31/01/2009
Selon Le Figaro,
50 % des Français croient que le mouvement actuel peut se transformer en mouvement “de grande ampleur, analogue à celui de 1995. Pour obtenir le retrait du plan Juppé, la grève avait alors duré un mois, avec une paralysie totale des transports publics.”
Plus intéressant : “46 % la souhaitent (cette transformation) et 42 % se disent prêts à « participer » à un tel mouvement.” (Soit des dizaines de millions de salariés, de plus en plus en colère et sans perspective politique, ce que confirme également ce sondage).
Encore une mauvaise nouvelle pour le capitalisme, un sondage qu’il va falloir cacher aux lecteurs de la presse de gauche…
L’animateur, producteur et comédien Arthur (Jacques Assabag) a été contraint d’annuler un spectacle vendredi après que des manifestants réclamant l’arrêt des bombardements à Gaza ont empêché les spectateurs de rentrer dans la salle où il devait jouer "I-Show" à Vals-les-Bains (Ardèche), a-t-on appris auprès de la préfecture.
A l’issue d’une manifestation hebdomadaire pro-Palestinienne à Aubenas, plusieurs dizaines de manifestants se sont rendus dans le hall desservant le casino et le théâtre. Ils y ont déployé une banderole réclamant l’arrêt des bombardements à Gaza, et empêché les spectateurs de rentrer dans la salle pendant plus d’une heure, avant de quitter les lieux dans le calme, selon la même source.
Les manifestants auraient accusé Arthur de financer l’État israélien, selon des témoins de la scène.
A l’issue de la manifestation, l’humoriste a déclaré aux spectateurs qu’il n’avait "plus le coeur à rire" (*) après ce qu’il avait entendu, et il a annulé son spectacle, un one-man show consacré aux nouvelles technologies.
(*) Ndlr : Les palestiniens non plus ! Étonnant, non ?!
Un bateau part le 6 décembre pour forcer à nouveau le blocus de Gaza.
Le Free Gaza Movement annonce une mission commune samedi 6 décembre avec l’association Qatar Charity, basée au Qatar, pour aller par mer à Gaza avec 2 millions $ d’équipements médicaux et de médicaments destinés au traitement du cancer.
Par ce voyage qui est un précédent, Qatar Charity deviendra la première organisation arabe à forcer le blocus israélien de Gaza.
vendredi 14 mars 2008
Plus d’une centaine d’exilés tibétains qui manifestaient dans le nord de l’Inde en direction du Tibet pour protester contre les Jeux Olympiques organisés en Chine au mois d’août, ont été arrêtés jeudi par la police, selon les organisateurs et des témoins.
Craignant que la manifestation ne déplaise à Pékin, les autorités indiennes avaient confié à la police le soin d’interdire aux exilés tibétains de quitter le quartier de Kangra, à Dharmsala. Cette ville abrite le gouvernement tibétain en exil.
La police a interrompu à Dehra la marche des exilés tibétains prévue pour durer six mois, jusqu’à rallier le Tibet. Les policiers ont forcé quelque 130 manifestants à entrer dans des bus.
Parmi eux se trouvaient plusieurs étrangers, selon un responsable de la police locale. Les personnes arrêtées ont été conduites à un commissariat de police voisin.
Les organisateurs ont promis de poursuivre leur marche. AP
Montpellier :
Un faucheur volontaire de plants OGM a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Montpellier à une amende d’un euro pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN. Une amende ou une suspension de permis de conduire de quatre mois avait été requise à l’audience du 12 février contre M. Libouban, qui encourait une peine d’un mois d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.
"Je n’ai rien à faire sur une liste de criminels de mon pays", avait justifié à l’audience l’initiateur du mouvement des faucheurs volontaires, Jean-Baptiste Libouban, 73 ans, condamné à deux reprises, en 2005, pour des actes de fauchage de plants OGM. Convoqué par la gendarmerie, il avait refusé de se soumettre à un prélèvement destiné à établir son empreinte génétique. A l’audience, il s’était élevé contre le fichage systématique de la population.
"On a été entendu sur les enjeux", a analysé à l’issue du délibéré Régine Barthélémy, l’avocate du faucheur. Elle a déclaré avoir "plusieurs échos de gens et de jeunes en particulier qui, arrêtés après des manifestations et poursuivis, et à qui on propose après une peine le prélèvement ADN, disent "je n’ai pas les moyens de refuser". Eh bien un euro, oui. "Vous avez les moyens de refuser", a déclaré Me Barthélémy.
Lors de l’audience, José Bové, présent en qualité de témoin, avait affirmé qu’il aurait lui aussi refusé un tel prélèvement si la justice le lui avait imposé, "car on est dans une logique de fichage liberticide". Un membre du bureau national du Syndicat de la magistrature (SM), David Le Bas, avait réclamé "une application modérée de la loi du fichier des empreintes génétiques", qui à l’origine était exclusivement destiné à ficher les personnes concernées par les crimes les plus graves, spécialement en matière sexuelle.

