"Main basse sur l’école publique"

mardi 5 août 2008
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Nous publions chez DEMOPOLIS à compter du 25 août 2008 "Main basse sur l’école publique". Nous pensons que ce document intégrant nombre de faits et de liens pas toujours connus du grand public peut être utile au débat sur le devenir de l’école publique. Vous trouverez joints une trés courte présentation, la table des matières et un petit résumé.

L’Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d’entretenir le « chaos pédagogique », l’insécurité et le chômage. En évitant les débats parlementaires, Xavier Darcos impose sans discussion une véritable révolution libérale. Le gouvernement met rapidement en oeuvre une succession de mesures : suppression de la carte scolaire et de postes d’enseignants, évaluation publique des enseignants et des établissements, financement par l’État du développement des établissements privés dans les banlieues… Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures.

Ils révèlent que des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l’Opus Dei sont à l’origine de ces propositions. Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l’Éducation. La réforme de l’école est au coeur du projet de Nicolas Sarkozy. L’école institution de la République laïque est décriée, attaquée pour lui substituer une logique libérale dans laquelle l’école privée est instrumentalisée pour concurrencer et démanteler le service public

Quelle part prennent l’actuel gouvernement et son ministre de l’Education nationale dans cette exacerbation de la concurrence, dans les nouveaux privilèges concédés à l’enseignement catholique ? Quel rôle jouent les officines libérales et intégristes qui prennent pour cible l’école publique ? Quel sens donner à toutes ces premières mesures engagées dans la précipitation : suppression de la carte scolaire, instauration d’un chèque éducation pour le privé, concessions sur la mixité, le service minimum… ? Des faits, des actes, des décisions, des liens, des réseaux montrent les multiples connivences, qui depuis une trentaine d’années s’entendent pour lancer une OPA sur l’Ecole publique."

La rentrée 2008 sonnera-t-elle le glas de l’école publique et laïque ?

"Main basse sur l’école publique"
Muriel FITOUSSI et Eddy KHALDI
Éditions DEMOPOLIS
sortie le 25 août 2008

Muriel FITOUSSI, journaliste spécialisée dans les sujets de politique et de société (Dossiers du Canard Enchaîné, Libération, Paris Obs...). Elle a publié en 2007 "Femmes au pouvoir, femmes de pouvoir" chez Hugo & Co 2007.
Eddy KHALDI, enseignant, militant syndicaliste et associatif, suit depuis 25 ans les questions de société et de laïcité relatives à l’école, auteur de plusieurs articles sur ces questions.

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

1 - Un gouvernement sous influences
La laïcité remise en question au sommet de l’État
Le ministre et son armée des ombres
Des mesures inspirées
SOS Education au service du ministre
L’enseignement catholique à l’affût

2 - L’essor du privé entre stratégie catholique et logique libérale
Les stratégies de l’enseignement catholique
Financer le privé avec l’argent public
Le maquis des structures
Le nouveau « caractère propre »

3 - Les guerres scolaires depuis 1970
1970-1977 : la révolution libérale de l’enseignement catholique
1977-1986 : l’échec du grand service public de l’éducation nationale
1988-1992 : la gauche complexée
1993-1995 : la droite décomplexée
2002 : la « République des proximités » libérales de Raffarin

4 - Les nouvelles fabriques de doctrine
La campagne présidentielle de 2007 : un révélateur
Les antipédagogues récupérés
Le bricolage scolaire

Conclusion pour l’école publique

Bibliographie

Notes


Un petit résumé

L’Éducation nationale, née de l’idéal de l’école laïque, gratuite et obligatoire, est aujourd’hui en danger de mort. Sous la menace d’une croisade qui, portée depuis plus de 15 ans par les franges catholiques les plus intégristes des mouvements ultra-libéraux, s’invite désormais au cœur de la réforme économique menée par l’actuel gouvernement.
Hallucination, fantasme ?
_ Hélas, ce scénario catastrophe n’est pas une lubie surgie de l’imagination fantasque d’un auteur de science-fiction. A l’heure où l’opinion prend la mesure des récentes et violentes remises en question du principe de laïcité en France, il est grand temps de s’interroger, sur ce que peut cacher le discours de Nicolas Sarkozy au Latran, en direction de nos chères têtes blondes. La mission éducative qu’entend mener Monsieur le chanoine d’honneur du Vatican, signerait-elle la fin de l’école publique ?

