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Articles publiés dans cette rubrique
mardi 11 mars 2008
par Leina
Qu’est-ce que c’est que ce cirque ?
Une clameur. A ma fenêtre, j’étais.
Je me suis installée sur la terrasse.
J’ai regardé une certaine jeunesse portant fièrement votre nom sur leur tee-shirt.
"Qu’est-ce que c’est que ce cirque ?", me suis-je dit.
Monsieur le Maire, voyons, avez-vous besoin de ça ?
Pour une "petite" élection tout ce tralala ?
"Petite", bien sûr, parce que le Monsieur Là Haut, dans son Palais ne supporterait pas qu’elle soit "grande".
Imaginez !
Il devrait alors vous dépasser, se surpasser.
Imaginez !
Ce ne serait plus du cirque, ce serait une pagaille organisée.
Cessez de jouer !
La vie de la Cité mérite que tous ses (...)

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lundi 3 mars 2008
par Leina
Tu n’as plus rien à faire ici !
Un roulement de tambour, le store à peine levé, le commerçant courroucé, s’adressa à son employé :
Ça va, t’as bien dormi, tu sais quelle heure il est ?
Il est neuf heures.
Ça suffit comme ça, j’ai pas besoin de gens comme toi, tu n’as plus rien à faire ici ; d’ailleurs, tu es déjà remplacé.
Sans appel, sans nuances, sans élégance le verdict était tombé.
L’employé s’en est allé, le dos courbé.
Le commerçant, fier, bombant le torse de son importance, toute impudence bue, s’activa avec grandiloquence.
Époque décadente, pour qui te prends-tu ?
Ne sais-tu pas que l’esclavage est révolu ?
Un fossé est déjà (...)

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lundi 17 décembre 2007
par Leina
Mes provençaux...
Que l’on ne me reproche pas de ne pas les aimer.
Je les aimais avant d’arriver en Provence. Depuis 30 ans, je les aimais à distance.
Maintenant, je les observe de près. Peut-être, ne devrai-je pas ?
Il faut dire, et je n’y peux rien, j’ai tout le loisir d’observer, d’entendre...
Ce n’est pas ma faute, si j’ouvre la fenêtre. Dehors, il fait si chaud...
Ceci dit, la fenêtre fermée n’y changerait pas grand-chose. Ce n’est pas ma faute, si le soleil, ici, chauffe plus qu’ailleurs, enfièvre les esprits....
Donc fenêtre fermée, yeux fermés, je les vois, je les entends bruyants, exhubérants.
— (...)

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lundi 3 décembre 2007
par Leina
La vieille dame et ses fleurs
Elle est là tous les matins ; qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse froid.
A peine 7 heures ce matin-là, elle prend son petit déjeuner comme elle peut, appuyée, à moitié assise sur la fontaine. Et bien avant déjà, elle avait déposé ses petits paquets par devant celle-ci.
Un bonnet, des gants, une écharpe témoignent de la rigueur du jour, mais elle n’en a cure. Elle est là, c’est tout.
C’est peut-être toute sa vie ou ce qui lui en reste, c’est-à-dire bien peu.
Elle n’a pas la beauté de ce qu’elle prétend nous vendre. Non !
Le seul moment où elle semble satisfaite c’est quand elle empoche les (...)

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mercredi 22 août 2007
par Leina
La loi et nous
C’était un dimanche après-midi,
un passage cloutés, comme il y en a tant,
deux jeunes traversant.
Trop jeunes et trop ignorants, ils n’ont pas baissé les yeux à la vue du fourgon de policiers.
Ah les malheureux enfants ! Ils ont continué comme si de rien n’était, tranquillement.
Le fourgon s’est garé quelques mètres plus loin.
Quatre adultes descendirent, prenant en tenailles les malheureux enfants, menottés, _ embarqués.
C’était un dimanche après-midi,
un jour d’ennuis, assurément. (...)

