Bortsch, blinis et vodka : la gastronomie russe, généreuse et réconfortante

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Bortsch, pain noir et caviar de saumon : la cuisine traditionnelle russe

La cuisine russe est une cuisine de l’hiver et de la terre — généreuse, réconfortante, pensée pour nourrir les corps et réchauffer les âmes dans un pays où le thermomètre descend à -30°C. Les soupes, les pâtés, les ragoûts et les conserves ne sont pas des choix culinaires — ce sont des stratégies de survie transformées en art de vivre. Et quand les Russes reçoivent, la table croule sous les plats : il y a toujours trop, et c’est voulu.

Le bortsch et les grandes soupes russes

Le bortsch est le plat le plus emblématique de la cuisine russe — une soupe de betteraves d’un rouge profond, enrichie de chou, de pommes de terre, de viande et servie avec une généreuse cuillerée de smetana (crème aigre). Chaque famille a sa recette, chaque grand-mère prétend que la sienne est la meilleure, et ils ont tous raison. Les chtchi (soupe au chou), l’okrochka (soupe froide d’été au kvas), la solianka (soupe aigre-salée aux viandes fumées et aux cornichons) et l’oukha (soupe de poisson) complètent un répertoire de soupes qui est le cœur battant de la gastronomie russe. En Russie, un repas sans soupe n’est pas un vrai repas.

Pelmeni, pirojki et blinis

Les pelmeni (raviolis sibériens farcis de viande) sont le plat du quotidien — préparés par centaines en famille, congelés dans la neige et cuits en quelques minutes dans l’eau bouillante. Les pirojki (petits chaussons farcis de viande, chou, pommes de terre ou confiture) sont le snack national, vendus dans chaque boulangerie et chaque gare. Les blinis (crêpes de sarrasin) se mangent avec du caviar rouge, de la smetana, du saumon fumé ou simplement du beurre et du miel — c’est le plat de fête par excellence, indissociable de Maslenitsa. Le bœuf Stroganoff, les varéniki (raviolis ukrainiens), les golubtsy (feuilles de chou farcies) et les kotlety (galettes de viande) complètent un répertoire de plats réconfortants qui font de chaque repas russe un moment de chaleur humaine.

La vodka, le thé et les zakouski

La vodka n’est pas simplement une boisson en Russie — c’est un rituel social. On ne boit pas de la vodka seul : on trinque entre amis, on porte des toasts (le premier à la santé, le deuxième à l’amour, le troisième aux absents), et on accompagne chaque verre de zakouski — ces amuse-bouches qui couvrent la table : harengs marinés, cornichons, salo (lard salé), salade Olivier, caviar sur blinis. Le thé au samovar est l’autre pilier de la convivialité russe — servi fort, avec de la confiture ou du miel, il accompagne les longues conversations qui font le sel de l’hospitalité russe. Et le kvas, boisson de pain fermenté légèrement pétillante, est le rafraîchissement de l’été russe depuis des siècles.