéré qu’il est de l’intérêt de tous les peuples de la Méditerranée de renforcer leur coopération et c’est bien pourquoi nous nous félicitons de participer à l’Union pour la Méditerranée ». Le négociateur palestinien Saëb Erakat n’est pas dupe : « aucun projet de coopération régionale ne peut fonctionner pleinement si l’occupation israélienne se poursuit », commente-t-il, ajoutant que « les pays concernés doivent pousser Israël à mettre fin à l’occupation des territoires palestiniens ».

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, n’a pas hésité à affirmer quelques heures avant l’ouverture du sommet qu’« Un rêve est en passe de se réaliser », mais la réalité sur le terrain le contredit.

Le 10 juillet, un Palestinien était tué par l’armée israélienne dans le sud de la bande de Gaza, en dépit de la trêve entre Hamas et Israël entrée en vigueur le 19 juin. A Naplouse, en Cisjordanie, l’armée israélienne avait mené la veille un raid dans les locaux de la mairie, confisquant documents et ordinateurs, alors que le maire, Adli Yaaïch, et son adjoint Mahdi Al-Hanbali sont toujours emprisonnés en Israël, et ce depuis plus d’un an. L’armée a aussi volé trois bus de ramassage scolaire d’une école de Naplouse, et ordonné la fermeture d’un centre commercial, menaçant les commerçants de cinq ans de prison. Plusieurs locaux d’associations liées au FPLP et au Hamas et ceux d’une chaîne de télévision ont aussi été visés.

A Nilin, un village de l’est de Ramallah, les soldats israéliens se sont opposés le 9 juillet à plus de 200 manifestants protestant contre la poursuite de la construction du mur d’annexion qui les prive de leurs terres. Une manifestation organisée à l’occasion du quatrième anniversaire de l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ), qui le proclame illégal et réclame son démantèlement. En mai 2008, pourtant, le mur mesure déjà 409 kilomètres soit 57% du tracé prévu par Israël. De même, la municipalité israélienne de Jérusalem a lancé un appel d’offres pour la construction de 920 logements dans la colonie de Har Homa.

Ce n’est pas d’un affichage médiatique au Grand Palais que la paix a besoin, mais de véritables initiatives politiques. L’Europe, et sa présidence aujourd’hui française, doivent agir concrètement en sanctionnant la politique israélienne, pour qu’Israël cesse de violer le droit international et ses propres engagements. Le respect du droit international est une condition sine qua non de la paix.

Paris, Le 13 juillet 2008.

france-palestine


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Brèves

Sans papiers

mardi 3 juillet 2007

Selon le quotidien O Globo, les autorités brésiliennes ont infligé une amende à la compagnie Alitalia pour avoir transporté deux voyageurs sans papiers, arrivés à Sao Paolo le 9 mai dernier.

Le premier, connu sous le nom de Benoît XVI, s’appelle Joseph Ratzinger.
Le second, Tarcisio Bertone, est secrétaire d’Etat du Vatican.
Ni l’un ni l’autre n’avait songé à emporter son passeport.
O Globo ne précise pas si les deux clients d’Alitalia avaient subi le contrôle de sécurité au départ de Rome.

Les photos montrent pourtant, très distinctement, un objet métallique assez volumineux, en forme de croix, sur la poitrine de l’un et de l’autre.
Il serait étonnant qu’à leur passage le portique n’ait pas sonné.
A-t-on procédé alors à une fouille manuelle ?
Les longues robes des deux voyageurs - blanche pour le premier, noire avec une ceinture rouge pour le deuxième - devaient bien cacher quelque livre subversif.

Peut-être même le plus subversif de tous : celui qui invite à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, même sans papiers.

Transmis par Linsay

rougemidi.org

Martin Hirsch a des absences...

mercredi 27 juin 2007

Reçu de Daniel Deriot

Mercredi après midi, près d’une centaine de familles de mal logés de PARIS ont envahi un amphithéatre du Conservatoire National des Arts et Métiers,ou se déroulait un colloque intitulé "travailleurs pauvres et action sociale : nouvelle question sociale ? de l’impensé vers l’action..."Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, M.Martin HIRSCH aurait dû conclure cette rencontre, mais il ne s’est pas déplacé.

Alors que se terminait le quatrième mini forum de ce colloque organisé par l’École Supérieure de travail Social de PARIS, près d’une centaine de familles ont envahi un amphithéatre du C.N.AM (Paris 3éme) et ont déployé une banderole sur laquelle l’on pouvait lire "Mal logés en colère, non aux expulsions ". Les manifestants souhaitaient attirer l’attention de M.HIRSCH qui n’est autre que l’ancien président d’EMMAUS FRANCE sur les conditions de logement que rencontrent un nombre croissant d’habitants de l’Ile de France.

Le tout nouveau haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne s’est pas déplacé, il devait conclure ce colloque de deux jours qui a regroupé des étudiants, des chercheurs et acteurs de l’action sociale autour des thèmes de la nouvelle pauvreté, de la valeur travail et de la construction du lien social... Les participants ont néanmoins mis à profit la fin de ces deux jours pour nouer des liens avec les familles en difficultés qui entendaient faire droit à leurs revendications avec une certaine détermination.