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mardi 22 mai 2007
par Leina
Espèce de crétin, espèce d’abruti...
Espèce de crétin, espèce d’abruti,
ce fut dit avec violence ;
ce fut dit avec arrogance.
L’enfant pétrifié s’était enfui.
A ses pieds, il avait trouvé une cannette,
s’en était saisie.
La cannette qui n’en demandait pas tant,
s’était esclaffée, vidée.
Imaginez !
Heureusement que dans notre France pacifiée, l’enfant avait moins de 10 ans.
Imaginez le Procureur demander à l’infortuné :
"Jeune homme que faisiez-vous au temps chaud" ?
Moi, aurait répondu l’enfant, je jouais.
Vous jouiez, la bonne affaire !
Hé oui, la bonne affaire, parce que dans le fond que faisait-elle là cette cannette ?
Pourquoi (...)

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mardi 15 mai 2007
par Leina
Je voyage avec un monsieur des plus charmants
Je voyage avec un monsieur des plus charmants,
c’est le même depuis 20 ans.
J’avais partagé beaucoup de choses...
appris peu de choses...
Tout au long de ma route, je me disais :
bon finalement ce n’est pas si mal.
Je voyage avec un monsieur des plus charmants,
C’est le même depuis 20 ans.
Je m’enhardissais. Je rêvais beaucoup
Je n’en voyais pas le bout...
Et puis comme j’avais pataugé durant la nuit,
je me disais que je pouvais bien lui piquer cette petite chose là.
Seulement voilà, je me suis trompée.
A peinte fut-elle prise, que le monsieur courroucé
me l’a reprise, me signifiant par là (...)

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mercredi 2 mai 2007
par Leina
Le policier toulousain
Je vagabonde dans le parc
quand je croise un policier,
les mains dans les poches
traînant les pieds.
D’ailleurs ses souliers sont tout marqués
de la poussière laissée.
Son regard cherche quelque chose,
il y va et s’assoit.
Un deuxième arrive,
salue le premier.
Ces messieurs s’installent sur un banc.
Je les regarde papoter, amusée, soulagée
de ce que leur fonction de gardiens de paix
soit bien respectée.
Dans la capitale des Gaules, égarée
quand j’aperçois un casque bleu,
j’ai une telle peur,
je change de côté.
les casques bleu sont pour le maintien de
la paix, nous dit-on.
Aussi, je (...)

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mercredi 25 avril 2007
par Leina
Je suis fils d’avocats
Je suis fils d’avocats,
je passe mon temps derrière les barreaux.
Papa, maman qu’avez-vous fait ?
Grâce à vous, mes peines sont plus courtes. _Mais je sais déjà quelles seront mes prochaines déroutes.
Papa, maman qu’avez-vous fait ?
Ne m’avez-vous point enseigné les tables de la Loi ?
Je suis fils d’avocats, je passe mon temps derrière les barreaux.
Maintenant, je doute.
Me faut-il arrêter avant qu’une balle traverse ma route ?
Me faut-il simplement me mettre sur le bord de la route, ?
Je suis fils d’avocats, je passe mon temps derrière les barreaux.
Papa, maman, pouvez-vous me pardonner ? (...)

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mardi 17 avril 2007
par Leina
Le jeune homme et sa couverture bleue
Le jeune homme avec sa couverture bleu nuit
passa devant-moi..
Sur la place du marché, il s’arrêta.
Il était tôt ce matin-là.
Sa fiancée d’un jour ou de toujours l’accompagnait.
Visiblement les gens le connaissaient.
Il souriait.
Il marchait, se déhanchait.
Il s’arrêtait, saluait.
Nul discours, un petit bonjour
au coin du jour.
J’étais derrière-lui
Je ne pouvais pas observer sa physionomie.
Je le suivais, intriguée
amusée par cette fantaisie déguisée.
Et c’est alors qu’il m’échappa,
sa petite couverture bleu, il la jeta.
Tel un fauve pris d’un soudain désir,
il courut vers je ne sais quel (...)

