Itinéraire de 20 jours au Népal : de Katmandou au camp de base de l’Annapurna
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Katmandou, Pokhara, trek ABC… J’ai testé cet itinéraire en février 2026 et je vous raconte tout.
Le Népal est selon moi un des pays les plus sous-côtés que j’ai pu faire. On en parle surtout pour l’Everest et les treks, mais ce qu’on dit moins, c’est à quel point le pays est riche culturellement, et à quel point le coût de la vie permet de profiter d’un vrai confort pour quelques euros par jour. Un bon repas coûte entre 1 € et 2 €, les hébergements chez l’habitant sont chaleureux et accessibles, et les gens sont d’une sincère gentillesse.
En février 2026, j’y ai passé 20 jours — trois jours à Katmandou, quelques jours à Pokhara, puis un trek de 9 jours jusqu’au camp de base de l’Annapurna. C’est le genre de voyage qui vous change. Voici l’itinéraire complet.
Étape 1 – Katmandou (3 nuits)
Katmandou ne ressemble à rien de ce que vous connaissez. La ville est un labyrinthe de petites ruelles bondées, avec du trafic dans tous les sens, des scooters qui klaxonnent, des commerçants partout, des temples qui surgissent au détour d’un virage. C’est chaotique, bruyant, poussiéreux — et absolument fascinant.
Il y a aussi beaucoup de pauvreté, et c’est quelque chose qu’il faut avoir en tête. Si vous êtes seul, il est possible que des personnes vous accostent dans la rue pour vous demander de l’argent. Rien de dangereux — il suffit d’être clair et poli dès le début, et les gens repartent sans problème. Je n’ai eu aucun souci.
Les temples à visiter
Katmandou regorge de sites sacrés, et la bonne nouvelle c’est que les principaux sont faisables en une seule journée bien organisée, pour environ 70€ avec un guide.
- Swayambhunath (le temple des singes) : perché sur une colline à l’ouest de la ville, ce stupa bouddhiste offre une vue panoramique sur Katmandou. Le chemin pour y accéder est peuplé de centaines de singes — d’où son surnom. C’est un des lieux les plus emblématiques du Népal et un excellent point de départ pour s’imprégner de l’atmosphère spirituelle du pays.
- Pashupatinath : le temple hindou le plus sacré du Népal, situé au bord de la rivière Bagmati. C’est ici que se déroulent les crémations à ciel ouvert — un moment solennel et marquant. Le site est immense, avec des dizaines de temples secondaires et des sadhus (hommes saints) vêtus de couleurs vives.
- Boudhanath (Buddha Stupa) : l’un des plus grands stupas bouddhistes au monde. L’atmosphère est apaisante — on fait le tour du stupa dans le sens des aiguilles d’une montre au milieu des drapeaux de prière, avec le son des mantras en fond. Les cafés et restaurants autour offrent une vue magnifique sur le monument.
- Bhaktapur : ancienne cité royale à une trentaine de minutes de Katmandou, Bhaktapur est un bijou d’architecture newar. La place Durbar, avec ses temples en brique et en bois sculpté, est un véritable musée à ciel ouvert. C’est l’endroit le plus photogénique de la vallée.
- Patan : autre ancienne cité royale, juste au sud de Katmandou. Plus calme que Bhaktapur, Patan est réputée pour ses artisans et ses cours intérieures cachées. La place Durbar de Patan est tout aussi impressionnante, avec une concentration remarquable de temples et de palais.

Mes bonnes adresses
- Old Everest Mo:Mo pour goûter la spécialité népalaise par excellence — les momos (raviolis vapeur farcis). Un incontournable.
- Himalayan Java Coffee (Mandala Street) pour travailler ou se poser — excellents cafés, bons repas, et un cadre confortable pour les digital nomads.
Mes conseils
- Pour les déplacements, utilisez Pathao (l’équivalent local de Grab). C’est vraiment pas cher — quelques centimes suivant la distance. Vous pouvez choisir entre voiture et moto.
- Pour le logement, je recommande Dil’s Homestay : chambres et appartements à très bon prix, un rooftop avec une vue incroyable sur la ville, et une localisation idéale juste à côté de Thamel, un des meilleurs quartiers. Dil est en plus très sympa et pourra vous organiser un tour pour visiter les différents temples.
Étape 2 — Pokhara (3 nuits + 2 nuits après le trek)
Pokhara, c’est l’exact opposé de Katmandou. On a l’impression d’être dans un petit village de montagne, avec un lac juste à côté et les sommets enneigés de l’Himalaya en toile de fond. C’est paisible, reposant, et la vue sur les montagnes est tout simplement magnifique.
