Descente de gendarmes à l’école

vendredi 28 novembre 2008
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Nous avons reçu d’un plumonaute le témoignage suivant, que nous vous livrons in extenso.
"Lundi 17 novembre 2008,
10h 30, Ecole des Métiers du Gers.
Descente musclée de la gendarmerie dans les classes

Par Olivier Bonnet


Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail quatre gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! » Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun événement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent.

Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable. Je me dis qu’en cinquante ans (dont vingt comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure. Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes.

Un professeur qui ne manque jamais de faire contre la drogue une prévention qu’il juge intelligente.

Après vérification, cette descente s’est bel et bien produite, comme le confirme La dépêche du Midi. L’enseignant qui témoigne ci-dessus juge-t-il la direction "très complaisante" ? Et pour cause : "Bernard Vilotte, le directeur du CFA, avoue sans détour être à l’origine de cette initiative à portée pédagogique", précise l’article. La pédagogie est la science de l’éducation... Est-ce ainsi que l’on éduque, avec une telle brutalité ? On retrouve bien là les conceptions rétrogrades des adeptes du tout-répressif, qui ne règle rien mais fait de la mousse, dont se régalent les populistes au front bas. Les seize gendarmes ayant participé à l’opération ont trouvé ce qu’ils venaient chercher : de la drogue. 39 grammes de haschich, dont 32 sur un seul élève, les 7 autres grammes se répartissant entre trois autres. Pour résumer, outre trois petits consommateurs, les autorités ont réussi à pincer un dealer de haschich. Au prix du contrôle traumatisant de 274 élèves, perpétré en plein coeur de leur établissement scolaire.

Nous avons retrouvé une partie du témoignage publié ci-dessus dans un article de L’Expresso, désormais dissimulé dans le cache de Google. Il nous enseigne la position sur cette affaire du syndicat d’enseignant FSU, dénonçant "la volonté d’humilier de jeunes gens", "le manque de professionnalisme" des gendarmes et interrogeant : "Où est la vertu d’une telle intervention ?" Nous ne pouvons que nous associer à leur préoccupation. D’autant que ce type d’opération se déroule également dans les collèges - établissements scolaires fréquentés par des élèves plus jeunes encore. Nous en trouvons la trace par exemple à Limoux en mars 2006, où "aucune saisie d’un quelconque produit stupéfiant n’a été réalisée", ou encore le 7 octobre dernier, toujours à Limoux. Bilan de cette dernière intervention : "Une très faible quantité de cannabis sera saisie". Ter repetita au collège de Marciac (dans le département du Gers, comme pour Auch) la semaine dernière : "Ma fille (13 ans) inscrite en quatrième m’a dit que des gendarmes avaient fait irruption dans leur cours demandant aux élèves de mettre leurs sacs bien en vue dans la rangée sans toucher à quoi que ce soit dedans. Ils ont ensuite demandé à chacun de poser leurs mains bien en vue sur les tables et de ne surtout pas bouger à cause du chien qui pouvait être dangereux. Le chien est ensuite passé dans les rangées pour renifler les sacs. Seule chose amusante, c’est qu’il s’est excité sur le sac d’une petite fille qui contenait des gâteaux et des bonbons. Mais chose tracassante, la petite fille a été obligée de vider tout son cartable devant la classe et s’est sentie fort humiliée, car la démarche même de ses gendarmes l’ont faite se sentir coupable de quelque chose. C’est minable et déplorable. Et ce qui l’est le plus c’est que je pense que l’on va de plus en plus assister à ce genre de pratiques dictatoriales", nous écrit une enseignante qui signe Nanette. Nous avons alors joint le principal du collège de Marciac, qui a voulu minorer l’affaire : "Nous menons des actions de prévention avec différents partenaires et la gendarmerie est l’un d’entre eux", nous a-t-il expliqué. Voilà qui sonne comme une interprétation toute sarkoziste du mot "prévention", alors qu’il s’agit en réalité de répression. "Ce n’était pas une descente, le terme est impropre", a-t-il poursuivi. Foin de ces pudeurs de vocabulaire, nous maintenons le mot. "Certes, c’est quelque chose d’assez impressionnant, je le reconnais, a-t-il admis. S’il y a des dérapages, ils doivent être signalés. Mais il s’agit d’une procédure normale qui existe dans les établissements scolaires. Je suis surpris par les proportions que ça prend. Je ne vois pas pourquoi on monterait en épingle ce qui n’a pas lieu de l’être".

En raccrochant, un brin nauséeux, nous songions que le pire était peut-être justement que ce principal ne voyait pas en quoi il faudrait s’insurger face à ce genre de procédés. Dans les écoles de France aujourd’hui, quand la police ne vient pas arrêter des enfants ou des parents sans-papiers, ce sont les gendarmes qui se livrent à des opérations coups de poing pour traquer les jeunes consommateurs de drogues douces. Ne voit-on pas cette tendance de flicage généralisé à outrance qu’impose à notre société les néo-conservateurs de l’UMP ? Jusque dans les établissements scolaires, qui devraient rester des sanctuaires, nous semble-t-il en conscience. Mais cette conscience, que nous invoquions à l’instant, paraît dépassée au regard des pratiques en vogue en Sarkozie. Et il semble bien que la répression ne connaisse aujourd’hui plus aucune limite.

plumedepresse.com


Commentaires

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Descente de gendarmes à l’école
mardi 2 décembre 2008 à 19h09 - par  Patrick MIGNARD

Qui a dit ?

"Les élèves ont peur de ces contrôles, ça crée de la bonne insécurité »

réponse :

Chantal Firmigier-Michel, procureure de la République, dans un entretien au journal La Dépêche du Midi, à propos de l’opération de prévention antidrogue des gendarmes dans un collège de Marciac, dans le Gers.

Sans commentaire

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jeudi 11 décembre 2008 à 11h23 - par  BTS lycée Charles de Gaulles à Poissy 78300

Firmigier-Michel,

Et les descentes nazie créaient elles aussi une bonne insécurité ??

Je n’aurait pas aimé être votre voisin pendant l’occupation...

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mercredi 3 décembre 2008 à 14h34 - par  André974

Le problème avec Ashoka c’est la mise en scène qui même si elle ne travestit pas la réalité, rend la scène outrancière et mélodramatique, certes les flics n’ont pas à être dans une école, mais s’il y a là un trafic, que faut- il faire, rien ?
Je reprochais récemment à un adjudant de sombrer dans le pathos et d’exploiter le malheur d’autrui ce n’est pas pour l’admettre ici. Si les enseignants prenaient leur responsabilité en empêchant la présence de la drogue dans les écoles de la République les flics n’auraient aucun prétexte légale pour y pénétrer, j’entends déjà la réponse toute faite « vous ne savez pas faire la différence entre un flic et un enseignant »

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mercredi 3 décembre 2008 à 11h24 - par  Myriam KOSTIC

Voilà André un article de plus que j’ai apprécié, d’Ashoka.

oulala

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mercredi 3 décembre 2008 à 03h31 - par  André974

vous avez raison et mon opinion sur cette femme rejoint la votre, mais là il est question de prévention de consommation de « substances non autorisées » pas de de recherche d’enfants étrangers,nos gendarmes agissant sur réquisition du parquet passeraient alors devant eux sans intervenir.
Certes la police intervient dans un établissement scolaire mais la Loi le prévoit depuis fort longtemps dans le cadre des stupéfiants .

Votre allergie à la police ,compréhensible et partagée, doit elle être mise à toute les sauces ?J’ai des petits enfants à l’école dans votre région et je préfère dans certains cas bien précis la présence à l’école d’un flic à celle d’un dealer car le flic restera à l’école ,le poison du dealer rentrera à la maison

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Descente de gendarmes à l’école
mardi 2 décembre 2008 à 16h43 - par  Patrick MIGNARD
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mercredi 10 décembre 2008 à 03h33 - par  André974
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mardi 2 décembre 2008 à 19h16 - par  Myriam KOSTIC

Commentaire de RESF Lyon sur l’intervention arrivée Grenoble et qui circule ici ou là :

suite à plusieurs mèls reçus concernant l’arrestation d’une famille à grenoble, petites précisions !

A grenoble, des parents se sont fait arrêter ; les flics leur ont expliqué que s’ils n’allaient pas chercher leurs enfants à l’école, ils seraient expulsés sans ! ... les parents ont donc acceptés d’aller à l’école, bien encadrés ..., pour récupérer leurs mômes. (à priori les flics sont restés dans la cour de l’école)
bien sur ça a choqué les enseignants, les enfants ...c’est normal

Il faut dire et redire aux familles que en cas d’arrestation, même sous pression, on leur conseille fortement de refuser d’aller à l’école prendre leurs enfants ! c’est la seule chance de faire sortir les parents (quand les deux sont arrêtés ou qu’ il s’agit d’un parent seul) si les mômes ne sont pas là. On l’a vérifié plusieurs fois à Lyon ou ailleurs.

