Un vent nouveau commence à souffler (1/2)

mardi 2 janvier 2007
par  El Houssine
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Suite aux changements survenus en cette période du règne de Bush et des néoconservateurs, bien des lueurs d’espoir et des évolutions dans l’équilibre des forces au niveau mondial commencent à se faire entrevoir à l’horizon. Et ce contrairement à ce que les faucons américains ont mis du temps à planifier pour asseoir leur domination irréversible sur le monde. Ce qui revient à dire que l’administration Bush, loin d’avoir pu atteindre ses objectifs de superpuissance unique et unilatérale, a contribué, indirectement, par ses déboires et ses défaites à faire surgir les traits annonciateurs d’un monde plus équilibré et qui prend ses distances, petit à petit, par rapport aux dirigeants des Etats-Unis. Ainsi, dans plusieurs régions du monde, des repositionnements se font jour et des initiatives de libération de la dépendance de l’administration américaine se font entendre. Ces tentatives revêtent des aspects économiques, militaires et politiques.

Ces signes prémonitoires, d’un monde plus équilibré et plus enclin à résister à l’hégémonie américaine, apparaissent de plus en plus saillants, en particulier, en Asie et en Amérique Latine. Cette volonté d’indépendance émane, aussi, des Etats considérés comme des alliés fanatiques de l’équipe Bush et défendant ses thèses musclées. Cette tendance, à plus de liberté vis-à-vis de l’administration américaine, a été rendue possible, du moins partiellement, par l’isolement de cette administration du fait de la perte du soutien de faucons tels Aznar, Berlusconi et, prochainement, Blair qui sont tombés sous les coups de leur vassalité extrême au gang Bush. L’arrogance de ce gang affaibli, à toujours poursuivre sa chasse à « l’axe du mal », a donné le jour à un certain nombre de craintes chez quelques Etats formellement protégés par l’armée américaine occupant des bases sur le sol de ces pays. Ce qui fait que, sous des apparences d’autodéfense contre des ennemis potentiels, certains gouvernants, épousant les thèses extrémistes néoconservatrices, veulent voler de leurs propres ailes en se lançant dans la course vers la militarisation et vers la possession des armes nucléaires. Ce qui n’est pas sans soulever des réserves de la part des gouvernants américains plus attachés à jamais à mettre en branle leur puissance militaire pour couper court à toutes les velléités de renforcement militaire à des fins de remettre en cause l’existence de bases militaires américaines ou d’anticiper pour d’autres actes qui pourraient rappeler les désastres des périodes passées. Ceci contribue, d’autre part, à accentuer l’érosion de l’unipolarisation du monde initiée par les puissances militaires et économiques émergentes ou déjà en place et dont l’influence commence à prendre une telle ampleur qu’elle risque de porter des coups durs à la domination américaine sur le monde.

De la sorte, il semble bien que le monde s’agite et qu’il est le siège de remous perceptibles afin qu’il soit fondé sur d’autres critères que le diktat américain. Il s’avère possible de mettre en évidence ce qui peut être tenu pour des nouveautés ou des accentuations de tendances perçues à l’échelle mondiale. Un court tour d’horizon permettra d’exposer et d’évaluer, éventuellement, les degrés des changements plus ou moins notables de ces quelques dernières années.

Aux Etats-Unis, globalement, le premier mandat diffère du deuxième mandat et, surtout, de la deuxième moitié du mandat présidentiel de Bush. Pendant le premier mandat, exceptés les premiers mois de sa présidence, Bush, accompagné de son cortège de néoconservateurs et fort d’une popularité exemplaire aux alentours de 90 %, pouvait se payer le luxe de mener ses croisades contre « l’axe du mal » et sa guerre globale selon les préceptes prescrits par les faucons de son administration et par d’autres rapaces disséminés dans les think tanks et les médias. C’est, ainsi, qu’il a envahi l’Afghanistan et l’Irak et qu’il a créée un climat de terreur d’abord aux Etats-Unis et, ensuite, dans l’ensemble des pays du monde. Ceci a eu comme corollaire de suivre à la lettre les menaces proférées par Bush et qui stipulent que l’alignement ne peut être que « avec nous ou contre nous ». Ceci s’est traduit, également, par l’adoption de lois contre les libertés individuelles et collectives dans pas mal de pays dont les Etats-Unis. C’est-à-dire que, entre le 11 septembre 2001 et la fin du premier mandat présidentiel, l’administration Bush a réussi à imposer sa vision du monde au peuple américain et à l’ensemble des nations de telle manière que toute critique ou toute attitude réservée était jugée comme un parti – pris contre les objectifs la guerre globale décidée et concrétisée dans ses premières phases par l’administration Bush.

