Il est temps de créer un véritable parti des travailleurs

lundi 5 janvier 2009
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"Si tu me dupes, honte à toi
Dupe-moi et tu n’auras plus jamais l’occasion de le faire
"
GWB
Tels sont les propos d’un authentique crétin [1].
Et nous attendons beaucoup mieux du gouvernement Obama.

Par Myles Hoenig

Sur un des autocollants de la campagne, le slogan était : "Elect intellect" ("élisez l’intelligence"). Ce qui, en quelque sorte, contredit le trait d’esprit d’Adlai Stevenson, qui, à un de ses partisans qui lui avait dit : "Tous ceux qui pensent sont avec vous", avait répondu : "Ca ne va pas suffire. Il me faut une majorité d’électeurs pour gagner".

La question qui se pose, c’est comment le fait d’avoir quelqu’un de nouveau qui ait dépassé le niveau intellectuel d’un élève de CM2 permettra-t-il de résoudre les difficultés que nous rencontrons ? Huit ans, cela a suffi pour atrophier notre cerveau collectif. Obama peut-il remettre les choses en place ? Y aura-t-il du changement ? Quand la population des Etats-Unis s’est-elle réellement attelée à trouver de vraies solutions ?

Nous nous plaignons constamment des problèmes. Nous avons toujours attendu de nos élus qu’ils s’entourent des "meilleurs et des plus brillants". Ce qui fournit souvent à la population l’excuse d’être les moutons dociles qu’on veut qu’ils soient.

Nous constatons que l’équipe de conseillers économiques d’Obama est composée de ceux-là mêmes qui nous ont amenés au bord du gouffre financier. Etre intelligent ne suffit pas. Ce qui manque dans l’équipe, et même dans son cabinet, ce sont les porte-parole de ceux qui sont le plus touchés par la crise : les dirigeants syndicaux et les représentants d’associations de consommateurs. Notoirement absents ? Personne n’en parle. Même pas les syndicats eux-mêmes. Mais cela ne devrait étonner personne.

Les dirigeants du CIO [2] ont trahi en 1936 l’UAW et le mouvement ouvrier à l’époque où l’UAW [3]
avait voulu créer son propre parti politique pour les ouvriers et les agriculteurs. C’était soit soutenir Roosevelt et son New Deal [4], soit faire son deuil des crédits servant à financer les syndicats des travailleurs de l’industrie automobile.

Actuellement, le mouvement syndical est sous la coupe du parti démocrate depuis tellement longtemps que ce dernier s’imagine qu’il fait partie de lui-même. Pas étonnant qu’il n’y ait pas eu l’ombre d’une réaction du côté des syndicats pour protester contre l’éviction des militants syndicaux de l’équipe économique de choc d’Obama.

L’exclusion des syndicats de l’administration d’Obama montre clairement que les Démocrates partent du principe que les dirigeants syndicaux sont leurs loyaux lieutenants. Ils considèrent que les syndicats ne servent pas à grand-chose, si ce n’est à mobiliser leurs troupes au moment des élections. Ils savent également que s’ils devaient intégrer dans leur équipe une voix réellement indépendante, il leur faudrait peut-être faire une croix sur tout le programme économique qu’ils ont élaboré pour remettre sur pied Wall Street et les banques.

Les militants syndicaux de base prendront-ils enfin conscience de l’emprise qu’ont sur eux les démocrates ?

Ce qu’il nous faut véritablement aujourd’hui, ce sont des partis politiques alternatifs. Les Verts sont dans les choux. Dans des états comme le Maryland, ils sont incapables d’organiser ne serait-ce qu’un tiroir à chaussettes, a fortiori un parti politique. Les Partis des Verts des autres états se portent un peu mieux, mais dans l’ensemble, ils sont soit fragiles soit en train de perdre du terrain. Si on ne regarde que les chiffres bruts, leur performance récente en Louisiane a permis de faire tomber Jefferson, l’élu de la chambre des Représentants accusé de corruption. Trop souvent, cependant, le "Green Party" répugne à pavoiser sur le fait qu’il peut faire changer la donne aux élections ou tenter de le faire. Si seulement, le parti avait fait un peu de triomphalisme en 2000, alors le bilan de 2004 n’aurait pas été si catastrophique pour eux !

Les libertariens [5] ont un message précis, mais avec peu de moyens et de piètres organisateurs, autant, pour eux, se mettre au coude à coude avec des électeurs privés de droit de vote qui parleraient de ne pas se déplacer pour voter, en laissant quand même le champ libre aux deux principaux adversaires.

Ne serait-il pas temps que les syndicats se libèrent du joug des démocrates, qui n’ont en tête essentiellement que de servir de force électorale à Wall Street ?

On se demande pourquoi les militants syndicaux de base ne se décident toujours pas à faire à leurs dirigeants syndicaux ce qu’a fait Terry Malloy [6] à Johnny Friendly, les jeter tous à l’eau.