Mais qu’on se le dise... jusque là, il n’y a pas d’arrestation DANS l’école ; les situations sont suffisamment tragiques, horribles (mettez le mot que vous voulez) sans qu’on en rajoute et sans qu’on fasse paniquer les familles ; l’école est encore le lieu où les gamins sont tranquilles. ... mais il faut donner les consignes de sécurité.

Ca n’empeche pas d’anticiper ... de réfléchir à ce qu’on fait histoire de ne pas être démuni au cas où ... en tant que citoyen, en tant qu’enseignant ...
C’est une question qui nous est régulièrement posée " Est-ce qu’on a le droit de s’opposer ? qu’est-ce qu’on doit faire ? ..." Perso, si les flics viennent chercher un gamin de parents sans papiers dans ma classe, je me poserai pas la question du droit .. il faudra qu’ils m’embarquent avec !!!... Mais on peut aussi ne pas savoir où est l’enfant, "Il n’est pas venu ce matin", "il est malade..."

Mais sauf décision du juge pour enfant, mandat, flagrant délit ou présence des parents, les flics n’ont pas le droit de venir chercher un mineur dans une école. Là aussi qu’on se le dise ...

Dans le cas de Grenoble, il s’agissait d’une famille en procédure "dublin II" (donc passée par un autre pays d’Europe) et en général les arrestations sont bien organisées et l’expulsion prévue d’avance ...arrestation, nuit au CRA, expulsion dès le lendemain matin... le tout sans pratiquement aucune possiblité de recours juridique...

Si les mômes sont seuls dans la nature, ça rend l’expulsion difficile, ça la ralentit ... et on peut mobiliser, faire savoir ...

Et encore une fois, la meilleure des protections, c’est que les familles soient soutenues avant ... et que la préfecture sache qu’il y a du monde autour !

Mireille

Descente de gendarmes à l’école
mardi 2 décembre 2008 à 10h45

Nos enfants de 10-14 ans traités comme de dangereux trafiquants et criminels.
On a bien compris que le fin mot de l’opération de terreur est d’inciter la désertification de l’école publique
pour mettre fin au concept de << une École ’gratuite’ pour tous >>.

dans les commentaires ci-dessus, j’ai retenu un livre à lire :
« AUSCHWITZ OBLIGE ENCORE. Tentative pour penser le mal absolu à partir du bien toujours relatif » d’Hélène Van Camp

Attention : Pour le cas où les chiens soient affamés dans le but d’aiguiser leur agressivité. Il vaut mieux perdre un goûter qu’un gamin... !!
(on se rassure comme on peut ...)

:o(

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Descente de gendarmes à l’école
lundi 1er décembre 2008 à 06h12 - par  Catherine Declis

Objet : Un papa un peu bouleversé et très en colère au collège de Marciac !!!

J’ai eu cette semaine un mail concernant un descente de police
dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage
sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes
utilisées….Mais vous savez parfois on se dit que les gens
exagèrent dans leur témoignage…. Bref je reste interrogateur !

Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé –elle a 13 ans-
de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi
au collège....colère à l’intérieur de moi.... révolte...... que
faire ???/*

J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a
accepté.*

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient
venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.

Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en
cours comme à leur habitude, en suivant les profs.

A peine 10 minutes plus tard – nous étions assis-, deux
gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La
prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils
font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien
bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux
gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur
chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et
un gendarme très gros.

Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien !
Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez
pas ! Quand il mord, ça pique ! »

Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du
« Quand il mord, ça pique ! »

Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres
gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux
extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son
chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est
acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui
dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau
bouche bée.

Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le
dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle,
avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et
s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et
ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.

Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien
vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait
pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir
mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors
m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas
dehors : nous étions entre deux salles de classe.

Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une
autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand
ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur
le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon
sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec
moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les
poches par *une* gendarme.

Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le
Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes
stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.

La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur
les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que
personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en
classe.

C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous
le regards des deux autres gendarmes.....

Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre
le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me
fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans
ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes
ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes
chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de
l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec
sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... »
Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle
cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de
mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors
dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte !
Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais
ce ne fut pas mon cas !!!!!!

Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »

La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon
fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».

J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis
repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.