Ceux qui veulent en finir avec l’éducation nationale :

Depuis plus de 15 ans, dans un relatif secret, un certain nombre de groupements relevant d’une même nébuleuse clérico libérale, s’agitent en catimini. Leur but ultime : démanteler l’Education nationale et l’ensemble de son service public. Une croisade amenée avec prudence et minutie. Mais une détermination néanmoins implacable.
Au cœur de cette nébuleuse, à droite de la droite, une douzaine d’associations : « Enseignement et libertés », « Créateurs d’écoles », l’« OIDEL », « SOS Education », « FSP- Fondation de service politique », « Créer son école », « CLE- Catholiques pour les libertés économiques », « ILFM – Institut libre de formation des maîtres », « Fondation pour l’école », « Famille et libertés », « Mission pour l’école catholique »…ou encore, l’ALEPS, « association pour la liberté économique et le progrès social », filiale ultra-libérale du MEDEF, créée dans les années 60, dans le sillage de l’UIMM. 

Leurs « penseurs », leurs activistes, s’inscrivent dans la mouvance des idées agitées dans les « think tanks » de l’extrême droite, au sein du Front National, du Club de l’Horloge. Voire, pour certains…de l’Opus Dei.

Toutes réclament, à corps et à cris, l’avènement de la « liberté de l’enseignement » en France. Qu’entendent-elles par « liberté » ? Il s’agit en fait, d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires, dans une optique de concession de service public voire de marchandisation de l’école.

Celle-ci garantirait une « offre scolaire diversifiée », sensée répondre à une attente désespérée des familles, injustement privées de leur liberté de choix... Des mots d’ordre libéraux bon teint, en apparence, mais qui, en réalité, servent opportunément la vision cléricale de ces nouveaux croisés. Ceux-ci n’espèrent rien d’autre que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Eglise.

L’école publique laïque, voilà l’ennemie

À en croire plusieurs des associations précédemment citées, au premier rang desquelles, l’hyperactive et bien nommée « SOS éducation », nous serions à la veille d’un cataclysme insoupçonné. L’œuvre de Jules Ferry serait devenue un véritable bourbier, une sorte d’antre du Diable porteur de tous les signes de décadence de notre époque, coupable d’une entreprise criminelle de corruption des mœurs de la jeunesse. Cette école serait aux mains des syndicalistes de l’Education nationale, omnipotents héritiers du bolchevisme, décidés, couteau entre les dents, à faire de nos chères têtes blondes de la graine de révolutionnaires nihilistes. Les programmes scolaires sont stigmatisés, accusés d’intelligence avec l’ennemi, par la diffusion d’une vision marxiste et culpabilisante de l’histoire mondiale… Des profs incompétents et démissionnaires, impuissants à endiguer la violence et l’échec scolaire montrés du doigt à toute occasion. Au final, tous les maux de notre société, seraient imputables à ce Monstre froid, mammouth ingérable, fossile « comparable à l’ex-armée rouge ».
Ces associations ne se contentent pas de stigmatiser les errances du système éducatif, de la méthode globale rendue responsable d’un illettrisme galopant, du contenu des programmes ou de la baisse alarmante du niveau depuis plusieurs décennies.