Par Nicolas Faucon
Ce 28 octobre, pour la troisième fois, Bernard Coquelle, agriculteur militant du Douaisis, comparaîtra devant un tribunal pour avoir refusé de donner son ADN. Cinq autres procès sont programmés d’ici à la fin de l’année.
À force, il le dit lui-même, « ça devient banal ». Dans une semaine, Bernard Coquelle, 56 ans, comparaîtra pour la troisième fois devant un juge. refusant inlassablement de donner son ADN à la police. Aux magistrats, le paysan maraîcher répétera certainement que son « passé de militant syndical et associatif ne mérite pas qu’il fasse partie de ce fichier ».
Il avait déjà dit cela il y a deux ans, en première instance puis en appel, jugé pour avoir refusé d’élargir le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Il écopa au final de deux mois de prison avec sursis.
Créé en 1998, le FNAEG devait à l’origine servir à ficher les auteurs d’atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans. Mais depuis dix ans, quelles que soient les tendances politiques, des lois sont venues allonger la liste des possibilités de prélèvement d’ADN. Aujourd’hui, hormis les délinquants financiers, tout le monde ou presque peut être fiché. Policiers et gendarmes peuvent, dès la garde à vue, prélever le profil ADN de tout individu, dès lors qu’il existe des « indices graves ou concordants rendant vraisemblable sa participation comme auteur ou complice de l’infraction ».
Les policiers d’Aniche ne s’en privent pas. Trois fois qu’ils veulent prélever l’ADN du militant anti-OGM d’Auberchicourt. Autant de refus essuyés. Le dernier en date ? Septembre. « C’était suite à ma condamnation dans l’affaire des "sept de Douai"(il avait écopé avec cinq autres militants de la Confédération paysanne d’une amende pour avoir dérobé, dans l’usine Nestlé de Cuincy, des pots de yaourt et les avoir redistribués dans les quartiers populaires de Lille). » Le chantre de la désobéissance civile motive : « Je ne représente pas un danger pour la société. Stop aux dérives liberticides ! En plus, ces fichiers sont conservés pendant quarante ans. Avec ce type de fichiers, les pourchassés futurs n’auront aucune chance de s’en sortir. » Il ne sera pas le seul de la Confédération paysanne jugé cet automne. Trois autres membres des « sept de Douai » sont convoqués. Dont Gabriel Dewalle.
Il passe devant les juges le 9 décembre. Lui avait accepté de donner son ADN à la suite de sa condamnation dans l’affaire des « onze d’Avelin ». « J’ai eu le temps de le regretter et je ne le donnerai pas une deuxième fois. Je me suis rendu compte que je m’étais trompé. »
Convoqué ce mois-ci à la gendarmerie d’Arleux, l’agriculteur fut surpris lorsque les militaires lui redemandèrent son ADN. « Ils m’ont fait signer une déposition indiquant que mon ADN n’était pas au fichier... » Il ironise : « L’ont-ils perdu ? L’ont-ils vendu pour chercher le gène de la révolte ? On ne voit pas en quoi notre ADN serait nécessaire car on ne se cache pas pour réaliser ces actions, au contraire. »
Installé également dans le Douaisis, Antoine Jean ne connaît pas encore la date de son audience mais se souvient très bien de la visite dominicale des gendarmes. « J’étais un peu surpris lorsque je les ai vus à la porte. Ils m’ont dit : "Vous avez été jugé pour vol en réunion, il y a donc un prélèvement d’ADN." J’ai refusé. Ils ont été surpris et m’ont dit : "Mais on en est à notre centième prélèvement depuis le début de l’année, c’est la première fois qu’on a un refus." » Élisabeth Darras, agricultrice à Ficheux (Arrageois), sera jugée à Arras le 25 novembre ; Guy Wanderpepen à Avesnes-sur- Helpe le 26 novembre, et Annette Rimbert à Lille le 17 décembre.
Un rassemblement de soutien à Bernard Coquelle sera organisé place Suzanne-Lannoy à Douai le 28 octobre à partir de 12 heures, avec restauration et vente de pommes sur place. Les bénéfices serviront à couvrir les frais de justice. Parallèlement, les militants sensibiliseront au droit des paysans et jardiniers d’utiliser et d’échanger leurs semences et au refus de la « privatisation du vivant ».
Présidente du collectif anti-OGM 59/62, Patricia Kokoszynski soutient les frondeurs et voit dans cette judiciarisation croissante « le dessein de criminaliser l’action syndicale ». La rébellion grandit.
Arracheurs d’OGM, manifestants anti-CPE, « déboulonneurs » de publicité ou nationalistes corses... le nombre de refus de prélèvements a explosé. Selon la Confédération paysanne, plus de 400 personnes auraient refusé en France de donner leur ADN entre 2003 et 2005. En théorie, les quatre Nordistes risquent un an de prison et 15 000 ? d’amende.