De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je
lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et
j’ai eu du mal à me consacrer au math !

Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à
coté m’a aussi raconté.

Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit
au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont
carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est
acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui
a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne
trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE
dernier elle a assisté à un concert !

Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.

Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et
nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour
tout le monde.

Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?

Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac
car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.

Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi
surpris que nous !

Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question :
Que se passe t il ?

Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été
directement concernés ! »

Zoé.D.R

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de
violence ?

Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège
a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous
sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait
pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au
courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont
en 4ème et 3ème .

Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas….

Frédéric

Bonne journée pour tous,

Catherine.

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Descente de gendarmes à l’école
dimanche 30 novembre 2008 à 20h59 - par  Lubin

On ne sait ce qu’il faut répondre tellement l’écoeurement est grand : devant l’attitude des gendarmes ou devant la complaisance des profs. Il y a aujourd’hui en France un réel problème avec les forces de l’ordre avec cette tendance lourde de considérer les jeunes comme un ennemi. Manifestement, ils prennent plaisir à terroriser et à humilier des gamins. Quant aux profs qui acceptent cela sans sourciller, ils donnent d’eux-mêmes et de leur fonction une piètre image.

Lubin http://journaldecole.canalblog.com

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mardi 2 décembre 2008 à 12h01 - par  Myriam KOSTIC

Mais qu’est-ce qu’il a bien fait de craquer Patrick.
Ca m’évitera de le faire à mon tour, étant à cent pour cent sur sa ligne.
Belle journée Patrick...et une bonne respiration...c’est dit et c’est fini.

Logo de Patrick MIGNARD
lundi 1er décembre 2008 à 21h37 - par  Patrick MIGNARD

J’ai en horreur cette phase : « « Ils font leur métier ». Avec une telle phrase on peut tout justifier… des militaires qui massacrent et torturent, aux SS qui exterminaient les Juifs, des gendarmes bien français qui raflaient les juifs en 1942 à Paris… C’était aussi leur métier !

Maintenant sur leur attitude : « Terroriser des mineurs et les humilier ne fait pas, pour moi, parti du métier de policiers ou de gendarmes. »

Mais c’est quoi le métier de policier et de gendarme ? Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas maintenir l’ordre ! Mais quel ordre ? Celui de notre société fondée sur l’exploitation, l’exclusion, l’individualisme, le chacun pour soi, le mépris de l’étranger,… Et vous voulez que les individus qui acceptent de défendre cet ordre soient « corrects », humains, prévenants,… Mais vous rêvez complètement.

Ce à quoi nous assistons ce ne sont pas des bavures, des cas isolés,… C’est par centaines, tous les jours, partout que l’on a écho de ces « incidents ».

Police et gendarmerie sont devenues un véritable danger public qu’il vaut mieux éviter.

Comment croire aux balivernes politiciennes du policier et gendarme « protecteur de la population » sous prétexte que certains font la surveillance des plages,… ce sont pourtant les mêmes qui vous casseront la gueule dans une manifestation, agresseront des grévistes, rafleront des femmes et des enfants sans papiers.

Il y en a assez de ce discours lénifiants qui absout systématiquement policiers et gendarmes sous prétexte qu’ils font leur métier.

A mes yeux, policiers et gendarmes ne seront respectables que lorsqu’ils sauront refuser des ordre abjects, même s’ils sont donnés par un gouvernement qui a une légitimité démocratique… On risque d’attendre longtemps.

Ca y est j’ai craqué… je ne voulais pas mais ce commentaire de nathP m’a fait sortir de mes gonds

Logo de Patrick MIGNARD
lundi 1er décembre 2008 à 19h13 - par  nathP

Ce qui me choque n’est pas le fait que des policiers rentrent dans un établissement scolaire.
Ils font leur métier, OK.

Ce qui me choque vraiment, c’est leurs comportements tels qu’ils sont décrits et d’autant plus qu’ils sont dans une institution scolaire : un établissement dans lequel on est sensé former des citoyens !

Terroriser des mineurs et les humilier ne fait pas, pour moi, parti du métier de policiers ou de gendarmes. Il s’agit de comportements que l’on se doit de dénoncer.

Les policiers auraient du expliquer aux élèves pourquoi ils intervenaient, que leurs chiens ne sont pas là pour les mordre mais pour détecter d’éventuelle trace de drogue.