Le soutien qu’apportent les organisations syndicales au Parti démocrate va à l’encontre des intérêts des travailleurs. A quel moment, depuis 1947, un candidat important du parti démocrate, a fortiori le programme du parti lui-même, a-t-il évoqué l’abrogation de la loi "Taft-Hartley Act", une des législations les plus défavorables aux travailleurs ?

C’est Ross Perot, le Ferengi [7] texan, candidat du parti réformateur, qui, en 1992, s’était insurgé contre l’ALENA [8], le traité qui constitue l’attaque la plus grave qui ait été menée contre les travailleurs ces trente dernières années. C’est Bill Clinton et son parti Démocrate qui, sitôt élus, l’ont imposé avec le soutien indéfectible à la fois des démocrates et des républicains.

Et ce qui revient constamment sur le tapis dans les négociations syndicales, ce ne sont ni les délocalisations, ni les mauvaises conditions de travail ni les mauvais patrons, ni même les salaires. C’est l’assurance maladie et la nécessité de préserver tant bien que mal le peu qu’on veut bien nous accorder. Si l’assurance maladie ne faisait plus partie des négociations, s’il existait un régime général d’assurance maladie avec un seul cotisant, alors, les syndicats pourraient concentrer leur énergie sur les véritables problèmes liés au travail.

Mais il faut un temps infini aux élus démocrates du Congrès pour qu’ils se décident enfin à signer un quelconque accord pour la mise en place d’un régime d’assurance maladie indépendant du secteur privé.

Un parti des travailleurs recueillerait une très large adhésion. Ce serait un parti qui s’adresserait aux travailleurs, quels que soient leurs choix politiques antérieurs. Et qu’est-ce que ça change que cela touche l’un ou l’autre des grands partis ? S’il parle simplement au nom de ses adhérents, pourquoi s’inquiéter de savoir si son influence va ou non léser un autre parti dont les intérêts ne sont de toute évidence pas les mêmes que les leurs dès le départ ?

Un parti des travailleurs qui s’opposerait aux partis républicain et démocrate rendrait hommage aux héros des luttes ouvrières qui se sont battus ou sont morts pour défendre les droits fondamentaux des travailleurs aux États-Unis.

Myles Hoenig est un membre désabusé du PGCEA, syndicat enseignant dans le Maryland. Il a également fait campagne pour être gouverneur du Maryland en 2006 pour le Green Party

Source : Dissident Voice.org
Traduction des Bassines et du Zèle
legrandsoir.info


[1authentique crétin : Ce terme est contesté par un lecteur de Dissident Voice qui pense, lui, que Bush s’était composé un personnage d’abruti pour flatter son électorat (ou qqch comme ça). Va savoir. Se non è vero è ben trovato

[2Congress of Industrial Organizations : les syndicats de la "Federation of North American industrial" qui ont fusionné avec l’American Federation of Labor in 1955

[3L’UAW : wikipedia

[4Who made the New Deal ? Lance Selfa, 11/20/08, dissidentvoice

[5Libertariens wikipedia

[6Le mouvement ouvrier : wikipedia

[7Ferengi : wikipedia

[8ALENA : Accord de libre-échange nord-américain - en anglais, "North American Free Trade Agreement" NAFTA


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Brèves

Israël refoule un navire d’aide faisant route vers Gaza

jeudi 15 janvier 2009

La marine israélienne a refoulé un navire battant pavillon grec et transportant de l’aide destinée aux Palestiniens de la bande de Gaza, rapportent des militants.
Le navire, à bord duquel se trouvaient 21 personnes, a été intercepté à une centaine de milles nautiques au nord-est de Gaza, a déclaré Houwaida Arraf, l’une des organisatrices de la mission du Mouvement Gaza libre, basé aux États-Unis.
"Ils (les navires israéliens) sont venus tout près et ont menacé d’ouvrir le feu sur nous si nous poursuivions notre route", a dit Arraf à Reuters à bord du bateau d’aide, qui retourne actuellement à Chypre.
"Ils nous ont cernés avec leurs quatre navires de guerre, et il était très difficile de naviguer. Ils ont dit qu’ils auraient recours à tous les moyens pour nous tenir à l’écart de Gaza", a dit la militante.
Mercredi, Israël avait déjà ordonné à un navire iranien transportant une aide humanitaire aux Palestiniens de faire demi-tour.

Le président de l’Assemblée générale de l’Onu menacé de mort

mardi 16 décembre 2008

( Mardi, 16 décembre 2008 )

Le président de l’Assemblée générale des Nations unies, le Nicaraguayen Miguel D’Escoto, volontiers critique envers Israël et les Etats-Unis, a fait l’objet de menaces de mort sur internet, a déclaré lundi 15 décembre son porte-parole.

"Il y a des menaces très graves contre sa vie et il les prend au sérieux", a dit à la presse Enrique Yeves. "L’équipe de sécurité de l’Onu les prend également au sérieux."
D’Escoto, prêtre catholique et ancien ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, a émis de nombreuses critiques envers Israël et les Etats-Unis depuis qu’il a pris la tête de l’Assemblée générale de l’Onu, en septembre.