Elles vont bien plus loin. « Dans le concert des « déclinistes », rapporte un article de Libération le 6 novembre 2006, « SOS Education est à part. Elle ne compte pas de personnalités dans ses rangs et cherche désespérément des alliés (…) Le 24 octobre, Sauver les lettres, Sauver les maths et Reconstruire l’école ont publié une lettre au vitriol, qualifiant SOS Education de « groupuscule malfaisant ». Car, au-delà de constats communs, leurs buts divergent radicalement. Dans la tradition laïque et républicaine, les trois associations réclament une école plus performante. SOS Education vise son affaiblissement, voire sa disparition. Le 17 septembre 2005, devant le Cercle Frédéric Bastiat qui se veut un haut lieu de la pensée, Vincent Laarman (Président de SOS Education, NDLR) annonçait la couleur : il n’y a d’espoir que « si l’Education nationale se trouve menacée dans sa survie par la concurrence d’un grand secteur éducatif libre ». Et de citer les Etats-Unis en exemple. »

Le but ultime ne serait-il pas, au prétexte de libérer l’école, de faire disparaître l’école publique ?
A l’ombre de l’Opus…
Mais les questions éducatives ne monopolisent pas leurs foudres guerrières. Certaines associations entendent bien, aussi, se mêler des questions touchant plus intimement au « progrès des sociétés humaines », tel qu’elles le conçoivent. C’est que l’avortement, la contraception, les prises de positions de Jean Paul II puis Benoît XVI figurent parmi quelques-unes de leurs préoccupations essentielles.
Dans notre nébuleuse, CLE, Catholiques pour les Libertés économiques, dont les locaux se situent à l’adresse même du siège de l’Opus DEI en France. Son Président, Michel de Poncins, fut l’un des conseillers économiques de Jean-Marie Le Pen.

Ou encore, l’OIDEL. Une ONG très influente pour le “Droit à l’éducation” et la “liberté d’enseignement”, reconnue par l’ensemble des institutions européennes, mais dont l’appartenance à l’Opus dei est révélée dans force sites, documents officiels du gouvernement fédéral genevois, et par l’engagement reconnu « à l’œuvre » de plusieurs de ses membres éminents.

Un document extrait d’un rapport comparatif de l’OIDEL sur 85 pays non encore publié est diffusé opportunément, en avant première, le 22 avril 2007, à l’issue du premier tour de la présidentielle, pour développer la « liberté d’enseignement en France ». Pourtant, il n’y a pas péril en la demeure de France nous sommes en 5ème position. Que signifient cette pression et la publication de ce programme d’action à ce moment de la campagne ? Que d’attention de la part de cette ONG européenne pour notre pays, en particulier à l’occasion de son Symposium de Lisbonne des 7 et 8 septembre 2007. L’OIDEL se penchait sur notre carte scolaire avec le concours des parents d’élèves des écoles privées françaises de l’UNAPEL pourtant non concernées par cette question. Cette entreprise pour développer l’enseignement privé est également conduite, aujourd’hui, par les mêmes avec une rare violence en Espagne.

« Guide du candidat 2007/2008 »…

Tout cela ne porterait pas à conséquence, si l’écho auprès des politiques et des pouvoirs publics, ne se faisait aussi fidèle. Jusqu’à inspirer, avec une étrange concordance, l’agenda de l’actuelle politique « de réformes » du Ministre de l’Education, Xavier Darcos.
Dans le sillage de la campagne présidentielle, en 2007, l’ALEPS et d’autres se fendaient d’une initiative pour le moins audacieuse : l’édition d’un « Guide du Candidat 2007/2008 », véritable feuille de route énonçant un catéchisme auquel devrait se conformer le candidat favori, dans une logique purement libérale. Et le gagnant fut … Nicolas SARKOZY, arrivé en tête des notes attribuées aux divers candidats.

En matière d’éducation, un « agenda des réformes », assorti d’un authentique planning d’exécution, annonce « dès 2007 », entre autres mesures-phares :
- « Suppression de la carte scolaire et sélection à l’entrée des établissements scolaires et universitaires »
- « Liberté totale de l’ouverture de classes, d’établissements, et du recrutement d’enseignants et de personnel administratif par contrat privé »...
- Puis, à plus long terme, rien de moins que la « suppression progressive du budget de l’Education nationale et du statut des enseignants fonctionnaires »… ou encore, l’ « autonomie totale des établissements en matière de programme, de personnel et de contrôle des connaissances… »