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mercredi 28 mars 2007
par Leina
lls étaient là, devant-moi...
Ils étaient là, devant-moi, une jeune femme, une enfant, et un chien.
La jeune femme caressant l’un, parlant à l’autre distraitement.
Un monologue de part et d’autre.
De dialogue point.
J’attendais quelque chose,
quelque chose qui ne venait point
J’aurais aimé voir une parcelle d’éternité,
une flamme qui aurait ravi mon âme.
J’attendais quelque chose qui ne venait point.
Je souriais à l’une, à l’autre...
Guettant une lueur de leur coeur.
Mais leur coeur était séparé ; divorcé.
Qu’est-ce qui les avait mis à côté ?
La petite fille soudain caressa le chien.
"Malheureuse, lui dit la maman !".
La petite (...)

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mercredi 21 mars 2007
par Leina
La ville Rose
La ville Rose m’accueillit.
Je lui souris comme on sourit à la vie.
J’admirais, au passage, son jardin japonais.
Comme c’est bien fait,
ses arbres coupés de près.
J’allais dans ses ruelles pavées,
déambuler sous le soleil, chauffée.
J’ignorais, pauvre que j’étais,
aiguisée par ma curiosité,
que je découvrirai
la Place du Capitol l
sous l’obscurité.
Il faut bien être folle
pour ignorer l’importance du symbole
et je me suis dit
"Mignonne, allons voir sir la rose..."
"C’était, peut-être trop...
et je partis au galop. (...)

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mercredi 14 mars 2007
par Leina
Emportées par le vent...
Elles tournent, elles tournent
emportées par le vent.
Elles détournent l’attention
elles tournent, elles tournent, elles tournent en rond,
nous offrant un ballet de questions.
Elles tournent, elles tournent à
la verticale de nos interrogations.
Si le diable les emporte, je n’y
verrais pas d’objections,
autant vous le dire, je n’y
prêterai pas d’attention.
Elles tournent, elles tournent
emportées par le vent,
les éoliennes des quatre saisons...

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lundi 5 mars 2007
par Leina
Les rochers de Roquebrune
Et tout à coup, ils sont là, ils sont là devant-moi, les rochers de Roquebrune, attachés, _ détachés de la réalité.
Toute éblouie par cette fugace apparition, je faillis manquer ma route.
Tout va très vite,... comme le marais engloutit sa proie, ils sont derrière moi.
J’espère qu’un jour, je pourrai, à pas de loup, les surprendre dans leur tanière, mais il _ me faudra compter et mesurer avec une patience de Sioux, la distance qui me sépare _ de cet étonnant bijou. (...)

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mardi 27 février 2007
par Leina
Pervenche
Elle est venue innocemment poussée par le vent.
Elle est venue se cacher dans ce taillis mal rasé, dans ce cyprès mal entretenu.
Petite fleur de printemps éblouie par le soleil, venue timidement chercher la lumière.
Elle poursuit sa route en solitaire, se penche à peine.
Petite fleur attention, ton audace te perdra, car ne ce n’est pas ton parfum qui te sauvera.
Mais peut-être, aurai-je de l’attention pour toi car ta couleur bleu-lilas, pervenche et reine de ce coin-là m’émouvra.
Elle est venue innocemment poussée par le vent et c’est bien là le moindre de ses tourments. (...)

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mardi 20 février 2007
par Leina
Le videur vidé
"Oh Martine, cela fait si longtemps, qu’est-ce que tu deviens ?"
Chacune fait semblant de se souvenir. J’attaque sans nuances.
"Qui es-tu Martine ?" "Je suis une videuse."
Mince, élégante, je fais semblant de ne pas comprendre.
"Que vides-tu ?"
"Les gens." "Tu es payée pour vider les gens ?" "J’étais payée pour vider les gens, sauf, qu’aujourd’hui, c’est moi qui suis vidée !"
Les videurs vidés, il fallait y songer.
"Alors, c’est quoi ce jeu, si tout le monde est perdant ?" "Ce n’est pas bien difficile...", me dit-elle. "Tous ceux qui jouent ne croient pas un seul instant qu’ils vont perdre. Et (...)