Comment s’y rendre
Je conseille de prendre l’avion depuis Katmandou — 30 minutes de vol contre 7 heures de bus sur des routes difficiles. J’ai rencontré un New Yorkais qui m’expliquait qu’il n’avait pas supporté le trajet en bus. Le vol coûte un peu plus cher mais ça vaut le coup, d’autant qu’on a une très belle vue sur les montagnes si on est assis côté droit de l’avion.
Quelques détails qui ont leur charme : à l’aéroport local de Katmandou, les compagnies affichent les check-ins des vols sur un panneau physique — pas de grand tableau électronique ici. Et ne prévoyez rien de trop serré après votre vol, les avions sont quasi systématiquement en retard.
À l’arrivée à Pokhara, vous ne pourrez pas commander de VTC en ligne — ils n’ont pas le droit de venir à l’aéroport. Prenez un taxi sur le parking et n’hésitez pas à négocier (1 000 roupies népalaises pour aller en ville est un tarif cohérent).
Mes bonnes adresses
- You and Me pour manger — leur butter masala chicken est délicieux et les tarifs sont très bons. En plus, c’est juste à côté du logement que je recommande.
- Himalayan Java (Barahi Chowk) pour travailler — même chaîne qu’à Katmandou, mais avec moins de choix côté repas.
- Dragon Mart pour acheter de la nourriture et des provisions — notamment les barres protéinées « Mountain Man » qui seront utiles pour le trek.
- BobsGym pour une bonne salle de sport (800 roupies népalaises par session)
Mon conseil logement
je recommande de séjourner chez Thupten. Il propose deux chambres magnifiquement décorées, très propres et confortables — le lit est d’excellente qualité, ce qui est exceptionnel dans ce pays. Chaque chambre a un petit balcon, et c’est un vrai séjour chez l’habitant : Thupten prépare le petit déjeuner lui-même, et c’est très bon. Il est en plus très sympathique et possède une agence pour des tours sur la vie tibétaine — je conseille d’en réserver un avec lui. La localisation est parfaite et le prix très abordable. Je recommande vraiment cet endroit.

Étape 3 — Trek vers le camp de base de l’Annapurna (9 jours)
C’est le cœur du voyage. Neuf jours de marche à travers les montagnes de l’Annapurna, des forêts de rhododendrons jusqu’au camp de base à 4 130 mètres d’altitude. C’est intense, exigeant, et c’est une des plus belles expériences de mon parcours de digital nomad.

Jour 1 : Pokhara → Birethanti (1 570 m) → Ulleri (2 020 m)
Départ en jeep depuis Pokhara jusqu’à Birethanti (~1h de route), puis début du trek. On traverse des villages comme Thikedhunga, Sudame et Hile avant d’arriver à Ulleri. Comptez 4 à 5 heures de marche. Le ton est donné.
Jour 2 : Ulleri (2 020 m) → Ghorepani (2 860 m)
La journée la plus éprouvante du début : 3 000 marches à gravir. C’est raide, mais les vues sur l’Annapurna et le Machhapuchhre (Fishtail) récompensent chaque effort. Les forêts de rhododendrons sont superbes. L’arrivée à Ghorepani, avec sa vue panoramique sur le Dhaulagiri et l’Annapurna Sud, est un vrai soulagement.
Jour 3 : Lever de soleil à Poon Hill → Chuile (2 309 m)
Réveil aux aurores pour monter à Poon Hill (3 210 m) et assister au lever du soleil sur plus de 32 sommets de la chaîne de l’Annapurna. C’est un des moments les plus spectaculaires du trek. Retour à Ghorepani pour le petit déjeuner, puis marche jusqu’à Chuile en passant par Deurali et Band Thanthi. Comptez 4 à 5 heures.
Jour 4 : Chuile (2 309 m) → Sinuwa (2 360 m)
Une journée plus tranquille à travers des forêts paisibles de rhododendrons et de chênes. L’ambiance change — on s’enfonce dans la montagne. Environ 5 heures de marche.
Jour 5 : Sinuwa (2 360 m) → Deurali (3 200 m)
La journée la plus longue : 6 à 7 heures de marche. On traverse des forêts de bambous et de rhododendrons qui s’éclaircissent progressivement à mesure qu’on prend de l’altitude. Les premières vues sur le Machhapuchhre et l’Annapurna apparaissent. On entre dans le sanctuaire de l’Annapurna.
Jour 6 : Deurali (3 200 m) → Camp de base de l’Annapurna (4 130 m)
Le grand jour. On suit la vallée du glacier de la Modi Khola, on passe devant la Hinku Cave, puis le camp de base du Machhapuchhre (3 700 m) avant d’atteindre le camp de base de l’Annapurna. On est entouré par certains des plus hauts sommets du monde — Annapurna I à IV, Dhaulagiri, Manaslu. C’est à couper le souffle. Environ 5 heures de marche.