Dans son éditorial en ouverture de « la nouvelle lettre » n°928, le 8 septembre 2007, Jacques Garello, responsable de l’ALEPS, encourage le nouveau Président, avec cette mise en garde, qui laisse songeur : « Vous allez vous mettre à dos les syndicats d’enseignants à coup sûr, mais aussi les associations de parents et de façon plus large encore tous ceux qui sont attachés à l’idée du service public unique et laïque de l’Education nationale. Mais vous allez aussi sauver la jeunesse et, avec elle, l’avenir du pays. »

11 juin 2007, Elysée. Toutes affaires cessantes, sous le feu des caméras et des micros, Nicolas Sarkozy annonce un assouplissement de la carte scolaire, dès la rentrée de septembre 2007. Paris brûle-t-il ? Comment expliquer une telle précipitation, de la part d’un Président de la République à réunir, dans les tous premiers jours de son mandat, les représentants des personnels et des parents d’élèves à l’Elysée pour traiter de la question de la suppression de la carte scolaire, qui réussit l’exploit de s’imposer au rang d’urgence nationale ? Comme si l’immense chantier de l’éducation nationale se limitait à la question de la carte scolaire. Rien n’indique, de surcroît, qu’il s’agisse là d’une demande émanant explicitement des parents, d’ailleurs la principale fédération s’y oppose. En septembre, l’académie de Paris n’a enregistré, en tout et pour tout, que 203 dérogations supplémentaires par rapport à l’année précédente. Une goutte d’eau.

11 juillet 2007 dans sa lettre de mission au ministre de l’Education nationale, le Président de la République fixe parmi ses objectifs budgétaires : « S’agissant de l’enseignement sous contrat, qui répond à certaines attentes des familles, vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s’installer dans des quartiers en difficulté et, au contraire, vous soutiendrez, lorsqu’ils existent, de tels projets d’installation, dans le respect des grands équilibres nationaux. ».

20 décembre 2007, palais de Saint-Jean de Latran, Vatican. Nicolas Sarkozy, président de la République française, est intronisé « chanoine honoraire ». Il s’en félicite, déclarant que « la laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû ». Défendant le concept de « laïcité positive », il enfonce le clou : « un homme qui croit est un homme qui espère. L’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent (…) ». Espérance que la République, sorte de monstre froid, aux valeurs morales déconnectées de toute transcendance, ne saurait nourrir ...

« Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté tant d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives (…) n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence(…) Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité."
Concernant l’éducation, Sarkozy se lance dans une vibrante homélie : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie ».

Tollé au sein du monde enseignant, qui dénonce, « une véritable provocation vis-à-vis de l’école publique ».
Nicolas Sarkozy s’était déjà illustré, en 2004 dans son livre « Les religions, la République, l’espérance »….Son coauteur : Thibaud Collin, membre de l’association de service politique, « laboratoire d’idées » intégristes, réputé proche de l’Opus dei, et financièrement soutenue par le Vatican. Thibaud Colin est, par ailleurs, l’auteur d’un pamphlet hostile à une quelconque reconnaissance de l’égalité entre homo et hétérosexuels … Thibaud Collin était de la visite au Vatican. Le discours lu par Nicolas Sarkozy, ressemble, par endroits, à un copier-coller de certains passages de leur œuvre commune. « Le besoin spirituel, l’espérance, ne sont pas satisfaits par l’idéal républicain. La République est une façon d’organiser l’univers temporel (…). Elle n’est pas la finalité de l’homme ». Une République qui « ignore le bien et le mal », pouvait-on déjà lire à l’époque, veille du centenaire de la loi de 1905.

Ce 20 décembre, Henri Guaino, plume officielle du Président de la République, n’était, de toute évidence, pas de la partie.
17 janvier 2008, Ryad. Nicolas Sarkozy, en visite en Arabie Saoudite, persiste et signe devant les 150 membres du Conseil consultatif du Royaume, fief du wahhabisme, peu réputé pour son esprit d’« ouverture ». Le président de la République exalte ce qu’il nomme « l’héritage civilisateur des religions » … L’islam, qu’il prend la précaution oratoire de distinguer de l’intégrisme, « négation de l’islam », est appelé à prendre toute sa place dans sa vaste « politique de civilisation » …
Pour paraphraser Thiers qui, lors du vote de la loi Falloux, justifiait : « un curé c’est 50 gendarmes », dans l’esprit de l’ancien Ministre de l’Intérieur, un imam c’est 50 keufs ?

