Hommage aux parents de Diango...

...le bébé enlevé à la maternité d’Orthez, qui ont provoqué un big bug médiatique.
jeudi 18 décembre 2008
par  Luc Douillard
popularité : 3%

Il s’est passé un big bug médiatique la semaine dernière dans la France de Sarkozy. En effet, exceptionnellement, une sombre affaire de faits divers ne s’est pas conclue par le sempiternel appel à plus de sécurité, plus de surveillance, plus de répression, c’est-à-dire d’abord et surtout plus de peur obligatoire pour tous.

Alexandra et Sébastien ont retrouvé sain et sauf leur bébé Diango, qui avait été volé par une femme déséquilibrée à la maternité d’Orthez, en Pyrénées-Atlantique.
Au lieu d’abonder dans le « storytelling » sécuritaire habituel, Alexandra et Sébastien ont demandé à rencontrer la ravisseuse, comprenant qu’il s’agit de sa part « d’un acte de folie, de détresse » et ne pensant pas « que le fait de l’enfermer trente ans en prison améliorera les choses ».

Ils ont déclaré aux médias accourus, alléchés par une morale trop facile et préfabriquée d’avance par les experts de TF1 et des trusts de gardiennage, qu’il ne fallait pas que cette histoire « incite à une surveillance à outrance », « qu’on mette des puces électroniques à nos enfants ou que l’on pose des caméras de surveillance partout ».
Le père de Diango a précisé : « J’espère que la société ne prendra pas ce chemin là.  »

Maintenant, comprenez l’embarras pour les radios et télés, bien obligés, après avoir lancé le plan Alerte Enlèvement, de rapporter ces propos pleins de sagesse, de dignité, d’humanité, de générosité et de clairvoyance politique. Rien que des gros mots bannis depuis longtemps du lexique officiel et officieux.

Et mille bravos à Alexandra, Sébastien, qui avec le petit Diango et sa grande soeur Amaïa, ne font pas partie des hautes notabilités oligarchiques habituées à donner leur avis dans les médias parisiens. Quel souffle d’air frais venu de chez les Béarnais et les Gascons !

Du côté de la presse écrite parisienne, le traitement de cette affaire a parfois été très insidieux.

Après avoir bien cherché, je me suis rendu compte que la presse quotidienne « de qualité », celle qui est lue par les gens instruits et de gauche, comme « Le Monde » et « Libération » avait eu plus que de la répugnance à rapporter ces propos humanistes, et même la plus mauvaise volonté. (Je viens de vérifier sur leurs archives en ligne). Mauvais perdants ! On ne peut pas gagner à tous les coups à la loterie sécuritaire !
Pourtant « Le Monde » et surtout « Libé » n’hésitent jamais quand il faut nous infliger une information bien « gore » et désespérante. Des paroles d’apaisement ? Un refus de la peur liberticide qui proviendrait de la France d’en bas ? Non mais, vous n’y pensez pas !
(Si bien que c’est dans un journal « populaire » que j’ai dû aller chercher le détail des déclarations d’Alexandra et Sébastien, honnêtement recueillies par Anne-Cécile Juillet, pour le « Parisien libéré / Aujourd’hui en France », qui n’a pas hésité à leur consacrer une tête de page le 12 décembre, avec un titre explicite.)
Cet acte manqué de « Libération » et du « Monde » est vertigineux : Comme si leurs lecteurs, les bobos et les cadres de gauche, mille fois abusés, mille fois trompés, avec leur préjugés politiquement corrects et leurs complexes de supériorité, leur peur panique du peuple, n’avaient jamais le droit de déstresser ni même d’espérer, pas même pour une brève embellie.

Comme s’il fallait toujours qu’on leur resserve jour après jour la sempiternelle escroquerie médiatique parisienne, commune au mitterrandisme comme au sarkozysme (et partagée par trop de de syndicalistes paternalistes et de militants d’extrême-gauche) : la prétendue arriération conservatrice et grossièrement inculte de la société civile française, le dénigrement permanent des fameuses pulsions malsaines des gens de peu, si égoïstes, si étriqués et tellement mal comprenants, capables de voter mal, de consommer mal, d’apprécier mal, de vivre mal, et toujours tentés par les pires pratiques dès qu’il s’agit de faire croire à l’omniprésence de l’horreur pédophilique et de l’antisémitisme, quand ce n’est pas du danger terroriste anarchiste, bref : l’absence proverbiale de hauteur de vue chez les gens d’en bas.

C’est la raison pour laquelle Sébastien et Alexandra (heureux parents soulagés, nous vous aimons) n’ont pas été jugés dignes des honneurs de « Libération » et du « Monde », dès lors qu’ils sont sortis du double rôle, du double piège mortifère contemporain qu’avait dénoncé Albert Camus en son temps : Ni victimes, ni bourreaux !

lucky.blog


Commentaires

Agenda

<<

2019

 

<<

Décembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois