Vers un nouvel "incident électoral".... ?! Et bien tant mieux !

jeudi 15 mars 2007
par  matthieu
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Sur la notion "d’incident électoral"

Voilà une notion qui voit le jour en 2002 au moment de l’arrivée de Le Pen au second tour. C’est une manière, pour les tenanciers de médias et de la politique, d’exprimer leur surprise de l’arrivée au second tour d’un candidat "hors système" (même si, en particulier concernant Le Pen, le système s’accommode et apprécie bien certains candidats "hors système"). La victoire du "non" au référendum de 2005 était aussi, bien entendu, un "incident électoral".
Tout ceci n’a rien d’accidentel puisque, au bout du compte, dans le premier cas le président en exercice (pourtant sanctionné au premier tour, tout comme son premier ministre, Jospin) redevient président et dans le deuxième cas le gouvernement a accéléré ses réformes libérales avec derrière la tête de retenter le coup au niveau européen.
Tout ceci n’est pas un incident, le système "démocratique" a été construit par et pour une caste qui domine notre monde.
Et merde, et pourtant, nous sommes bien plus nombreux qu’eux. Mais ils se marrent : nous nous battons entre nous, et nous sommes incapables de dépasser ce système bien huilé.

Sur le comportement des militants et électeurs de la gauche de gauche

Nous, qui avec tant de prestance, avec tant de beauté d’âme, avons juré, il y a quelques temps, lorsqu’une candidature unitaire antilibérale était encore possible, nous qui avons juré donc que nous ne tomberions pas dans les pièges tendus par cette République et cette élection...et bien nous sommes en plein dedans.
C’est d’abord cette petite guerre de "nains de jardin", pour reprendre l’expression de Besancenot. Cette petite guerre entre les 3B qui conduira à des scores minables, même additionnés, et qui conduira forcément à une remise en cause de la légitimité de ces candidats dans le système électoral de notre République. Les candidats pour l’espérance, pour reprendre le titre d’une des rubriques d’Altermonde, se retrouvent, comme d’habitude, à jouer les petits boutiquiers pour sauver les meubles de leur parti politique.
Mais à quoi cela sert-il de partir d’avance perdu et de se marginaliser ?
En 2002, Hue + Besancenot + Laguillier = + de 13 %... ce n’est pas rien quand même, c’est le signe d’une vitalité électorale pour la gauche de gauche.
Aujourd’hui, Buffet + Bové + Besancenot + Laguillier = 8 % à tout casser... C’est le signe que l’espoir s’est cassé les dents sur l’autel des petits arrangements.

Avec cette petite guerre désespère, l’abstention ou le vote blanc sont tentants bien entendu. Il est assez lamentable de constater que nous nous battons entre nous, quitte à créer les conditions pour un sommeil durable de la gauche de gauche (sur l’expression "gauche de gauche", il faudra aussi un jour assumer le fait qu’il s’agit bien de la "gauche de gauche" et pas la "gauche de la gauche"....).
Sur Altermonde même, ces petites guerres ridicules se déroulent (lire l’article de Jean Dornac). C’est tout simplement lamentable et contre-productif.

Que devons-nous faire ? Chacun est libre de son choix et je ne me permettrai pas ici de donner des leçons. Nous avons 3 choix de base : Buffet, Besancenot, Bové...auquel est parfois rajouté Laguillier. Auquel il faut rajouter aussi la possibilité de l’abstention ou du vote blanc dès le premier tour. Cela fait donc en fait 6 choix.
J’ai mon avis personnel : j’hésite entre Besancenot, Bové et le vote blanc. Pas Buffet car je considère que le PCF est responsable assez largement de l’échec de l’union antilibérale (mais le PCF n’est pas le seul responsable bien entendu) et parce que le PCF peine à rompre avec ses stratégies électorales pour conserver ses mairies et ses députés. Pas Laguillier car LO est enfermé dans un sectarisme idéologique qui empêche toute réelle victoire électorale ou autre. Pas l’abstention car j’ai envie d’agir physiquement sur cette élection, même si c’est symbolique.
Alors éventuellement Besancenot, même si la LCR est aussi responsable de l’échec de l’union antilibérale, mais en même temps le programme porté par la LCR est un programme d’ouverture clairement féministe, anticapitaliste et écologique. Alors éventuellement Bové, même s’il peine à sortir de ses domaines habituels de prédilection et qu’il manque parfois de profondeur dans les analyses, mais en même temps il porte derrière lui ce qu’il reste de l’union antilibérale. Alors éventuellement le vote blanc, même s’il n’est pas appelé en masse pour lui donner le poids qu’il n’a pas dans ce système électoral, mais en même temps c’est un bonne manière d’exprimer le fait qu’aucun des candidats ne porte ma voix.

Au second tour, les choses sont beaucoup plus claires.
Quelque soit la configuration, entre Sarkozy, candidat du système capitaliste et libéral, Royal, candidate du social-libéralisme, Bayrou, candidat du capitalisme paternaliste et faux-cul, ou Le Pen, candidat de la haine sans limite, je voterai blanc.

Cher-e-s ami(e)s, il nous faut donc composer, pour cette élection présidentielle, avec la division de notre camp. Il nous faut aller voter selon notre engagement personnel. Mais, en même temps, il ne faut surtout pas hypothéquer l’avenir. Il est inutile de se tirer dans les pattes. Faisons notre choix parmi les 6 vus au-dessus, et repartons, dès les législatives, et parès, dans notre volonté de victoire de la gauche de gauche dans une élection pour réellement changer les choses.

Et après l’élection ?

Il y aura des législatives : il est à craindre que de nouvelles divisions vont encore apparaître.
Faisons le maximum pour proposer des candidats unitaires, et surtout, surtout, pas de compromis avec les responsables de tout le bordel ambiant.
Après, il faudra, nécessairement, que nous nous retrouvions tous dans les collectifs antilibéraux, pour créer ce grand mouvement qui fera enfin basculer les choses.
Il est exclu qu’un nouveau parti politique soit créé : ce type d’organisation est à dépasser. Ce sont bien des collectifs qu’il faut mettre en place, sur le même modèle que ceux qui ont vécu et qui vivent encore. Avec la présence des partis et syndicats engagés, bien entendu, mais avec une réelle domination des collectifs non-affiliés à une organisation.

Nous pouvons repartir de l’avant après cette élection jouée d’avance par un système corrompu.
Nous voulons enfin une République écologique, démocratique, antilibérale, altermondialiste, égalitaire et festive.
Nous voulons vivre ! Et nous pouvons le faire !


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jeudi 16 juin 2011

Ingrid Betancourt aux Droits de l’Homme ?

vendredi 11 juillet 2008

Ingrid Betancourt en marche vers un Secrétariat d’État aux Droits de l’Homme ?

La rumeur se répand de plus en plus. Et si Nicolas Sarkozy, en difficulté sur les Droits de l’Homme notamment avec le dossier de la Chine, prenait un acte fort avec la nomination d’Ingrid Betancourt à une fonction de Secrétaire d’Etat ...

En Colombie, son parti avait pour nom "Oxygène". C’est justement ce que recherche le Chef de l’Etat en position trop défensive.

Ingrid Betancourt a su trouver les mots pour parler au coeur des Français lors de son retour et leur donner une embellie.

Pour de multiples raisons, le retour en Colombie est délicat.

C’est dans ce contexte que se multiplient les rumeurs de "négociations ministérielles" pour celle qui incarne la lutte pour les libertés et le courage dans la défense d’opinions.

exprimeo.fr