La rupture est désormais consommée avec la pratique laïque des Présidents de la Vème République. Nicolas Sarkozy est le premier Président qui emploie le nom de Dieu, en visite officielle… Les religions, désormais intégrées au pacte républicain. Ou instrumentalisées ?

Élysée, Ministère de l’Éducation ... Qui est aux commandes ?

Flash-back : 1992. Nous sommes à la veille d‘un important scrutin, les élections législatives de mars 1993. 150 personnes d’horizons divers, dont une grande partie de hauts fonctionnaires du service public de l’Education nationale et de responsables d’établissements privés, fondent une éphémère association : « Créateurs d’écoles ».

Un organisme destiné à vendre de la formation ? Pas vraiment. Le bulletin n°1 de Créateurs met en exergue un objectif, qui en dit long : « l’identification des verrous et les moyens de les faire sauter » (…) « problèmes juridiques et financiers, rôle des collectivités locales », « gestion des personnels », « outils pédagogiques », « élèves, affectation, aide sociale », « programmes d’enseignement », « personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service ».

Afin de « faire sauter » ces verrous, l’association préconise, non pas une révolution, mais une réforme de velours. « Ce sera sans doute la partie la plus délicate de notre travail, car il ne nous faudra pas tomber dans le piège de la « réforme globale », mais identifier avec précision les actions nécessaires, tout en les rendant possibles. (….) La solution réside sans doute dans la mise en œuvre de dispositifs dérogatoires, qui n’obligent pas à la remise en cause systématique de tout l’existant, mais qui permettent d’importantes innovations au niveau des établissements d’enseignement. » Un lent travail de déconstruction, pièce après pièce, de la maison Education. Un véritable projet de gouvernement.

Parmi les membres fondateurs de cette ambitieuse confrérie : Maurice Quenet, Dominique Antoine et... Xavier Darcos !
_ Soit, dans l’ordre, l’actuel Recteur de Paris, le Conseiller Éducation du nouveau Président de la République, et l’actuel Ministre de l’Éducation nationale.

Carte scolaire, service minimum, modification du statut des personnels, soutien à l’essor de l’enseignement privé, diminution de la place de l’Etat dans les missions de l’Education … Connexions, actions, déclarations, projets et programmes communs attestent de ce complot ourdi, dans l’ombre, depuis un peu plus de quinze années, en toute discrétion, par ceux-là même qui, aujourd’hui, sont aux commandes de l’Education nationale.

C’est sur l’histoire de ce complot, et l’identité de ses protagonistes que nous nous proposons, dans ce présent ouvrage, de faire toute la lumière. Et donner ainsi à comprendre, sous un jour nouveau, la politique éducative de l’actuel gouvernement…

Les défenseurs des « racines chrétiennes » de la France réussiront-ils à déraciner l’héritage républicain d’une école laïque, gratuite et obligatoire ?

Commande en librairie ou à la FNAC : livre.fnac.com


Commentaires

"Main basse sur l’école publique"
samedi 8 novembre 2008 à 14h47

Le blog de Philippe MEIRIEU
« Voilà un livre à lire absolument pour comprendre la situation scolaire et les débats éducatifs d’aujourd’hui. L’ouvrage se présente comme un enquête - presque un "thriller" - centrée sur la dénonciation d’un projet qui, malgré les apparences, n’a rien d’improvisé ni d’incohérent. La libéralisation de l’école y apparaît comme une perspective mûrie de longue date, avec des objectifs précis et des étapes qui sont en train de se dérouler sous nos yeux : appuis au développement de l’enseignement privé, mise en place de la concurrence systématique avec l’enseignement public, mécanismes subtils de privatisation de ce dernier... »
Le blog de Philippe MEIRIEU


