Les "machines à perdre".

dimanche 8 octobre 2006
par  Patrick Mignard
popularité : 2%

L’attitude des petites organisations politiques de gauche et d’extrême gauche est parfaitement affligeante. Emberlificotées dans des considérations qui échappent largement au citoyen moyen, elles vont tout droit à un échec politique sans se rendre compte du ridicule de leur situation.

Mues par une sorte de frénésie dérisoire, mais habilement parées de tous les atouts du sérieux et de la réflexion politique la plus profonde, elles offrent à la société des citoyens la caricature de ce qu’elles dénoncent, la décadence.

UN JEU COMPLETEMENT TRUQUE

Les partis politiques ont atteint le degrés zéro de l’intelligence politique.

Le système marchand, et ce qui le représente dans la sphère politique, la démocratie marchande, a réussi à vider le politique de sa substance vive et de le transformer en sa propre négation, la politique. (voir l’article « VICTOIRE DE « LA » POLITIQUE... MORT « DU » POLITIQUE »).

La politique a ainsi créé un champ stérile dans lequel s’ébattent des acteurs aux statuts très différents, une sorte de mat de Cocagne ou certains ont une échelle et d’autres, rien du tout, pour grimper et décrocher le lot, le Pouvoir.

L’échelle c’est l’argent, les hommes de pailles bien placés, les médias contrôlés politiquement et/ou financièrement, la médiocrité ambiante « qui croit que... » et surtout le fait d’être les « garants d’un système dont ne voit pas trop par qui et par quoi on pourrait le remplacer ».

Ces grands partis, qui se partagent le pouvoir, donnent l’illusion du combat politique alors qu’ils assurent la pérennité du système en place en faisant jouer l’alternance présentée comme la quintessence du fonctionnement démocratique ( ?) alors qu’elle en est le plus sûr verrou pour bloquer toute possibilité de changement.

Ces grands partis pratiquent ouvertement la corruption, la création et l’utilisation d’emplois fictifs, le détournement de fonds, le charcutage électoral, le népotisme, le favoritisme, la manipulation électorale, le mensonge, allant même jusqu’à créer de faux électeurs... sans oublier le chantage et la pression sur les institutions de la République pour s’assurer l’impunité (Faut-il donner des exemples ?).

Ceci constitue le modèle standard de ce que l’on appelle la « démocratie moderne ».

LES « GAGNE PETITS » DE LA POLITIQUE

Autour de ces « grands fauves », s’agite toute une piétaille - une poussière de petites organisations dont certaines se nourrissent directement des miettes laissées par les « maîtres du jeu ». Elles sont parfois, à l’occasion d’alliances opportunistes, conviées au banquet. Elles en retirent quelques avantages immédiats et, quand ayant goûté aux délices du pouvoir, ne songent qu’à une chose, y retourner.

Mis à part l’extrême droite, qui garde en réserve quelques organisations et solutions dans le cas où le système marchand serait en péril - le programme de l’extrême droite respecte parfaitement les principes du système marchand - l’essentiel des « gagne petits » se situe à la gauche de la gauche.

Nourris par une pensée politique qui a bouleversé le 20e siècle - sans jamais véritablement changer le cours de l’Histoire (voir l’URSS, la Chine, Cuba, la Corée du Nord, le Cambodge,...) - Pensée fondée sur des idéaux parfaitement honorables (libération de l’Homme et suppression de l’exploitation,...) et largement trahis par ceux qui s’en sont réclamés (voir liste précédente) - ils se réfèrent plus ou moins approximativement à de vieux grimoires dont la différence et les divergences dans l’interprétation des textes fondent la spécificité de chacun.

Si certains d’entre eux refusent d’entrer dans le jeu électoral qu’ils jugent, à juste titre, trompeur et manipulé, sans pour cela savoir « quoi faire ... pour changer la société » - d’autres, les plus bruyants, ont fait de ce jeu électoral l’essentiel de leur activité politique. C’est eux que l’on voit se réunir, s’associer, se dissocier, négocier, discuter, débattre, rédiger des plate formes, des programmes, des... , appeler à l’Union tout en dénonçant l’autre d’être un diviseur, essayer de trouver une solution pour..., un candidat unitaire,....etc... bref, toute une « cuisine » plus ou moins ragoûtante, dans laquelle le citoyen ne comprend plus rien, n’arrivant pas à discerner ce qui est du superflu et de l’essentiel, du bureaucratique et du stratégique.

PLUS SECTAIRE QUE MOI, TU MEURS ...

Ils utilisent à fond, dans les limites de leurs moyens financiers limités et quasi exclusivement utilisés à cela, toutes les ficelles du marketing politique... Ils ne sont pas les seuls, mais venant d’eux, ça laisse songeur !

A défaut d’une influence politique quelconque, ils ont un ego démesuré qui tient lieu de repère existentiel pour leurs militants.

Ayant coupé tous liens avec une quelconque pratique politique (mis à part le soutien à des luttes qu’ils essayent de contrôler et au sujet desquelles ils s’affrontent entre eux) pouvant être une alternative au système marchand, ils sont quasi exclusivement centrés sur eux mêmes - transmettant à leurs militants cette culture d’un narcissisme exacerbé qui a, à leurs yeux, toutes les apparences de la grandeur.

On comprendra que, dans ces conditions, l’image de leur leader est primordiale. Certains font le choix de la militante pure et dure, arc-boutée sur des principes intangibles et une phraséologie directement puisée dans les textes sacrés, d’autres ont fait le choix du jeune premier, sentant bon la santé et la jeunesse, susceptible de séduire les couches de jeunes et pourquoi pas des moins jeunes... D’autres enfin pratiquent, avec un art consommé de l’opportunisme, un jeu de bascule entre collaboration et contestation, et ce au nom d’une soit disante dialectique qu’ils ont mal digérée, pour tout dire qu’ils n’ont jamais compris et qui, en tout cas, ne leur a jamais réussi.

Tous ces petits groupes, qui même tous réunis arrivent difficilement à faire 15% des votants se chamaillent avec assiduité et constance au nom d’une unité introuvable et parfaitement contradictoire avec leur désir de paraître et d’exister au détriment des autres. Le spectacle qu’ils donnent de leurs déchirements, de leurs hésitations, de leurs tentatives avortées d’unité, de leur sectarisme honteux,... complaisamment étalés par les médias, les décrédibilisent aux yeux du plus grand nombre.

Leur orgueil mal placé et leur myopie politique en fait de véritables « machines à perdre » entraînant une extraordinaire dépense en vain d’énergie militante et un trop plein d’espoirs déçus pour celles et ceux qui croient encore en leurs discours.

Ils sont peut-être les seuls aujourd’hui à mettre en pratique le principe olympique : « L’important n’est pas de gagner mais de participer ».

Si ce sont les seules forces du changement, le système marchand n’a pas de soucis à se faire et peut dormir sur ses deux oreilles.

Patrick MIGNARD


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