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mardi 6 février 2007
par Leina
Les verrous-verrues
J’habite un immeuble très "comme il faut", avec des voisines "très comme il faut".
Au deuxième étage, c’est le rendez-vous des mamies. Au premier étage, vous pouvez rencontrer de charmantes étudiantes, tra là là. Quant à mes voisines du rez-de-chaussée, ah, si papa voyait ça ! ...
Je croise tantôt l’une, tantôt l’autre.
Je suis en retard, me dit Madame Verrou, vous comprenez avec mes verrues...
Eh bien oui, les verrues-verrous vont bien ensemble.
Madame Cadenas, quant à elle, est très, très bavarde. Ce sont toujours des histoires de lignes droites très, très droites, à l’infini, poussiéreuses, rabougries. (...)

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mardi 30 janvier 2007
par Leina
Les vagues de l’eau
Je m’approchais Je la regardais. Je l’observais. Elle ne me voyait pas. Je ne voyais qu’elle.
J’observais l’eau respirer, transpirer ; danser près du radeau. L’eau vit mais de quoi vit-elle. Je m’interrogeais.
Qui me donnerait les réponses ? Les oies ? Les canards ? Trop risqué ! Je n’osais demander à cet inconnu :
"Monsieur... l’eau...que boit l’eau ?"
 "Madame : à qui parler-vous ?"
J’avais donc parlé, divagué. Intriguée par cette étrangeté, je m’étais arrêtée, empourprée.
L’enfant, lança une pierre. Les ronds s’élargirent puis s’évanouirent. "Hello", me fit-il en souriant. "Hello", lui répondis-je en (...)

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lundi 22 janvier 2007
par Leina
Je suis une petite fleur
Je suis une petite fleur, respirez-moi, respirez-moi.
Penchez-vous sur moi.
Je ne vous demande pas d’enlever mes pétales. Pas maintenant,
pas de cette façon, brutale.
Je suis une petite fleur, respirez-moi, respirez-moi.
Regardez, mes aînées s’arcquebouter sur moi.
Je ne leur dirai pas, ce serait leur porter ombrage et ce serait dommage.
Je suis une petite fleur, respirez-moi, respirez-moi.
Allons, penchez-vous, écartez les brindilles, les ronces de ma cousine.
Ne vous attardez pas sur ma voisine ; Vous voyez bien qu’elle est tout empourprée.
Je suis une petite fleur, respirez-moi, (...)

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lundi 8 janvier 2007
par Leina
circulez, circulez
ll n’y a rien à voir, circulez, circulez ! Et vous, le sale Français, circulez ! "C’est curieux, lui répondit mon père, ici je suis un sale "Français" et là-bas, je suis un sale Suisse."
Circulez, circulez.
Mon père ne circulait pas beaucoup. Les frontières imposées, le manque de temps et d’argent, tout cela l’empêchait de circuler aisément.
circulez, circulez
"Toi, si tu n’es pas content, tu n’as qu’à retourner d’où tu viens". Pourquoi les hommes ne se souviennent-ils pas ? En plein conflit, la seule époque de sa vie où on ne lui reprocha pas d’être une "sale ceci", il fit circuler sans un merci. (...)

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lundi 1er janvier 2007
par Leina
Le gâteau au chocolat
Je suis dans la cuisine. C’est l’endroit de la maison que je préfère. Je ne suis pas très bonne cuisinière, je n’ai pas suffisamment d’imagination pour cela. Il me faudrait plus de "ceci", plus de "cela" ; c’est fou les excuses que je me donne.
Je suis là devant mon gâteau au chocolat terminé. J’aime faire plaisir ; ça aussi, c’est une excuse que je me donne. J’aime ME faire plaisir.
Je suis là devant mon gâteau au chocolat terminé. Si vous me voyiez !. Si vous voyez surtout la part que je me suis laissée. Je dévore des yeux, des narines, des cheveux, je retrousse goulûment mes manches, je m’apprête (...)

