TIBET : le territoire (2/4)

dimanche 15 mai 2016
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par Norbert Gauthier du CNRS

Le territoire que l’on désigne sous le nom de "Tibet" n’est pas toujours clairement défini dans les médias occidentaux ou chinois (où il est appelé Xizang). En réalité, d’un point de vue ethnique et linguistique, le Tibet ne se réduit pas à ce que le gouvernement chinois appelle actuellement la région autonome du Tibet (RAT ; en chinois : Xizang zizhiqu, en tibétain : bod rang skyong ljongs).

Cette "région autonome", créée en 1965, ne constitue en fait que la moitié de la zone où vivent les populations d’ethnie tibétaine et elle abrite moins de la moitié de la population d’ethnie tibétaine de Chine.
Le territoire correspondant au Tibet traditionnel s’étend en fait sur plus de 2 millions de km² (environ 4 fois la France), soit pratiquement deux fois la superficie de ladite "région autonome" (1 130 000 km²). La Chine comptait, en 2000, 5,4 millions de Tibétains, dont seulement 2,4 millions habitent en RAT.

Le gouvernement de la république populaire de Chine reconnaît pourtant officiellement l’existence de ce Tibet ethnique et linguistique qui s’étend au-delà de la RAT et correspond aux provinces traditionnelles de l’Amdo et du Kham. En effet, toute la zone tibétaine s’étendant au nord et à l’est de la RAT correspond à des "préfectures autonomes tibétaines" (PAT ; en chinois : Xizang zizhizhou, en tibétain : bod rang skyong khul), qui sont dotées d’un statut administratif particulier. On trouve en tout onze PAT (auxquelles viennent s’ajouter deux districts tibétains autonomes). Mais elles sont intégrées à quatre provinces chinoises (Sichuan, Qinghai, Gansu, Yunnan), ce qui rend ce Tibet oriental et septentrional peu visible d’un point de vue géopolitique.

Cette division du Tibet en une région autonome et onze préfectures autonomes est finalement si compliquée que les observateurs étrangers et les médias ont parfois tendance à considérer que seule la région autonome du Tibet réfère au "Tibet" à proprement parler, tandis que le Tibet oriental et septentrional correspondrait déjà à la Chine ethnique.
Sur le terrain, les choses sont plus simples que sur le papier. En effet, quiconque se retrouve dans ces préfectures autonomes tibétaines sait qu’il n’est plus sur le territoire traditionnel de la Chine ethnique, ou han, mais bien sur celui du Tibet. La raison en est simple : l’altitude et la présence des montagnes et des hauts plateaux. En effet, les PAT sont situées en général à plus de 3 000 mètres d’altitude, parfois à plus de 4 000 mètres. Outre l’altitude et le paysage environnant, l’architecture, les traits physiques de la population, le vêtement et la nourriture traditionnelle ainsi que de nombreux autres éléments rappellent que ces préfectures sont bien tibétaines et non chinoises (hans).

Le 10 mars 2008 et les jours suivants, des manifestations ont éclaté dans l’ensemble du Tibet ethnique, majoritairement dans les villes et villages situés hors de la région autonome du Tibet.

(À suivre...)

courrierinternational.com


Commentaires

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TIBET : le territoire (2/4)
lundi 4 août 2008 à 18h54 - par  Vladimir

bonjour,

une anticipation theorique qui merite reflexion :

LE CAPITAL FICTIF POUR LES DÉBUTANTS :
IMPÉRIALISME, « ANTI-IMPÉRIALISME » ,
ET PERTINENCE ACTUELLE DE ROSA LUXEMBOURG

Loren GOLDNER
2007

http://home.earthlink.net/~lrgoldner/imperialismfrench.html

http://bataillesocialiste.wordpress.com/2007/10/24/imperialisme-anti-imperialisme-et-pertinence-actuelle-de-r-luxemburg

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