Forts de cette atmosphère de peur qu’ils ont su créer et entretenir, les néoconservateurs multipliaient les menaces contre toutes les nations et tous les gouvernants qui ne partageaient pas leurs manière de voir ou qu’ils étiquetaient comme des « réservoirs » potentiels de terroristes ou des pays qui soutiennent le terrorisme. Ceci est particulièrement vrai pour les Etats riches en pétrole. C’est ce qui explique que ces néocons ne ménageaient pas leurs propos à l’encontre de l’Iran, de l’Arabie Séoudite ou du Vénezuela ….. Et c’est, dans cet ordre des choses que s’intègrent des projets tels le Grand Moyen Orient, …

Cet état des choses a vite fait de se transformer de fond en comble dés le début du deuxième mandat. Les mensonges de l’administration américaine au sujet des armes de destruction massive en Irak, les atrocités des tortures à Abou Ghraib et à Guantanamo, les scandales financiers et moraux des parlementaires et dirigeants républicains, les effets désastreux de l’ouragan Katrina, les lourdes pertes humaines de l’armée américaine en Irak, la défaite américano – israélienne au Liban, … Toutes ces données ont assombri le tableau naguère luisant de l’administration Bush et ont joué un grand rôle dans l’isolement de Bush qui a vu chuter sa côte de popularité aux alentours de 35 % pendant la période des élections de la mi - mandat et l’isolement du parti républicain. Par ailleurs, la perte des soutiens des caniches, tels qu’Aznar et Berlusconi, … a, déjà, affaibli le camp des alliés. Avec l’éviction programmée de Blair, Bush deviendra un orphelin qui ne s’accrochera plus qu’à ces petits régimes laquais dont la présence militaire en Irak n’est là que pour montrer qu’il jouit d’un soutien international quand on sait que, sur le terrain des opérations, la responsabilité réelle est assumée par l’armée américaine.

Les élections de mi – mandat ressemblent fort, selon les analystes, à un référendum anti – Bush. Ce qu’il a bien reçu comme message en comparant la victoire des démocrates à « une raclée » que les électeurs américains lui ont infligée. En réponse à cette raclée, il a démis Rumsfeld de ses fonctions pour montrer qu’il est à l’écoute de l’opinion publique nationale. Ceci ne l’a pas empêché de signaler que Cheney jouit encore de toute sa confiance. Ce qui peut être compris comme une sorte d’attachement à la ligne dure que l’administration Bush a suivi depuis qu’elle a opté pour sa guerre globale et comme si la victoire des démocrates aux élections ne peut rien changer à cette donne. En d’autres termes, Bush fait mine, en paroles et avec la même arrogance, de « maintenir le cap » alors qu’il sait pertinemment que ses marges de manœuvre vont se rétrécir si ce n’est dans le domaine de la politique extérieure du moins au niveau des affaires internes au pays. En tenant de tels discours, il a quand même laissé entendre qu’il est ouvert à toutes les propositions concernant le bourbier irakien juste après la victoire des démocrates. Ce qui signifie que la stratégie américaine pour l’Irak va être soumise à des ajustements surtout que de nombreuses pressions se font jour et émanent du parti républicain lui – même. Il est vrai qu’il ne faut pas s’attendre à un bouleversement de la situation pour ce qui est de cette question bien complexe à l’égard aussi bien des démocrates que des républicains mais il semble que la direction que prendront les choses tendra à accorder une part non négligeable aux solutions diplomatiques surtout que les plus proches alliés, comme Blair et Howard, proposent d’entamer des négociations avec la Syrie et l’Iran. Ces pressions, conjuguées aux pressions internes, contribueront, sans doute, à un changement, aussi minime soit – il, de stratégie dans le cas de l’Irak bon gré malgré Bush et ce qui lui reste comme faucons dans l’administration américaine. Il faut dire, aussi, que la victoire des démocrates les responsabilise pour ce qui est de l’Irak.

En étant bien conscients qu’ils doivent leur victoire à l’enlisement de l’armée américaine en Irak, les démocrates tacheront de faire en sorte que les républicains seuls récoltent les tempêtes de ce qu’ils ont semé pour ne pas se retrouver handicapés pour les prochaines élections présidentielles. Tout ceci atteste, ne serait – ce que cela, que le dossier irakien sera géré autrement que par le passé. Surtout que Rumsfeld lui – même se mêle de la partie en conseillant d’opter pour un « ajustement majeur » de la stratégie en Irak pendant que la commission Baker, officiellement intitulée " Groupe d’études sur l’Irak ", va plus loin en stipulant l’ouverture de négociations avec la Syrie et l’Iran au sujet d’une intervention plus marquée de ces pays dans les affaires irakiennes et d’un retrait substantiel des troupes « combattantes » américaines d’ici l’année 2008. Le réajustement prévu de la politique américaine va être initié pendant que Bush sera acculé à se démarquer du reste de ses faucons tels Bolton et autres. Ce qui augure de la direction plus modérée que prendront les événements en Irak dans un contexte plus risqué pour les troupes américaines au vu du nombre grandissant de leurs pertes humaines. Tous ces facteurs et toutes ces contraintes, que subit Bush, contribueront, d’une façon ou d’une autre, à remodeler la stratégie américaine en vue de permettre à l’administration américaine une sortie « honorable » du bourbier irakien comme l’exigent ces appels de la commission Baker, du mémorandum de Rumsfeld et du rapport trimestriel du Pentagone qui en appellent, par-dessus tout, à arrêter les dégâts et à sauver ce qui peut l’être de l’image des Etats-Unis et de leurs troupes puisque tous ces appels se fondent sur le constat de l’échec de la stratégie américaine en Irak. Bush aura beau tergiversé, il n’aura pas d’autre choix que de s’incliner devant toutes les voix qui s’élèvent contre sa politique arrogante qui n’a conduit qu’à des revers éclatants, des chutes successives des faucons néoconservateurs comme Rumsfeld, Bolton, … et à un isolement de plus en plus poussé de Bush.

(à suivre...)


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