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lundi 25 décembre 2006
par Leina
Ils s’appellent Jean, Ahmed, Fatou
Ils s’appellent Jean, Ahmed, Fatou,
ils ont un passé de semi-délinquants.
Ils m’ont invitée. Je suis venue sur la pointe des pieds. Qu’avais-je à donner ?
Eux, ils m’ont offert leurs plus beaux sourires, leur franche gaîté, leur attachante simplicité.
Vous qui avez beaucoup reçu, ne pouvez-vous pas pardonner ;
Ces jeunes ont bu leur désespérance.
Ces jeunes ont fui leur passé.
Ils sont là devant nous, devant vous.
Ils s’appellent Jean, Ahmed, Fatou, mamans si vous pouviez aimer vos fils jusqu’au bout. (...)

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lundi 18 décembre 2006
par Leina
Les « sais pas qui »
Allo, Floriane, je suis tombé "sur je sais pas qui", tout à l’heure. "Oui, tu as raison, il y a beaucoup de "je sais pas qui" dans cette maison". Il y a les fils, les copains des fils, les copines des copains des fils, des "je sais pas qui". Il ne faut pas s’offusquer, ni s’étonner à ce que les tourbillons devenus papillons volent...
Si les papillons ne volaient pas, combien de fleurs fanées, de fleurs séchées ?... Il ne faut pas s’offusquer, juste pardonner que leur amour ne rime pas avec toujours.
Maison vole, vole aux vents, vole aux mots, bourdons, bourdonettes, tu as raison l’ami, tu es (...)

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lundi 11 décembre 2006
par Leina
Loup y es-tu ?
Quand j’étais petite, j’entendais souvent dire que les loups ne se mangeaient pas entre eux. A vrai dire, je ne comprenais pas et je ne voyais pas les loups. Alors je voulais voir les loups.
J’avais bien entendu cette histoire du Petit Chaperon Rouge, mais cette histoire m’ennuyait. J’allais dans la forêt chercher les loups.
"Loup y es-tu ?" (prononcer yai)
En grandissant, j’aperçus les loups, de loin, rassurez-vous.
Maintenant les loups se sont rapprochés ; il sont même de plus en plus nombreux. On pourrait presque faire une ronde avec eux. Mais à l’idée que je pourrais avoir des dents aussi (...)

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lundi 13 novembre 2006
par Leina
Mini Champs-Elysée...
Je suis au Mini Champs Elysée, devant mon café. Je regarde les gens filer, se croiser, sans se parler ; ils sont en deuil ; mais de qui sont-ils en deuil ?
Dans mon quartier, c’est une de leur spécificité, mais pas ici, au Mini Champs Elysée.
Pourquoi sont-ils si tristes, si apeurés ? Ils fuient à toute allure, mais qui fuient-ils ?
Et les enfants ? Que font les enfants ? Tristes eux aussi. Et la gaîté, où vais-je la trouver dans cette foule bigarrée ? Et la fantaisie où vais-je la trouver ?
Pas dans la façon de s’habiller : noir de la tête aux pieds.
Et le rire ? Où vais-je trouver le rire : étouffé. (...)

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lundi 6 novembre 2006
par Leina
Ils s’appellent Jérémie, Patrice, Sophie...
Ils s’appellent Jérémie, Patrice, Sophie. D’eux, je ne connais que leur nom. Déjà, je les entends rigoler. Ils toquent à peine, rentrent sans frapper.
"Bonjour ! me disent-ils, on vient manger". "Je veux bien, mais je n’ai que ma soupe". "Mais on aime ta soupe !"
Ca, j’en doute, mais pourquoi contrarier la poésie des mots ?
"Yvonne, sais-tu ce que j’ai fait aujourd’hui ?"
Je m’assois promptement.
"Je t’écoute Jérémie"...
Jérémie aime tant parler, parler encore.
"Ah, je suis content, finit-il par me dire."
De quoi, je ne saurai pas.
"Est-ce que tu m’aimes, Yvonne me demande Patrice ?" "Oui Patrice, je (...)