Il a récemment comparé l’attitude d’Israël envers les Palestiniens à la politique de ségrégation en Afrique du Sud du temps de l’apartheid.
Selon Yeves, les services de D’Escoto ont repéré les menaces sur internet il y a quelques jours et en ont informé la sécurité de l’Onu ainsi que les autorités américaines.
D’Escoto a pris des "mesures de sécurité extraordinaires", a expliqué son porte-parole, sans plus de précisions.
D’Escoto était le chef de la diplomatie nicaraguayenne dans les années 1980, lorsque le gouvernement sandiniste combattait l’insurrection des "Contras" soutenue par Washington.
En 2004, il avait qualifié dans une interview l’ex-président américain Ronald Reagan de "boucher de (son) peuple" et avait estimé que George Bush était son héritier spirituel.

aloufok.net

relations UE/Israël

mercredi 3 décembre 2008

la demande de report du vote sur le "rehaussement" des relations UE/Israël , sur lequel vous m’avez, à juste titre, interpellée, vient d’être adoptée.

Cette demande avait été déposée par le groupe des Verts et celui de la GUE, arguant que l’absence totale de progrès sur le plan du processus de paix devait amener le Parlement européen à refuser de se prononcer en l’état afin d’exercer une pression sur Israël. Cette position a été soutenue par une majorité de parlementaires européens et il n’y aura donc pas de vote demain.

Je ne manquerai pas de vous tenir informés des prochains développements de ce dossier et vous remercie encore de votre mobilisation.

Bien cordialement,
Hélène Flautre Eurodéputée

Nouveau report de la présidentielle au Liban

mardi 11 mars 2008

Et de seize...


( Lundi, 10 mars 2008 )

Pour la 16e fois depuis le mois de septembre, la séance du Parlement libanais destinée à élire le président, qui était prévue mardi 11 mars, a été reportée jusqu’au 25 mars, alors que les factions rivales campent sur leurs positions quant au partage du pouvoir dans le prochain gouvernement.

Le Parlement se réunissait pour l’élection comme président le chef de l’armée Michel Sleimane. Sa désignation est la seule chose sur laquelle s’entendent la majorité parlementaire et l’opposition.

Toutefois, le partage du pouvoir ainsi que la composition du futur gouvernement constituent les deux pierres d’achoppement dans les tractations, l’opposition réclamant un droit de veto sur les décisions du prochain cabinet.

Le 23 février dernier, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, avait quitté Beyrouth après avoir prolongé son séjour pour continuer sa médiation en assurant avant son départ qu’il restait encore "de l’espoir" qu’une initiative arabe puisse aider à résoudre la crise politique libanaise. Deux jours plus tard, Amr Moussa était de retour dans la capitale libanaise pour une deuxième rencontre tout aussi infructueuse.

Faute d’un accord entre les partis libanais, le Liban est sans président depuis l’expiration du mandat du président Emile Lahoud le 23 novembre 2007 à minuit.

aloufok.net

Communiqué de l’Afps

vendredi 30 novembre 2007

L’AFPS condamne la répression policière en Cisjordanie contre les milliers de Palestiniens qui manifestaient pacifiquement leur hostilité au sommet d’Annapolis le 27 novembre 2007

répression qui a fait un mort à Hébron en plus de dizaines de blessés dans plusieurs villes de Cisjordanie, et qui s’est traduite par de nombreuses arrestations.

L’Afps s’inquiète aussi de la restriction préoccupante de la liberté d’expression de la société civile qui s’exprimait dans le calme mais dont des membres connus ont pourtant été arrêtés et de la répression des médias palestiniens dont certains acteurs ont été violement battus et emprisonnés par la police palestinienne .

Venant après la répression de la manifestation de l’OLP à Gaza à l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, cette répression ne peut que creuser la brèche entre le Hamas et le Fatah et risque aussi de créer une rupture entre l’Autorité palestinienne et la société civile palestinienne, rendant impossible tout retour à l’union nationale indispensable pour affronter ensemble les enjeux posés par l’après sommet d’Annapolis.

L’Afps réaffirme que cette confrontation inter-palestinienne, qui ne fait que favoriser les projets de la politique d’occupation israélienne, tire son origine de la situation dramatique imposée à la société palestinienne par le blocus exercé par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, en particulier sur la bande de Gaza. Elle s’alimente de l’absence de perspectives politiques créée par le refus des mêmes puissances d’imposer à Israël la solution répondant aux principes du droit international pour aboutir enfin à l’Etat palestinien indépendant viable et souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale ainsi qu’à une solution fondée sur les résolutions des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

Paris, 29 novembre 2007


Refroidissement vénézuelo-colombien

dimanche 25 novembre 2007

Altermonde 25/11/07 - 23 heures

Le président Hugo Chavez annonce le gel des relations entre le Vénézuela et la Colombie suite au comportement inadmissible du président colombien Uribe concernant les procédures de négociations avec les FARC en vue de la libération d’otages... Ceci sachant que Uribe est coutumier de ces revirements et changements au gré de ses humeurs du moment... M.B.