Un professeur qui témoigne explique : « Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes. »
On peut entendre ce témoignage ici (à 1:50 environ)
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1545

Quelle image du rôle de la police un gamin peut-il avoir après avoir vécu cela ?
Quelle image du civisme leur ont-ils apporté à travers leurs attitudes méprisantes et agressives ?

Cette répression, qui est de plus en plus présente et qui témoigne tellement de l’état d’esprit de notre gouvernement, me fait peur.

On ne peut pas laisser passer ces dérives !

Un livre à lire : « AUSCHWITZ OBLIGE ENCORE. Tentative pour penser le mal absolu à partir du bien toujours relatif » d’Hélène Van Camp

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lundi 1er décembre 2008 à 08h53 - par  Patrick MIGNARD

Vous avez tout à fait raison.

Je ne dirai rien sur ce que je pense de la police et gendarmerie pour éviter toute poursuite en diffamation.

Pour ce qui est des enseignants, je peux dire, en tant qu’enseignant en fin de carrière, que la plupart sont soumis et lâches... ils sont le produit de ce que la société veut en faire : des "formateurs" des jeunes esprits. Il suffit de voir le dynamisme (?) et la vivacité d’esprit (?) des "syndicats enseignants"

Face aux forces de répression ils hésitent entre la désapprobation gentille, le respect de la violence qu’ils croient, ou feignent de croire "républicaine" et la peur.

Rares sont ceux qui se révoltent ou transgressent les règles qui leurs sont imposées... ils passent pour des originaux qui à la fois font un peu peur et amusent... je sais de quoi je parle.

La brutalité, la stupidité du pouvoir actuel, le démantèlement de l’Ecole publique font cependant se déplacer - bien lentement - le centre de gravité de l’inertie enseignante...

On va voir dans les mois et années à venir, mis il ne faut pas attendre trop de ce corps de métier.

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Brèves

Appel de la Fédération des Maladies Orphelines

dimanche 5 octobre 2008

Nous avons reçu un mot de la FMO (fédération des maladies orphelines).

Roselyne Bachelot veut mettre un terme au Plan "Maladies Rares", et le
seul moyen de faire changer les choses c’est d’obtenir au mois 100 000
signatures.

Cela ne marche que par internet. Il faut aller sur le site, et signer,
c’est gratuit et ça prend une minute seulement.

Il reste peu de temps et on a que 30 000 signatures pour le moment.

Un grand Merci de bien vouloir nous aider, et faire circuler ce mail à un
maximum de personnes.

La pétition est ici : fmo-pétition

L’argent des chômeurs...

samedi 4 octobre 2008

Heureusement que le chômage est là pour fournir du travail aux bureaux d’études.

France-Emploi devrait naître, en janvier prochain, de la fusion de l’A.N.P.E. et de l’Unedic. Mais, sans attendre cette échéance, son futur président vient de confier des missions à trois cabinets de conseils pour un montant total compris entre 15 et 25 millions d’euros. L’un de ces cabinets, BPI Group, s’est spécialisé dans "l’out-placement", c’est-à-dire les plans sociaux de grande ampleur. Il lui reste à faire ses preuves dans le reclassement, mais, grâce à la générosité du service public de l’emploi, cette tâche ne devrait pas se révéler insurmontable.

Le deuxième heureux élu a pour patron le président de la commission économique du Medef. Quant au troisième, il été dirigé, jusqu’à l’an dernier, par un ancien conseiller d’Eric Woerth. Les chômeurs peuvent être rassurés : leur argent sera bien utilisé.

Le Canard Enchaîné

Christine Boutin encourage les maires délinquants

jeudi 31 juillet 2008

L’avant-projet de loi sur le logement présenté aujourd’hui au Conseil des Ministres par Christine Boutin va contribuer à vider de sa substance le « droit opposable au logement » qui avait été imposé aux pouvoirs publics par les mobilisations. Non seulement les engagements financiers de l’État tels qu’ils sont annoncés ne permettront pas la construction du nombre de logements sociaux nécessaires, mais encore certaines mesures visent explicitement à accélérer les expulsions ! Enfin, cerise sur le gâteau, le projet modifie la loi SRU en permettant aux maires d’inclure les logements d’accession «  sociale » à la propriété dans le quota de 20% de logements sociaux obligatoires. Alors que, pour les ménages les plus modestes, principales victimes de la crise du logement, l’accession à la propriété – même « sociale » - est, bien évidemment , une solution hors de portée. Cette mesure est, en réalité, un encouragement aux maires qui, malgré la loi SRU, refusaient la construction de logements sociaux locatifs dans leurs communes.