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lundi 30 octobre 2006
par Leina
Le café du père
Il y eut une époque lointaine où je faisais le café pour la personne aimée. Puis la personne aimée partit. Ainsi va la vie.
S’il y a bien un cadeau à faire, c’est de laisser partir les gens que l’on aime...
Aujourd’hui, je sers le café à un bohème accompli. Alors, pourquoi ce rituel du café me direz-vous ? Pour le café du père.
Leina

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lundi 23 octobre 2006
par Leina
Petit oiseau effarouché
Petit oiseau effarouché, tu es, là, devant-moi, sur ma terrasse ombragée. Je te regarde. Que tu es beau !
Tu es tout noir. Tu es là devant-moi. Je t’envie. Petit oiseau effarouché, j’aimerais te dire combien tu es beau, combien tu es mystérieux pour moi.
Tu ne m’écoutes pas ou si peu. Tu fais un pas. Je fais le mien, puis tu recules.
Petit oiseau effarouché, j’aimerais déployer mes grandes ailes sur toi, mais tu as peur, je le sens. Petit oiseau effarouché, laisse-moi t’apprivoiser. (...)

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lundi 16 octobre 2006
par Leina
« Oser »
Dédié à mon amie
Quand viens-tu, me demande mon amie ?
Oh, je ne sais pas. Tu vas rire, mais entre mes gros souliers et mes souliers d’été, je ne sais que choisir.
Pourquoi, me demande-t-elle ?
Sais-tu qu’il fait froid ? lui répondis-je. Et que vont penser les gens avec mon anorak et mes chaussures d’été ?
Crois-tu vraiment que les gens vont regarder tes pieds ?
Evidemment, non. Et puis zut, je pris mes souliers aérés, soudain inspirée. J’avais des ailes, ce jour-là.
J’avais osé transgresser la loi qui veut que l’on trouve des chaussures à ses pieds. (...)

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mardi 10 octobre 2006
par Leina
Repas glacé
Allo, maman, est-ce que je peux venir manger ? Bien sûr, chéri, aux heures habituelles.
Il est 11 heures à l’horloge suisse. J’ai amplement le temps de confectionner un petit quelque chose. Je chantonne, trala la, tralalère...
Il est midi. Tout est prêt. Je suis ravie. Midi cinq, personne. Midi dix, personne. Midi quinze, personne. Midi vingt, je m’installe. Je commence par la petite entrée, "une fantaisie", comme dit mon fils. Ensuite, c’est "à volonté". C’est son mot à lui pour désigner le plat de résistance. Fantaisie" engloutie, "à volonté" envolée, j’entamais le dessert, "un fondant", ce jour-là. (...)

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mardi 3 octobre 2006
par Leina
Le couloir
Il était une fois une petite fille qui ne parlait pas beaucoup. Ses parents, pourtant, s’exprimaient dans un français correct, mais elle ne les comprenait pas. C’est peut-être à ce moment-là qu’elle prit l’habitude de s’enfermer dans une bulle et de parler toute seule.
Il se passait toujours pleins de choses dans sa bulle, mais elle était la seule à le savoir. Et plus elle parlait toute seule, moins ils lui parlaient. "Elle était folle à lier", paraît-il...
Des années plus tard, il y eut cette affreuse histoire du couloir. Je ne peux pas vous raconter ce qui s’est vraiment passé. Sachez simplement que (...)

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lundi 25 septembre 2006
par Leina
Poupoun et Poupounette
Nous habitions un 40 mètres carré. Nous étions quatre à le partager, en tiers-temps, en quart temps ; c’était selon l’humeur des jours.
Et puis, il y avait Poupoun et Poupounette, tous deux très âgés. Chacun réclamant son lot de caresses. Poupounette, c’était à l’aube qu’il fallait commencer. Un jour, je surpris mon jeune fils qui lui tapait dessus : " Ca va pas non ? Qu’est-ce qui te prend ?
vas-y, me dit-il en désignant Poupounette. non, c’est toi qui va le faire et gentiment ! Eh bien, croyez-moi ou non, la chaudière s’est rallumée.
Quant à Poupoun, on pouvait attendre le petit-déjeuner, mais guère plus (...)