Jour 7 : Camp de base (4 130 m) → Bamboo (2 310 m)
Longue descente de 8 à 9 heures à travers la vallée de la Modi River. Le paysage change à nouveau — on retrouve les forêts et la végétation.
Jour 8 : Bamboo (2 310 m) → Jhinu Danda (1 780 m)
Descente de 6 à 7 heures à travers des forêts de chênes et de rhododendrons. L’arrivée à Jhinu Danda est une récompense : le village est célèbre pour ses sources thermales naturelles. Après 8 jours de marche, tremper ses pieds dans l’eau chaude au milieu des montagnes, c’est un bonheur difficile à décrire. D’où le maillot de bain dans le sac.
Jour 9 : Jhinu Danda (1 780 m) → Ghandruk Phedi → Pokhara
Dernière étape : 2 à 3 heures de marche le long de la Modi Khola River, puis retour en jeep à Pokhara (~2-3h de route). Le trek est terminé.
Préparer le trek : tout ce qu’il faut savoir
Le guide
Je recommande de partir avec Pema (WhatsApp : +977-986-3374980). N’hésitez pas à lui dire que vous venez de ma part. C’est un guide tibétain qui connaît le parcours parfaitement, sélectionne les meilleures guesthouses, et est d’une gentillesse rare. Je n’aurais pas pu espérer un meilleur compagnon de route. Gros avantage : si vous partez seul avec un sac suffisamment petit, Pema peut le porter pour vous — c’était son métier de base avant de devenir guide. Croyez-moi, quand vous montez des milliers de marches, ça change tout. Pensez à lui laisser un pourboire à la fin du parcours.

La meilleure période
Fin février est selon moi le créneau idéal. C’est la fin de l’hiver, il n’y a pas encore trop de monde sur les chemins, et la plupart des guesthouses sont disponibles. Il ne fait pas non plus trop froid pour profiter du séjour. Évitez par contre la période du Nouvel An chinois — beaucoup de touristes chinois viennent à ce moment-là et les chemins sont plus fréquentés. Les autres bonnes périodes sont septembre à décembre et mars à mai.
La condition physique
Soyons honnêtes : c’est intense. Comptez 5 à 6 heures de marche par jour, avec parfois de très gros dénivelés. Un bon cardio vous permettra de profiter beaucoup plus des paysages au lieu de souffrir. Il faut aussi une bonne endurance mentale pour supporter le manque de confort sur 9 jours — comme un marathon, si vous commencez à galérer au bout de 2 jours, la suite sera très compliquée.
Le sac à dos
Prenez le minimum. Je suis parti avec un sac Borealis de chez North Face (29 litres) contenant : liseuse, batterie externe rechargeable, Smecta, paracétamol, bouteille en inox (0,8L), crème solaire (ça tape en montagne), claquettes (pour enlever les chaussures de marche une fois arrivé), maillot de bain (pour les sources thermales du jour 8), pansements, antiseptique, gel antibactérien, papier toilette, barres protéinées (« Mountain Man », disponibles à Dragon Mart), bonbons (les Mentos étaient une vraie récompense après chaque journée), jogging + t-shirt pour dormir, un gros pull, bonnet, protège-cou, serviette en microfibre, savon solide (pour laver certains habits en route), pantalon solide, pull bien chaud, quelques t-shirts, sous-vêtements et affaires de toilette (dont shampoing et dentifrice). Et surtout : une très bonne paire de chaussures waterproof. J’ai pris les Forclaz de chez Décathlon — pas chères et bien adaptées. Pema prendra normalement une veste de pluie et des crampons pour vous, mais pensez à lui demander confirmation.

L’altitude – le point le plus important
À partir d’une certaine altitude, la pression baisse et votre cerveau peut gonfler légèrement. Ça provoque potentiellement des maux de tête et des nausées. Cet effet est purement génétique — vous pouvez être en très bonne santé et vivre un très mauvais moment. Certaines personnes se font rapatrier en hélicoptère. J’ai entendu des gens se sentir très mal toute la nuit au camp de base.
Personnellement, j’allais bien en arrivant au camp vers 15h. Vers 18h, j’ai commencé à avoir un peu mal à la tête avec de légères nausées. J’ai commandé une soupe à l’ail et un thé au gingembre (l’oignon, l’ail et le gingembre aident à réduire les effets), pris un paracétamol, et je me suis couché vers 19-20h. Au réveil le lendemain à 6h, tout avait complètement disparu.
Mon conseil : prenez une assurance adaptée qui couvre l’évacuation en hélicoptère. Vous n’avez pas envie d’y penser une fois au sommet si les symptômes se manifestent.
