Naissance d’une identité de terrien

Par Hubert Reeves
dimanche 16 septembre 2007
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Depuis le début de l’histoire du cosmos, tout est allé en se complexifiant. Il n’y a aucune raison que cela cesse. Et d’ailleurs, nous voilà, nous les humains, dans une phase excessivement complexe, celle de la mondialisation.

Tout se mondialise. Indéniablement, l’économie. Aussi, notre impact sur la planète. Mais par chance, même notre conscience... C’est à Alain Juppé si attaché à Bordeaux que je disais : "Chaque habitant de votre ville est à la fois Bordelais et terrien. » Chaque Parisien, chaque Montréalais est aussi terrien. Chacun de nous est terrien.

La mondialisation est en marche. C’est un phénomène évolutif, un défipermanent pour l’humanité qui le génère et doit en même temps s’y adapter, éviter de le subir. Il faut tout inventer. Il faudrait garder la maîtrise du processus. Prendre conscience de la situation et agir en terrien, voilà les étapes à franchir.

Prendre conscience de la mondialisation des problèmes

La science nous permet de comprendre ce qui s’est passé. On lui est redevable de nous permettre d’évaluer l’importance de la crise que nous vivons.

Les aérosols provenant de pesticides répandus en un lieu précis voyagent dans l’atmosphère et se retrouvent ailleurs, bien loin de la zone d’émission.

Des îles sans voiture vont disparaître par l’élévation du niveau des eaux des océans réchauffés par des gaz à effet de serre du trafic routier d’autres pays.

Les frontières administratives ne protègent pas des nuages toxiques. On ne peut plus être à l’abri derrière des frontières devenues perméables.

Tout le monde est concerné par tout ce qui se passe sur la planète, que ce soit dans son jardin, dans le champ voisin et même aux antipodes.

Si c’est admis, et il semble que ça le soit, on peut passer à l’étape suivante.

Le jardin auquel nous prodiguons tous nos soins sans en saccager la moindre parcelle est un bon exemple. Il nous faudrait considérer la Terre de la même manière.

Allons-nous savoir considérer la Terre comme notre jardin, donc ne plus en saccager le moindre espace ?

Si l’on recense une fois de plus les périls majeurs auxquels l’humanité est confrontée, aux perturbations climatiques, à la perte de biodiversité, à l’accroissement de la population humaine, il faut ajouter la pauvreté et la misère s anitaire qui en découlent.

Je prends souvent l’exemple d’un nid d’oiseau dans lequel un oisillon est malade. Seuls sont nourris les oisillons en bonne santé. Dans une famille humaine, l’enfant malade est l’objet de soins attentifs pour que la guérison survienne. Il nous faudrait considérer les terriens comme une grande famille afin que nul ne soit abandonné à la famine et aux maladies.

Allons-nous continuer à grandir en compassion et ne plus admettre pour les plus éloignés des terriens ce que nous n’admettons pas pour nos proches ?

Car finalement, il faut être Français et terrien, Québécois et terrien... Pas simple car les cultures diffèrent, y compris à l’intérieur d’un même pays. Si l’on prend d’autres exemples comme Malien et terrien, Amérindien et terrien, il faut alors prendre en compte l’histoire des peuples...

Cependant, la même origine nous réunit : nous sommes tous « poussières d’étoiles » et devons faire en sorte qu’il soit bientôt anachronique de ne pas nous considérer tous comme formant la communauté humaine des terriens dans la biodiversité planétaire.

source : canoe.com


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