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lundi 18 septembre 2006
par Leina
Pourquoi bouder le plaisir de l’enfant ?
Le parc était enneigé ; pas trop, juste assez pour les enfants et les papas pressés.
Ta balle est perdue Pierre ?
Non, dit l’enfant, je la cherche...
Ça ne sert à rien, dit le papa que la volonté de l’enfant agaçait.
Comment est ta balle, dis-je à l’enfant ?
Elle est « comme ça », me fit-il avec ses deux mains. Je cherchais la « balle comme ça ».
Balle comme çà, où es-tu ?
L’enfant, amusé par cette tendre complicité, souriait. Soudain, je la trouvais, la ramassais. La neige fit le reste, elle la cala aux pieds de l’enfant.
Pierre, on rentre, on est pressé, fit maintenant le papa courroucé.
« Pressé », (...)

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mardi 12 septembre 2006
par Leina
N’ayez pas peur madame, on s’entraîne...
De quoi aurai-je peur en effet. Du fond de ma campagne je n’ai pas appris la peur. Oh, mais bien sûr, me dit une dame, vous habitez la campagne.
Non j’habite une grande ville maintenant. Et quand à minuit passé, je rentre à pied, dans les rues éclairées, je n’ai pas peur. Oh me dit une autre dame, mes deux filles ne sortent plus après 20 heures.
Je m’inquiète, je m’interroge, que se passe-t-il donc dans votre si joli canton ? Et que font vos filles madame ?
Ben tout simplement elles regardent la télé me dit-elle.
Je ne regarde plus ou presque la télé depuis longtemps. Et puis, s’il y a bien quelque (...)

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mardi 5 septembre 2006
par Leina
Pourquoi laisse-t-on enfermer nos enfants ?
Quand on entend les réflexions « France d’en bas », « karcher », la « racaille », on se dit que l’on ne fait vraiment pas partie du même monde. Savez-vous qu’un quart des détenus a entre 18 et 25 ans ? Pourquoi laisse-t-on enfermer nos enfants ? Parce qu’ils auraient volé, disent les uns...
Je ne pense pas que les plus grands voleurs se trouvent dans les banlieues. Il y en a comme dans tous les milieux, mais pourquoi laisse-t-on enfermer nos enfants ? Pourquoi les enfermer eux ? Pourquoi n’enferme-t-on pas les cols blancs, ceux qui s’enrichissent sur notre misère, ceux qui délocalisent ? Sont-ils (...)

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vendredi 28 juillet 2006
par Leina
Pourtant, là-bas, il y a la guerre...
C’est ma voisine ; comme à l’accoutumée, elle est venue à l’impromptu, sans crier gare... tout énervée. Un flot de paroles, une vraie tempête, je vous l’assure, sans douceur, sans clémence, sans nuances...
« Il paraît que, là-bas, il y a la guerre disait-elle, ils sont victimes de ... »
Mais pourquoi différencier les coupables des victimes ? Ne sont-ils pas tous et toutes des victimes ? Et puis s’il y a effectivement offense, ne faut-il pas en parler avec prudence ?
Alors, bien sûr, là-bas, il y a la guerre... comme toute guerre, elle doit cesser, c’est sûr. Il y aurait tant à dire sur les guerres, celles (...)

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vendredi 14 juillet 2006
par Leina
Parade du 14 juillet...
Leina est une nouvelle rédactrice qui nous propose des histoires courtes, parfois sous forme poétique. Si ses histoires sont sans prétention, il faut, je crois, les lire attentivement et en tirer toutes leurs saveurs ; cet auteur a le don de laisser notre imagination flâner où bon nous semble...
Cette première histoire, liée au 14 juillet est l’introduction de cet auteur. Mais elle débutera réellement à la rentrée, début septembre...
Jean Dornac
Pendant que les militaires défilaient, nous, on avait envie de se faufiler.
C’était un vendredi matin de 14 juillet. Que faisions-nous là ?
Eux, c’était (...)

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