Le Japon est un archipel forgé par le feu. Quatre îles principales, 6 852 en tout, posées sur la « ceinture de feu du Pacifique » comme un chapelet de volcans endormis — ou pas. Ici, la terre tremble, les montagnes fument, les sources chaudes jaillissent du sol à chaque vallée. Et pourtant, au milieu de cette géologie tourmentée, la nature japonaise déploie une douceur sidérante : cerisiers en fleurs, forêts de bambous bruissantes, lacs de montagne d’un bleu minéral.
Ce paradoxe — violence tellurique et grâce végétale — a façonné l’âme japonaise en profondeur. La nature n’y est pas un décor : c’est une divinité vivante, peuplée de kami (esprits) que l’on vénère, que l’on remercie, que l’on craint. Chaque montagne, chaque rivière, chaque arbre centenaire peut être sacré. Voyager dans le Japon naturel, c’est comprendre pourquoi ce peuple a développé une sensibilité si aiguë à l’éphémère, à la fragilité, à la beauté de ce qui passe.