Quand le Pr. Christophe Oberlin estime être dans son droit, difficile, même pour les Israéliens, de se mettre en travers de sa route. Après 4 jours de refus consécutifs de la part du gouvernement israélien, le chirurgien de renommée internationale est entré ce matin dans la bande de Gaza et s’est aussitôt mis au travail à l’hôpital Khan Younès avec 3 autres médecins de son équipe.
Il a fini par rentrer jeudi à 11 H 30 dans la Bande de gaza, après avoir squatté pendant 4 jours devant le poste frontière d’Erez et avoir appelé la terre entière pour réussir à tenir ses engagements.
Dès cet après-midi, il était au travail, aux côtés du Dr. Mohamed Rantissi, pour une longue série de consultations, qui ont pris du retard, et qui seront suivies d’interventions chirurgicales liées à des blessures infligées par l’armée israélienne à la population palestinienne pendant l’opération élégamment nommée "plomb durci".
Il dispensera ensuite aux médecins palestiniens un enseignement dans sa spécialité, comme il le fait à chacune de ses missions.
Il a fallu notamment l’intervention de Me Gilles Devers, qui a engagé des procédures, déposant plainte auprès du ministre français des affaires étrangères, pour que le gouvernement israélien soit obligé de céder. Tandis que le journal La Croix et la radio France Info faisaient état de la situation de cette équipe chirurgico-médicale bloquée par l’armée israélienne au poste frontière d’Erez, l’ambasseur d’Israël appelait Frédéric Barrère à France Inter, pour demander qu’il renonce à traiter cette information !
D’après le Washington Post, le recours à des entreprises privées de gardiennage pour maintenir l’ordre est en pleine recrudescence aux États-Unis.
Les flics privés de la société Blackwater et consorts, dont la réputation n’est plus à faire, notamment en Irak, sont désormais deux fois plus nombreux que les policiers assermentés dans les villes américaines.
Le Congrès des syndicats écossais, actuellement réunis à Perth, vient d’adopter la motion concernant le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) à l’encontre d’Israël.
C’est à une écrasante majorité de votes à mains levées que le Congrès des Syndicats Ecossais (Scottish Trade Union Congress STUC), vient de voter ce mercredi cette motion BDS.
Elle a été proposée aux votes par une délégation du syndicat qui s’était rendue en Palestine récemment.
Une décision importante, qui suit celle du congrès des syndicats irlandais qui avaient adopté cette motion dès 2007, et qui devance, espère-t-on, celle du Congrès des Syndicats Britanniques (TUC) qui doit se réunir prochainement.
Une progression inexorable de la prise de conscience de la société civile sur la menace que fait peser Israël sur le peuple palestinien et sur le droit en général.
CAPJPO-EuroPalestine

Par Myles Hoenig
Sur un des autocollants de la campagne, le slogan était : "Elect intellect" ("élisez l’intelligence"). Ce qui, en quelque sorte, contredit le trait d’esprit d’Adlai Stevenson, qui, à un de ses partisans qui lui avait dit : "Tous ceux qui pensent sont avec vous", avait répondu : "Ca ne va pas suffire. Il me faut une majorité d’électeurs pour gagner".
La question qui se pose, c’est comment le fait d’avoir quelqu’un de nouveau qui ait dépassé le niveau intellectuel d’un élève de CM2 permettra-t-il de résoudre les difficultés que nous rencontrons ? Huit ans, cela a suffi pour atrophier notre cerveau collectif. Obama peut-il remettre les choses en place ? Y aura-t-il du changement ? Quand la population des Etats-Unis s’est-elle réellement attelée à trouver de vraies solutions ?
Nous nous plaignons constamment des problèmes. Nous avons toujours attendu de nos élus qu’ils s’entourent des "meilleurs et des plus brillants". Ce qui fournit souvent à la population l’excuse d’être les moutons dociles qu’on veut qu’ils soient.
Nous constatons que l’équipe de conseillers économiques d’Obama est composée de ceux-là mêmes qui nous ont amenés au bord du gouffre financier. Etre intelligent ne suffit pas. Ce qui manque dans l’équipe, et même dans son cabinet, ce sont les porte-parole de ceux qui sont le plus touchés par la crise : les dirigeants syndicaux et les représentants d’associations de consommateurs. Notoirement absents ? Personne n’en parle. Même pas les syndicats eux-mêmes. Mais cela ne devrait étonner personne.
Les dirigeants du CIO [2] ont trahi en 1936 l’UAW et le mouvement ouvrier à l’époque où l’UAW [3] avait voulu créer son propre parti politique pour les ouvriers et les agriculteurs. C’était soit soutenir Roosevelt et son New Deal [4], soit faire son deuil des crédits servant à financer les syndicats des travailleurs de l’industrie automobile.
Actuellement, le mouvement syndical est sous la coupe du parti démocrate depuis tellement longtemps que ce dernier s’imagine qu’il fait partie de lui-même. Pas étonnant qu’il n’y ait pas eu l’ombre d’une réaction du côté des syndicats pour protester contre l’éviction des militants syndicaux de l’équipe économique de choc d’Obama.
