La Honte !

Pour en finir avec le Juppéthon
mercredi 4 février 2004
par  Agnès Maillard
popularité : 1%

Article 434-16
(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)

La publication, avant l’intervention de la décision juridictionnelle définitive, de commentaires tendant à exercer des pressions en vue d’influencer les déclarations des témoins ou la décision des juridictions d’instruction ou de jugement est punie de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende. Lorsque l’infraction est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.
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votons ! , p1
Concert de lamentations dans les heures qui ont suivi la condamnation d’Alain Juppé par le tribunal de Nanterre. Comme un seul homme, les membres de l’UMP se sont portés au secours de leur chef, victime d’un "jugement excessif [1]" dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris ! Raffarin s’est déclaré "surpris" et même le Président de la République est sorti de sa réserve pour soutenir celui qu’il a coutume d’appeler "le meilleur d’entre nous" !
Oui, vraiment touchant , le Juppéthon [2], s’il ne mettait en lumière l’indignité de la classe politique française, et plus spécialement de son exécutif, qui, en accédant au pouvoir, s’est cru transformé en une caste au-dessus des lois.

Car la loi de 1995 sur le financement des partis politiques français a été votée par ceux-là même qui s’en plaignent aujourd’hui. Les mêmes qui ne trouvent jamais le judiciaire assez dur et les policiers assez répressifs envers les citoyens ordinaires, comme le démontre les lois Perben 1 et 2, qui portent atteinte aux droits des plus faibles et au respect de la vie privée des citoyens.

De la même manière, personne ne semble s’être ému outre mesure des condamnations des autres personnes impliquées dans l’affaire, comme madame Louise-Yvonne Casetta (14 mois avec sursis), monsieur Robert Galley (14 mois avec sursis) ou monsieur Patrick Stefanini (12 mois avec sursis) [3].
Personne ne conteste donc les faits, ni ne semble même s’émouvoir que trinquent les lampistes. Mais monsieur Juppé ! Pensez donc, il est bien au-dessus de tout ça ! Il est le Fils Préféré. Le fusible ultime.

Alors c’est la honte qui l’emporte !
Non pas la honte des puissants qui exposent avec force protestations leur mépris du droit et de la justice !
Non pas la honte de l’affaire dans l’affaire, les pressions sur les juges, manœuvres dignes d’une petite mafia que l’on se complait à galvauder dans l’Italie Berlusconienne.
Non pas la honte de notre Constitution foulée aux pieds, le chef de l’Etat se devant d’être le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. [4]

Non !
C’est sur notre pays tout entier que rejaillit la honte du comportement indigne et irresponsable de nos dirigeants actuels. Et c’est de cette honte que les extrémismes risquent de sortir encore plus forts aux prochaines élections.

C’est pour cela qu’il est temps de nous prendre en main, en tant que citoyens responsables, de ne plus fuir nos propres devoirs : regardons bien nos dirigeants à cette heure, souvenons-nous bien des déclarations à l’emporte-pièce, des promesses creuses, des non dits, des omissions et des sur-enchères, et

votons !

Car si vous ne vous intéressez pas à la politique, sachez bien qu’elle, elle s’intéresse à vous !

Ne pas voter peut provoquer un gouvernement grave


Article 434-25
(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)
Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende.
Les dispositions de l’alinéa précédent ne s’appliquent pas aux commentaires techniques ni aux actes, paroles, écrits ou images de toute nature tendant à la réformation, la cassation ou la révision d’une décision.
Lorsque l’infraction est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.
L’action publique se prescrit par trois mois révolus, à compter du jour où l’infraction définie au présent article a été commise, si dans cet intervalle il n’a été fait aucun acte d’instruction ou de poursuite.

[1] Dépêche relative à la déclaration de m. Toubon

[2] Tout sur le juppéthon

[3] dépêche AFP : la condamnation d’Alain Juppé

[4] La Constitution française


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