Pour l’abolition de la peine capitale en Algérie

samedi 3 janvier 2009
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Le groupe parlementaire du RCD a organisé un colloque pour élargir le débat à propos du dépôt d’une proposition de loi qui vise à l’abolition de la peine de mort. Cette proposition de loi a certes une histoire immédiate, liée à une revendication maintes fois réitérée dans les congrès successifs du RCD, mais elle est également née d’une réflexion ancienne qui tire son origine d’un passé récent consacré à la lutte en faveur du respect et de la promotion des droits de l’homme. Ce combat fut mené par la génération politique des années 80, arrivée sur le terrain des luttes pour, entre autres, réaliser la consécration des libertés démocratiques et la réappropriation de l’ensemble du référentiel identitaire et historique national.

Par Tarik Mira,
Député de Bejaia
Secrétaire national aux relations internationales du RCD

La dureté de la répression qui s’est abattue sur ces militants aux actions exclusivement pacifiques a accéléré le mûrissement de la question de la peine de mort dans leur conscience politique. Faut-il rappeler que 24 d’entre eux ont été déféré devant une Cour d’exception en 1980 et 23 en 1985. Ils encouraient tous la peine capitale [1] pour des revendications qui sont, aujourd’hui, réclamées par pratiquement l’ensemble de la classe politique nationale. Imaginez-vous un seul instant que ce verdict extrême soit tombé et exécuté à l’époque ? Cela paraît absurde aujourd’hui d’évoquer que cela put se présenter. Pourtant cette menace avait bel et bien existé et, en terme jurisprudentiel, les funestes virtualités de cette sentence sont toujours en vigueur contre de fauteurs potentiels. En effet, la raison d’État peut mener à tout instant à de monstrueuses dérives.

L’injustice et l’arbitraire inhérents à cette peine barbare sont encore plus significatifs en cas d’erreurs judiciaires. L’irréversibilité du caractère expéditif de la sentence rend la situation davantage tragique. L’exemple des États-Unis, où les erreurs judiciaires sont connues et médiatisées, donne à réfléchir sur l’implacabilité de cette option que la raison et l’intelligence humaines, dans leur évolution historique et éthique, réprouve. A présent, nous avons une opportunité exceptionnelle de faire avancer, tous ensemble, au sein de légalités institutionnelles, une cause fondamentale de la lutte en faveur des droits de l’homme.

Le combat pour les droits et libertés doit associer le plus grand nombre et se situer au dessus des clivages politiques. Il en est de même pour l’abolition de la peine capitale qui est d’abord une question éthique avant d’être idéologique. Pour un autre rappel historique, l’Algérie combattante a souffert et dénoncé la peine capitale dont furent victimes quelques uns de nos glorieux martyrs. La lutte contre la peine capitale et la torture a participé à la révélation et au retentissement international du combat de l’Algérie pour le recouvrement de son indépendance. Voter favorablement cette proposition de loi est également une sorte d’hommage à ces combattants de l’ombre qui ont fait passer l’Algérie à la lumière.

Les fondements qui ont porté sur ses fonts baptismaux le Mouvement national dans sa quête de construire l’État national souverain, démocratique et social dans sa nature, militent en faveur de l’abolition de cette peine aussi dégradante qu’inhumaine. Du reste, les autorités nationales ont souscrit au moratoire de suspension de cette sanction inique. L’Algérie a été la banque de sang de la région pour l’émancipation des peuples du sud, elle a encore une fois l’occasion, si elle abolit la peine capitale, de participer à l’intégrité de la dignité humaine et à l’universalité de cette aspiration. En tant que femmes et hommes de ce pays, pétri par une culture millénaire et une permanence historique singulière, où la violence a occupé une place assez large, nous devons nous rappeler que la vie humaine est sacrée. Les principes et valeurs des morales religieuse et laïque participent de concert à cette sacralisation. Il est venu le temps de la maturité pour transformer des normes éthiques en principes juridiques afin d’être en accord avec le mouvement de l’histoire mondiale. Cinq décades en arrière, l’Algérie participait à une épopée historique. Cet esprit doit encore guider nos pas.

la-gauche-cactus.fr


[1Sur 12 chefs d’accusation, 8 au moins renvoyaient à la peine capitale pour l’année 1980


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Brèves

Israël refoule un navire d’aide faisant route vers Gaza

jeudi 15 janvier 2009

La marine israélienne a refoulé un navire battant pavillon grec et transportant de l’aide destinée aux Palestiniens de la bande de Gaza, rapportent des militants.
Le navire, à bord duquel se trouvaient 21 personnes, a été intercepté à une centaine de milles nautiques au nord-est de Gaza, a déclaré Houwaida Arraf, l’une des organisatrices de la mission du Mouvement Gaza libre, basé aux États-Unis.
"Ils (les navires israéliens) sont venus tout près et ont menacé d’ouvrir le feu sur nous si nous poursuivions notre route", a dit Arraf à Reuters à bord du bateau d’aide, qui retourne actuellement à Chypre.
"Ils nous ont cernés avec leurs quatre navires de guerre, et il était très difficile de naviguer. Ils ont dit qu’ils auraient recours à tous les moyens pour nous tenir à l’écart de Gaza", a dit la militante.
Mercredi, Israël avait déjà ordonné à un navire iranien transportant une aide humanitaire aux Palestiniens de faire demi-tour.

Le président de l’Assemblée générale de l’Onu menacé de mort

mardi 16 décembre 2008

( Mardi, 16 décembre 2008 )

Le président de l’Assemblée générale des Nations unies, le Nicaraguayen Miguel D’Escoto, volontiers critique envers Israël et les Etats-Unis, a fait l’objet de menaces de mort sur internet, a déclaré lundi 15 décembre son porte-parole.

"Il y a des menaces très graves contre sa vie et il les prend au sérieux", a dit à la presse Enrique Yeves. "L’équipe de sécurité de l’Onu les prend également au sérieux."
D’Escoto, prêtre catholique et ancien ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, a émis de nombreuses critiques envers Israël et les Etats-Unis depuis qu’il a pris la tête de l’Assemblée générale de l’Onu, en septembre.

Il a récemment comparé l’attitude d’Israël envers les Palestiniens à la politique de ségrégation en Afrique du Sud du temps de l’apartheid.
Selon Yeves, les services de D’Escoto ont repéré les menaces sur internet il y a quelques jours et en ont informé la sécurité de l’Onu ainsi que les autorités américaines.
D’Escoto a pris des "mesures de sécurité extraordinaires", a expliqué son porte-parole, sans plus de précisions.
D’Escoto était le chef de la diplomatie nicaraguayenne dans les années 1980, lorsque le gouvernement sandiniste combattait l’insurrection des "Contras" soutenue par Washington.
En 2004, il avait qualifié dans une interview l’ex-président américain Ronald Reagan de "boucher de (son) peuple" et avait estimé que George Bush était son héritier spirituel.

aloufok.net

relations UE/Israël

mercredi 3 décembre 2008

la demande de report du vote sur le "rehaussement" des relations UE/Israël , sur lequel vous m’avez, à juste titre, interpellée, vient d’être adoptée.

Cette demande avait été déposée par le groupe des Verts et celui de la GUE, arguant que l’absence totale de progrès sur le plan du processus de paix devait amener le Parlement européen à refuser de se prononcer en l’état afin d’exercer une pression sur Israël. Cette position a été soutenue par une majorité de parlementaires européens et il n’y aura donc pas de vote demain.

Je ne manquerai pas de vous tenir informés des prochains développements de ce dossier et vous remercie encore de votre mobilisation.

Bien cordialement,
Hélène Flautre Eurodéputée

Communiqué de l’Afps

vendredi 30 novembre 2007

L’AFPS condamne la répression policière en Cisjordanie contre les milliers de Palestiniens qui manifestaient pacifiquement leur hostilité au sommet d’Annapolis le 27 novembre 2007

répression qui a fait un mort à Hébron en plus de dizaines de blessés dans plusieurs villes de Cisjordanie, et qui s’est traduite par de nombreuses arrestations.

L’Afps s’inquiète aussi de la restriction préoccupante de la liberté d’expression de la société civile qui s’exprimait dans le calme mais dont des membres connus ont pourtant été arrêtés et de la répression des médias palestiniens dont certains acteurs ont été violement battus et emprisonnés par la police palestinienne .

Venant après la répression de la manifestation de l’OLP à Gaza à l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, cette répression ne peut que creuser la brèche entre le Hamas et le Fatah et risque aussi de créer une rupture entre l’Autorité palestinienne et la société civile palestinienne, rendant impossible tout retour à l’union nationale indispensable pour affronter ensemble les enjeux posés par l’après sommet d’Annapolis.

L’Afps réaffirme que cette confrontation inter-palestinienne, qui ne fait que favoriser les projets de la politique d’occupation israélienne, tire son origine de la situation dramatique imposée à la société palestinienne par le blocus exercé par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, en particulier sur la bande de Gaza. Elle s’alimente de l’absence de perspectives politiques créée par le refus des mêmes puissances d’imposer à Israël la solution répondant aux principes du droit international pour aboutir enfin à l’Etat palestinien indépendant viable et souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale ainsi qu’à une solution fondée sur les résolutions des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

Paris, 29 novembre 2007