FRANCE 2
« Leur livre est, malheureusement, aussi étayé que convaincant. »

Anne BRIGAUDEAU - Le site de la chaine France2.fr


FRANCE 3
« Leur livre est, malheureusement, aussi étayé que convaincant. »

Anne BRIGAUDEAU - Le site de la chaine France3.fr


Le Blog des livres - Vincent DUCLERT
« L ?un des essais à thèse les plus dérangeants... La méthode est stimulante et l ?argumentation serrée. L ?ouvrage souligne également l ?impasse d ?une résistance fondée seulement sur la défense du statu-quo. »
Vincent DUCLERT - Le Blog des livres


Le Monde
« Jamais l’Etat n’avait autant organisé la concurrence de son propre service public », ...Livre « Fouillé et documenté, il retrace de façon parfois glaçante la montée en puissance du lobbying en faveur de l’école privée »
Caroline FOUREST « On achève bien l ?Ecole publique » 29 août 2008 - Lemonde.fr


Le Monde Diplomatique
Main basse sur l’école publique parmi « Cinq livres sur l ?école et l ?enseignement et un constat : au delà de la dénonciation, la situation impose une repolitisation des questions d ?éducation. » LE MONDE DIPOLMATIQUE Nicolas TRUONG Rentrée scolaire et nouveaux rapports de classes. »
Nicolas TRUONG Septembre 2008 - Lemondediplomatique.fr


Le Canard Enchainé
« Xavier Darcos ?en 1992, alors inspecteur général de l’Education nationale, ... fondait, avec quelques hauts fonctionnaires du ministère, la très droitière association Créateurs d’école »
Brigitte ROSSIGNEUX « La Voie aux Chapitres » mercredi 10 septembre 2008 - Article repris par Bellacio


Charlie Hebdo
Avec le plan » Espoir banlieue « dès septembre 2007, Nicolas Sarkozy rencontrait les responsables de l’enseignement catholique... En créant une niche budgétaire inédite en dehors du dispositif législatif ? l’État, pour la première fois, n’aide plus seulement au fonctionnement de l’enseignement privé, mais finance carrément son développement.
Agathe ANDRE - Charlie hebdo, 28 septembre 2008 - Articles de Charlie Hebdo repris par "Ecoles différentes"


RMC
Le carnet de note de Maître Grandserre : " Indispensable et dérangeante enquête sur l’origine du découpage des pièces du puzzle qui s’assemblent actuellement."
Sylvain GRANDSERRE - site RMC, 14 octobre 2008 - METEO ET NUAGES BAS !


Libération
La surprise vient ici du fait que ce livre coup-de-poing n’ait pas provoqué davantage de polémique. Il accuse entre autre le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, d’être sous l’influence des cercles les plus réactionnaires et de favoriser, en sous-main, l’enseignement catholique. Mais peut-être que face aux multiples réformes – les programmes du primaire, la suppression du samedi, le service minimum… -, l’opinion ne sait plus que penser. D’après les auteurs, on assiste à une sainte alliance entre les ultra-libéraux, qui veulent une école marchande, et les ultraconservateurs, qui rêvent de revenir au système d’antan. Tout était écrit d’avance, il suffit de relire les propositions de Créateurs d’écoles, une boîtes à idées créée en 1992 a laquelle participaient Xavier Darcos, le conseiller éducation du Président Dominique Antoine et le recteur de Paris Maurice Quénet – qui auraient en outre tous deux fréquenté le très à droite Club de l’Horloge.
Véronique SOULE - Libération, 18-19 octobre 2008 -

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"Main basse sur l’école publique"
mardi 2 septembre 2008 à 11h49 - par  CHALOT Jean-François

« Main basse sur l’école publique »
livre d’Eddy Khaldi et de Muriel Fitousi
Editions Demopolis
198 pages
août 2008
20 €

L’école publique menacée dans son existence même !

