TIBET : Un nouvel Eldorado (1/4)

pour les sociétés minières occidentales
samedi 14 mai 2016
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par David Eimer
The Sunday Telegraph

Gourmande en matières premières, la Chine a répertorié les richesses du sous-sol tibétain. Elle attire maintenant des sociétés occidentales désireuses de participer à l’exploitation de mines de métaux. Des compagnies britanniques sont déjà à pied d’œuvre.

Autrefois sous-développé et indigent, le secteur minier chinois est en pleine mutation et pourrait bouleverser, d’ici à quelques années, l’ensemble des marchés mondiaux des matières premières. La Chine est, en effet, en passe de devenir autosuffisante et pourrait rejoindre le club des plus grands exportateurs mondiaux alors qu’on ne cesse d’y découvrir de vastes réserves de minerai.

L’année dernière, la Chine a supplanté l’Afrique du Sud au rang de premier producteur d’or dans le monde. La société Leyshon Resources – cotée sur l’AIM [Alternative Investment Market, à Londres] et à la Bourse de Sydney (Australian Securities Exchange) – développe l’activité d’une mine d’or dans la province du Heilongjang, dans le nord-est de la Chine. "La Chine présentait le double avantage d’avoir un vaste potentiel d’exploration inexploité et de disposer des infrastructures nécessaires", explique Paul Atherley, directeur de l’entreprise. "C’est grâce à cela que la Chine est devenue le premier producteur mondial d’or en moins de dix ans."

Ce sont les Britanniques qui ont ouvert la voie en Chine. En 1997, la Griffin Mining de Londres, cotée sur l’AIM, est la première compagnie étrangère à obtenir une licence d’exploration depuis la fondation de la République populaire, en 1949. A présent, les Britanniques sont bien implantés dans toute la Chine et la plupart s’intéressent de près au Tibet, la "nouvelle frontière" minière du pays. Entre 1999 et 2006, une étude géologique secrète menée par les Chinois a révélé la présence au Tibet de vastes réserves de cuivre, de fer, de plomb, de zinc et autres minerais. On estime que le Tibet renfermerait entre 30 et 40 millions de tonnes de cuivre et 40 millions de tonnes de plomb et de zinc.

Insatiables, les industries automobiles et de construction chinoises ont importé 386 millions de tonnes de minerai de fer en 2007, soit 18 % de plus qu’en 2006, ce qui représente près de la moitié des importations mondiales de fer. Ce chiffre pourrait être substantiellement revu à la baisse avec la mise en exploitation des réserves de fer du Tibet. Les autorités de Pékin estiment qu’au total les ressources minérales du Tibet représentent plus de 80 milliards d’euros.

En 2006, la Central China Goldfields (CCG), unique société britannique présente au Tibet, a cédé à la tentation malgré les menaces de manifestations de la part de groupes protibétains. Créée en 2004, après l’ouverture du secteur minier chinois aux sociétés étrangères en 2003, la CCG s’est d’abord concentrée sur des projets de mines d’or, avec notamment l’installation en Mongolie-Intérieure d’une mine dont la mise en exploitation est prévue pour mars 2009. L’année passée, la CCG a également exploré dans la région de Nimu, près de Lhassa, à la recherche de cuivre.

Nimu se situe sur la ceinture de cuivre transhimalayenne qui va de l’Afghanistan à la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. La CCG n’en est encore qu’à la phase d’exploration mais les sociétés chinoises ont déjà commencé à creuser des mines tout le long de la ceinture, notamment celle de Yulong, appelée à devenir la plus grande mine de cuivre de toute la Chine. La société Continental Minerals, basée à Vancouver, au Canada, devrait obtenir avant la fin de l’année la première licence d’exploitation accordée à une société étrangère au Tibet. "Il y a beaucoup de cuivre dans cette ceinture. Du point de vue géologique, cette région ressemble énormément aux Andes d’Amérique du Sud. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’on se bouscule pour exploiter le cuivre ici", prophétise Jeff Malaihollo, directeur de la CCG.

Comme toutes les sociétés minières étrangères, la CCG a dû former une co-entreprise avec un partenaire chinois – le Bureau of Metallurgy and Geological Exploration du Sichuan – pour s’implanter. Cette obligation faite aux étrangers de coopérer avec un acteur chinois pour s’installer a poussé de nombreux exilés tibétains et plusieurs groupes de pression – comme la campagne Free Tibet – à critiquer le comportement des sociétés qui se sont empressées de profiter de l’ouverture du secteur minier en Chine. Pour ces dernières néanmoins, la Chine semble devoir être un nouvel eldorado pour les années à venir.