La LCR rappelle que de véritables solutions à la crise du logement passent par un effort financier public sans précédent, la réquisition des logements vides et l’inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi.

lcr-rouge

Grévistes de la faim en rétention à Vincennes

jeudi 21 février 2008

Communiqué des grévistes de la faim
du centre de rétention de Vincennes,
le mercredi 20 février 2007

Nous avons l’honneur de vous informer que l’on vit une situation très
difficile et catastrophique. Le manque de la moindre des choses, la
nourriture, les chambres sans chauffage, pas d’eau chaude, l’hygiène,
les provocations des services de l’ordre et la chose la plus
importante : la privation de notre liberté. Dans le centre de rétention
des chambres ont été incendiées. Un coran a été déchiré par les CRS. On
a pas eu de réponse satisfaisante à notre égard de monsieur le procureur
de la république. Après notre témoignage, c’est comme si rien ne s’était
passé. Quand nous sommes malades, les médecins ne nous donnent que du
doliprane et des cachets pour dormir. On a 90% des détenus qui sont
musulmans, ils nous servent de la viande pas hallal. Après trop de
demande et des grèves, personne ne nous a écouté. Le manque de
courtoisie bien que nous sommes dans un centre de rétention et pas
pénitentiaire, mais c’est le contraire qu’on subit et de cela on garde
un sentiment de mépris.

Pour toutes ces raisons nous demandons à tous les medias qu’ils soient
au courant et qu’ils écoutent les témoignages des retenus. Nous exigeons
notre libération et nous commençons une grève de la faim qui durera un
délai de 4 jours. Notre place n’est pas ici mais dehors.

Les grévistes de la faim du centre de rétention de Vincennes

(texte dicté au téléphone depuis le centre de rétention de Vincennes)

fermeturetention

Sarko pour le fun...

mercredi 23 janvier 2008

Faites-vous le délicat plaisir d’entendre Nicolas Sarkozy plaider avec grande conviction en faveur d’un référendum pour l’Europe. C’est irrésistible et ça donne envie de se la passer en boucle :

video.google.fr

Interventions !!

vendredi 7 septembre 2007

Bonjour,

Hier soir, au journal TV du soir, on a pu assiter à l’intervention courroucée de Mme la Ministre des Droits de l’Homme, suite à l’expulsion manu-militari de sans-papiers à Aubervilliers.

Cette commune, comme se l’est empressée de le citer Mme la Ministre, est dirigée par un "Maire Communiste", si ! si ! je vous assure, communiste, comme si cela avait valeur de "gros mot" dans sa bouche UMPiste.

Elle a donc trouvé cela indigne, certainement de notre République, de devoir expulser ces hommes et ces femmes déjà au bord du gouffre de la misère.

Je ne sais toujours pas si elle a fait aussi un rapport à son Président sur la brutalité policière à laquelle ces gens ont été soumis ou si son indignation portait uniquement sur la Mairie Communiste !!

De qui se fout-on, on a pourtant jamais aperçu cette dame dans un avion d’Air-France, lors de ces expulsions, ou certains passagers sont intervenus, scandalisés qu’ils ont été là aussi par les brutalités des sbires de ce même Président, aux bourrelets disgracieux gommés par les photographes serviles de cette presse à ses bottes.

A qui donne-t-elle des leçons, cette dame, car comme sa collègue de la Justice, son appartenance à une catégorie jusqu’ici ignorée des politiques, je veux parler des gens de couleur, n’empêche pas la bêtise, l’arrivisme à tout prix, la soif de ce pouvoir qui caractérise son Petit Chefaillon, et au risque de passer pour un "raciste" que je ne suis pas, la race ne protège aucunement de la Connerie.

Ce matin l’autre "boutefeux" Hortefeux, de sinistre passé d’extrême-droite, est parti en Guyane régler le problème de l’immigration. Peut-être envisage-t-il la réouverture de Cayenne, genre Guantanamo à la mode frenchie, pour tous ces pauvres hères à qui on fait encore miroiter le mirage de l’Europe Humaniste et Accueillante !!

Alors quand ces "personnages" arrêteront de jouer aux pompiers de service comme le fait une fois encore leur Nain de Jardin Elyséen, peut-être commencerons-nous à nous occuper sérieusement de cette immigration qui ne déplait pas à tout le monde et qui en enrichit quelques uns.

Bonne journée à toutes et à tous.
G.Lecoq .