L’exclusion des syndicats de l’administration d’Obama montre clairement que les Démocrates partent du principe que les dirigeants syndicaux sont leurs loyaux lieutenants. Ils considèrent que les syndicats ne servent pas à grand-chose, si ce n’est à mobiliser leurs troupes au moment des élections. Ils savent également que s’ils devaient intégrer dans leur équipe une voix réellement indépendante, il leur faudrait peut-être faire une croix sur tout le programme économique qu’ils ont élaboré pour remettre sur pied Wall Street et les banques.
Les militants syndicaux de base prendront-ils enfin conscience de l’emprise qu’ont sur eux les démocrates ?
Ce qu’il nous faut véritablement aujourd’hui, ce sont des partis politiques alternatifs. Les Verts sont dans les choux. Dans des états comme le Maryland, ils sont incapables d’organiser ne serait-ce qu’un tiroir à chaussettes, a fortiori un parti politique. Les Partis des Verts des autres états se portent un peu mieux, mais dans l’ensemble, ils sont soit fragiles soit en train de perdre du terrain. Si on ne regarde que les chiffres bruts, leur performance récente en Louisiane a permis de faire tomber Jefferson, l’élu de la chambre des Représentants accusé de corruption. Trop souvent, cependant, le "Green Party" répugne à pavoiser sur le fait qu’il peut faire changer la donne aux élections ou tenter de le faire. Si seulement, le parti avait fait un peu de triomphalisme en 2000, alors le bilan de 2004 n’aurait pas été si catastrophique pour eux !
Les libertariens [5] ont un message précis, mais avec peu de moyens et de piètres organisateurs, autant, pour eux, se mettre au coude à coude avec des électeurs privés de droit de vote qui parleraient de ne pas se déplacer pour voter, en laissant quand même le champ libre aux deux principaux adversaires.
Ne serait-il pas temps que les syndicats se libèrent du joug des démocrates, qui n’ont en tête essentiellement que de servir de force électorale à Wall Street ?
On se demande pourquoi les militants syndicaux de base ne se décident toujours pas à faire à leurs dirigeants syndicaux ce qu’a fait Terry Malloy [6] à Johnny Friendly, les jeter tous à l’eau.
Le soutien qu’apportent les organisations syndicales au Parti démocrate va à l’encontre des intérêts des travailleurs. A quel moment, depuis 1947, un candidat important du parti démocrate, a fortiori le programme du parti lui-même, a-t-il évoqué l’abrogation de la loi "Taft-Hartley Act", une des législations les plus défavorables aux travailleurs ?
C’est Ross Perot, le Ferengi [7] texan, candidat du parti réformateur, qui, en 1992, s’était insurgé contre l’ALENA [8], le traité qui constitue l’attaque la plus grave qui ait été menée contre les travailleurs ces trente dernières années. C’est Bill Clinton et son parti Démocrate qui, sitôt élus, l’ont imposé avec le soutien indéfectible à la fois des démocrates et des républicains.
Et ce qui revient constamment sur le tapis dans les négociations syndicales, ce ne sont ni les délocalisations, ni les mauvaises conditions de travail ni les mauvais patrons, ni même les salaires. C’est l’assurance maladie et la nécessité de préserver tant bien que mal le peu qu’on veut bien nous accorder. Si l’assurance maladie ne faisait plus partie des négociations, s’il existait un régime général d’assurance maladie avec un seul cotisant, alors, les syndicats pourraient concentrer leur énergie sur les véritables problèmes liés au travail.
Mais il faut un temps infini aux élus démocrates du Congrès pour qu’ils se décident enfin à signer un quelconque accord pour la mise en place d’un régime d’assurance maladie indépendant du secteur privé.
Un parti des travailleurs recueillerait une très large adhésion. Ce serait un parti qui s’adresserait aux travailleurs, quels que soient leurs choix politiques antérieurs. Et qu’est-ce que ça change que cela touche l’un ou l’autre des grands partis ? S’il parle simplement au nom de ses adhérents, pourquoi s’inquiéter de savoir si son influence va ou non léser un autre parti dont les intérêts ne sont de toute évidence pas les mêmes que les leurs dès le départ ?
Un parti des travailleurs qui s’opposerait aux partis républicain et démocrate rendrait hommage aux héros des luttes ouvrières qui se sont battus ou sont morts pour défendre les droits fondamentaux des travailleurs aux États-Unis.
Myles Hoenig est un membre désabusé du PGCEA, syndicat enseignant dans le Maryland. Il a également fait campagne pour être gouverneur du Maryland en 2006 pour le Green Party
Source : Dissident Voice.org
Traduction des Bassines et du Zèle
legrandsoir.info
[1] authentique crétin : Ce terme est contesté par un lecteur de Dissident Voice qui pense, lui, que Bush s’était composé un personnage d’abruti pour flatter son électorat (ou qqch comme ça). Va savoir. Se non è vero è ben trovato
[2] Congress of Industrial Organizations : les syndicats de la "Federation of North American industrial" qui ont fusionné avec l’American Federation of Labor in 1955
[4] Who made the New Deal ? Lance Selfa, 11/20/08, dissidentvoice
[6] Le mouvement ouvrier : wikipedia
[8] ALENA : Accord de libre-échange nord-américain - en anglais, "North American Free Trade Agreement" NAFTA