Les attaques contre l’école publique ont été nombreuses et depuis l’élection de Nicolas Sarkozy le rythme et le nombre des mesures destructrices ont augmenté... Tous ces coups, qu’il s’agisse de la suppression de la carte scolaire, de la fin du principe de mixité scolaire ou de la suppression de milliers de postes d’enseignants ne sont qu’un galop d’essai...C’est tout l’édifice que ce gouvernement veut détruire afin d’en arriver à un libéralisme tromphant avec des écoles concurrentes disposant de financements de plus en plus privés.
Les auteurs sont allés piocher dans les archives et ont mené une véritable enquête qui nous montre que toutes les réformes sont des éléments d’une stratégie élaborée par la droite avec le soutien d’associations catholiques ultra-réactionnaires comme SOS Education.... Les liens avec l’extrême droite via le club de l’horloge sont démontrés.
En 1992, des hauts fonctionnaires du service public fondent une association : Créateurs d’écoles...
Les membres fondateurs de cette association poursuivront leur réflexion et leur action au service de leur orientation.
15 ans plus tard : l’un, Maurice Quinet est recteur de Paris, un autre, Dominique Antoine, conseiller Education du président et un troisième ,Xavier Darcos, préside aux destinées de l’éducation encore nationale !
Comme le précise un article du Monde, cité par les auteurs : « Pour les enseignants, les créateurs d’écoles plébiscitent le recrutement sur profil, les rémunérations différenciées, le recrutement sur contrat à durée déterminée et la pratique du tutorat. »
Voici là tout un programme qui se met en place...quant au chèque Education dont disposerait chaque famille pour financer l’école de son choix, ce n’est plus seulement un rêve dans la tête d’horlogers ou de « créateurs d’école » mais une menance qui pèse sur l’avenir de l’école publique laïque !
Les auteurs, en nous invitant à revisiter quarante ans de guerre scolaire reviennent sur les différents reculs de la gauche et l’offensive de la droite...
Ils lèvent aussi le voile contre certaines idées fausses véhiculées par la droite cléricale comme celle qui consiste à affirmer que de nombreuses demandes d’inscriptions d’élèves ne sont pas satisfaites... Ce serait à la fois le signe irréfutable de la réussite de l’enseignement privé et la conséquence d’un cadre législatif bloquant le développement du privé !?
C’est une imposture ! "Plus de 15% des classes de lycées privés comportent moins de 15 élèves. Quant aux collèges, plus de 11% de classes accueillent moins de 18 élèves."
Aujourd’hui l’école privée continue à travailler dans de meilleures conditions matérielles que l’école publique en disposant de crédits toujours en hausse, quant à la réussite : les élèves sont trIés à l’entrée et très peu d’évaluation sont publiées !
Si des divergences s’expriment entre les tenants de la stratégie catholique voulant faire de l’école privée un lieu d’évangélisation et ceux qui adoptent une logique libérale, les deux "courants" sont d’accord pour valoriser les performances affichées de l’école privée et pour que le plus vite possible toutes les écoles publiques ou privées fonctionnent sur le modèle des établissements privés !
La stratégie de la droite est claire, il s’agit, avec l’aide des ses alliés de remettre en question le service public d’éducation, de détricoter l’édifice afin de préparer une privatisation qui ne soit plus rampante mais galopante...
Ce livre nous invite au débat sur les enjeux du combat à mener.
Il faut aujourd’hui que les laïques se rassemblent et défendent cette école publique menacée dans son existence même.

Jean-François CHALOT

"Main basse sur l’école publique"
lundi 1er septembre 2008 à 12h17

Pourquoi malgré le titre explicite de l’image, il semblerait que le livre soit connu (FNAC, ALAPAGE) sous le titre
OPA SUR L’EDUCATION NATIONALE
 ?

Ca séme la confusion.

lundi 1er septembre 2008 à 15h00 - par  Michel Berthelot

Nous sommes désolés, mais nous ne pouvons que vous renvoyer à la une de couverture de l’Éditeur d’origine : demopolis.fr qui nous a été communiquée ainsi !

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