(À suivre...)

courrierinternational.com


Commentaires

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TIBET : Un nouvel Eldorado (1/4)
lundi 4 août 2008 à 06h12 - par  Gilles LECOQ

Bonjour,

On peut encore là constater l’adage des hommes d’affaires, "business is business", et peu importe le massacre de contestataires tibétains, accompagnée en son temps par des cris d’orfraie de nos sociétés occidentales, retombés depuis dans un silence léthargique,le sentiment du devoir accompli, certainement,car on ne froisse pas le "partenaire commerciale" N°1 impunément et indéfiniment, sans craindre de risquer quelques "déconvenues" dans les rapports Exploiteurs-Etat.
Le cas de ces Sociétés minières montre trop bien que face à ces vautours de la finance et de la valeur ajoutée à n’importe quel prix, fut-il rouge sang, le cas et la vie de dizaines de moines tibétains ou habitant(e)s de cette contrée "sino-intégrée" de force, ne valent que tripette et peau de chagrin.
Toutes les Sociétés Occidentales sont lâchement coupables d’obtempérer et de laisser faire ces dictateurs et tortionnaires, tout ça pour ne pas gâcher le thé de 5Heures de leurs actionnaires.
Ce Monde-ci s’emballe un peu plus tous les jours, que ce soit dans l’atrocité inhumaine des comportements de ses dirigeants étatiques, relayé et accentué par tous ces "hommes de l’ombre", costard-cravate de circonstance, ayant au moins sur leurs mains autant de sang d’innocents et de victimes de leurs cupides appétits que leurs chefs d’Etat réciproques, que par les répercussions engendrées par ces mêmes comportements sur l’Avenir de notre Planète.
On ne peut exploiter notre Terre, telle qu’on le fait depuis ces dernières décennies, et se déclarer innocent des causes que ces actions engendrent.

A force de creuser, de laminer, de pourfendre, de faire exploser sur et en sous-sol, parfois jusqu’à coup de bombes atomiques, de désertifier, d’arracher, de torturer, d’empoisonner l’eau, l’air,le sol et donc la nourriture, sans en payer un jour le prix fort.

Certaines Grandes Sociétés,(Carrefour, Areva, Total, etc...) ont encore trouver là un moyen de faire quelques juteux bénéfices, "surfant" allègrement sur ce nouveau Marché, truffées de "niches", jargon de financiers aux crocs puissants, et encaissant de somptueux dividendes, devenus en si peu de temps plus "Verts" que les écologistes eux-mêmes, mais leur couleur à eux se rapprochent plus du vert-dollar que du vert-nature originel.
G.Lecoq.

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mardi 5 août 2008 à 22h20 - par  Catherine Declis

Non violent pensant agissant n’est pas forcément de la colère sinon un autre savoir être pour faire sans lâcheté qu’il est bon de sans cesse mesurer pour efficacité

C’est fatigant, exigeant, éprouvant mais performant

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mardi 5 août 2008 à 21h18 - par  michel1955

réapprendre à aimer oui , mais pour moi d’abord apprendre à me défaire de ma colère (même si elle est juste et nullement un poison, car étant de la révolte, comme l’a dit un sage lama Tibetain...

cette colère , cette haine contre ce systeme mortifere LE CAPITALISME qui obscurcit mon esprit au point d’en vouloir à tous mes proches qui le soutiennent (ce systeme...)

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mardi 5 août 2008 à 13h08 - par  Catherine Declis

Ou peut-être réapprendre Aimer en verbe régulier faute de le conjuguer avec facilité

Merci Michel pour ton sage passage (gag)

Bonne journée à tous,

Catherine.

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mardi 5 août 2008 à 00h02 - par  michel

Et que dirait le Petit Prince s’il venait à passer ?

il dirait sans doute "saloperie de capitalisme" ou saloperie de société de (con)sommation !

excuse moi Catherine à 4 jours de l’ouverture de ces nouveaux jeux de la honte, (ce sont tous des jeux de la honte) je n’ai plus le coeur d’avoir l’ame poètique comme toi

Agir sur soi afin d’agir dans la société, consommer autrement, agir par la consommation,
devenir consom’acteur pour ne plus être (con)sommateur...

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lundi 4 août 2008 à 10h10 - par  Catherine Declis

Analyse "élément terre" sans "comment taire"

Le devoir de voir aujourd’hui est de faire valoir l’essentiel car une planète en mauvaise santé ne portera jamais aucune vie saine

Et nous contribuons tous grassement à la gâcher par nos actes autant que nos pensées

Encore combien de témoignages de maladies, de conflits, de souffrances venant s’accumuler pour enfin réaliser qu’il est temps de bouger, réfléchir et changer en commune beauté

Non pas contre mais tout contre les uns avec les autres, réfléchir à ce qui est consommé et si cela reflète vraiment bonheur et liberté, pour ceux qui peuvent encore acheter, avoir un toit pour se loger, manger des fraises en hiver et de la perche du nil toute l’année, voyager, gaspiller...
S’illusionner !

Ceci pour dire que les "trésors" qui sont aujourd’hui au Tibet pillés,
ont-ils pour le coeur de chacun une belle utilité à voir gandir et embellir,
quand ils seront taris qu’aura t on de plus à manger
qui ne sera pas encore plus pollué

Et les mêmes questions différées se verront posées et aggravées

Mais jusqu’où faudra t il donc aller ?

Et que dirait le Petit Prince s’il venait à passer ?

A méditer

Et pour tous, belle journée,

Catherine.

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