Des cenotes du Yucatán aux volcans de la Sierra Madre : une terre sculptée par les dieux
Le Mexique est un pays que l’on imagine volontiers aride et poussiéreux, et c’est une erreur monumentale. Ce territoire immense recèle une biodiversité parmi les plus riches de la planète : des jungles tropicales aux déserts de cactus, des volcans enneigés aux récifs coralliens, des cénotes mystérieux aux canyons vertigineux. J’ai nagé dans des gouffres d’eau turquoise au milieu de la jungle yucatèque, observé des millions de papillons monarques dans les forêts de oyamel du Michoacán, fait du kayak avec des baleines grises en Basse-Californie et campé au bord d’un cratère volcanique à quatre mille mètres d’altitude. Le Mexique est un paradis naturel qui n’a rien à envier aux destinations les plus célèbres du monde. Pour le digital nomad aventurier, chaque week-end peut être une expédition inoubliable.
Les cénotes du Yucatán : plonger dans le monde souterrain maya
Les cénotes sont peut-être le phénomène naturel le plus envoûtant du Mexique. Ces gouffres naturels, formés par l’effondrement du calcaire karstique de la péninsule du Yucatán, révèlent des piscines souterraines d’une eau si cristalline qu’elle semble irréelle. Les Mayas les considéraient comme des portes vers l’inframonde, le Xibalbá, et y pratiquaient des cérémonies sacrées dont on retrouve encore les offrandes au fond de certains bassins. Il en existe plus de six mille dans la péninsule, et chacun est unique : le Gran Cenote près de Tulum, ouvert sur la jungle, où les rayons du soleil percent l’eau en faisceaux lumineux ; le Cenote Ik Kil, ce puits circulaire tapissé de lianes où l’on plonge depuis dix mètres de hauteur ; le Cenote Dos Ojos, paradis des plongeurs qui explorent des kilomètres de galeries immergées. Nager dans un cénote, c’est flotter dans un silence aquatique parfait, entouré de stalactites millénaires et de poissons translucides, en communion avec un monde que les Mayas vénéraient comme sacré. C’est l’une des expériences les plus magiques que le voyage puisse offrir.
Copper Canyon, Baja et les baleines : l’Ouest sauvage
Les Barrancas del Cobre — le Copper Canyon — sont un réseau de gorges plus vastes et plus profondes que le Grand Canyon, et pourtant infiniment moins connues. Le train Chepe, qui serpente de Chihuahua à Los Mochis à travers ce paysage titanesque, offre l’un des voyages ferroviaires les plus spectaculaires du monde : des ponts suspendus au-dessus du vide, des tunnels percés dans la roche, des panoramas qui coupent le souffle à chaque virage. Les Tarahumaras, peuple autochtone célèbre pour ses coureurs de fond légendaires, vivent dans ces gorges depuis des siècles. La Basse-Californie, cette péninsule de mille deux cents kilomètres qui s’étire entre le Pacifique et la mer de Cortez, est un autre monde : des déserts hérissés de cactus géants cardón, une côte sauvage battue par les vagues, et surtout, entre janvier et mars, le spectacle extraordinaire des baleines grises qui viennent mettre bas dans les lagunes de Guerrero Negro et San Ignacio. S’approcher en panga d’une baleine de quinze mètres qui vient frôler l’embarcation de son museau est un moment de grâce absolue.
Papillons monarques, volcans et la côte caraïbe
Chaque automne, des centaines de millions de papillons monarques achèvent un voyage de cinq mille kilomètres depuis le Canada pour hiverner dans les forêts de oyamel du Michoacán et de l’État de Mexico. Les sanctuaires, à trois mille mètres d’altitude, offrent un spectacle surnaturel : les arbres plient sous le poids de millions de papillons orange et noir, et quand le soleil réchauffe l’air, ils s’envolent par nuages entiers dans un bruissement d’ailes qui ressemble à une pluie douce. Le Mexique est aussi un pays de volcans : le Popocatépetl et l’Iztaccíhuatl, ces géants enneigés qui dominent Mexico City, le Pico de Orizaba, point culminant du pays avec ses cinq mille six cent trente-six mètres, le Nevado de Toluca dont le cratère abrite deux lacs d’altitude. La côte caraïbe, de Cancún à la Riviera Maya et jusqu’à la biosphère de Sian Ka’an, déploie des plages de sable blanc, des eaux turquoise et le deuxième plus grand récif corallien du monde. Les montagnes d’Oaxaca, la vallée d’Hierve el Agua avec ses cascades pétrifiées, les forêts de nuages du Chiapas — le Mexique offre au digital nomad une nature si diverse qu’on peut changer d’écosystème chaque week-end sans jamais quitter le pays.