Le confort (ou l’absence de)
Plus vous vous rapprocherez du camp de base, moins il y aura de confort. Les premières guesthouses sont correctes, mais vers la fin, attendez-vous à des toilettes turques, pas d’eau chaude (sauf parfois en supplément avec des bonbonnes de gaz), pas de chauffage, et des températures pouvant descendre jusqu’à -15°C au sommet. Pensez à prendre du papier toilette.
Pour le froid, je conseille d’emporter une petite veste coupe-vent pour les premiers jours — c’est ce qui m’a le plus manqué, car j’avais une veste trop chaude qui me faisait transpirer pendant l’effort. Par contre, au sommet, cette grosse veste m’a été très utile. Si vous partez en basse saison, vous aurez souvent une chambre avec plusieurs lits pour vous seul — l’avantage, c’est que vous pouvez prendre les couvertures supplémentaires pour la nuit.
Les repas
Les menus sont à peu près similaires d’une guesthouse à l’autre. Plus vous vous approcherez du camp de base, plus les prix augmenteront. Un conseil : évitez de commander de la viande en altitude — elle ne sera plus fraîche. De même, les bouteilles d’eau en plastique se raréfient en hauteur. Achetez des tablettes purifiantes à mettre dans votre bouteille en inox.
Le wifi et l’électricité
Bonne surprise : le wifi est disponible dans quasiment toutes les guesthouses. Par contre, les prises de courant deviennent rares en altitude — d’où l’importance de la batterie externe, à recharger dans les premières guesthouses. Pensez aussi aux bouchons d’oreilles pour certains endroits.
Le rythme
Départ le matin à 8h (petit déjeuner à 7h30), arrivée à la guesthouse suivante vers 14-15h. Le soir, la fatigue se fait sentir — je faisais des nuits de 10h.
Le budget
Comptez environ 700 € pour les 9 jours de trek, tout compris : tous les repas (sans extras), les logements, le ticket d’entrée sur le territoire, la jeep aller-retour, les douches à eau chaude, et le guide. Je n’ai eu aucun extra en dehors de ces 700 € — c’est un excellent rapport qualité-prix quand on prend tout en compte. Ce prix ne comprend pas de porteur, mais comme expliqué, Pema peut prendre votre sac si vous voyagez léger.
Mon avis final
J’ai vécu un parcours exceptionnel. Les paysages sont dingues — je me suis arrêté plusieurs fois juste pour contempler. Progresser dans la forêt en voyant les nuages rentrer dans la montagne, c’est le genre de moment qui reste gravé. Après, j’étais honnêtement très content de retrouver du confort après ces 9 jours. Mais je recommande l’expérience à tout le monde.
Pensez à garder 2 jours de repos à Pokhara après le trek pour vous remettre et profiter un peu de la ville avant de repartir.
Le budget total : combien ça coûte ?
Pour une personne et 20 jours au Népal :
| Poste | Budget approximatif |
|---|---|
| Vol Katmandou → Pokhara | 80 € |
| Hébergements (Katmandou + Pokhara) | 150 € |
| Trek ABC (9 jours tout compris) | 700 € |
| Repas hors trek | 50 € |
| Transports locaux (Pathao, taxis) | 20 € |
| Total | ~1 000 € |
C’est un des voyages les plus abordables que j’ai faits pour une expérience d’une telle intensité.
En résumé : mon itinéraire en un coup d’œil
| Étape | Durée | Temps fort |
|---|---|---|
| Katmandou | 3 nuits | Temples, momos, chaos magnifique |
| Pokhara (avant trek) | 3 nuits | Lac, montagnes, vie tibétaine |
| Trek ABC | 9 jours | Poon Hill, camp de base, sources thermales |
| Pokhara (après trek) | 2 nuits | Repos mérité |
20 jours, un trek d’altitude, et un pays qui m’a profondément marqué. Le Népal, c’est bien plus que l’Himalaya — c’est une culture d’une richesse incroyable, des gens accueillants, et un coût de la vie qui permet de vivre des expériences extraordinaires pour presque rien. Si vous cherchez un voyage qui sort de l’ordinaire, c’est ici.
Questions fréquentes — Itinéraire de 20 jours au Népal
Faut-il un guide pour le trek ABC ?
Ce n'est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Un bon guide connaît les meilleures guesthouses et vous accompagne en cas de mal d'altitude.
Le trek est-il faisable sans expérience ?
Oui si vous avez un minimum de cardio. Mais c'est 5 à 6h de marche par jour pendant 9 jours avec du dénivelé. Préparez-vous.
Quelle est la meilleure période ?
Fin février pour éviter la foule. Sinon septembre à décembre et mars à mai.
Le mal d'altitude est-il dangereux ?
Oui, potentiellement. Montez progressivement, consommez ail et gingembre, et prenez une assurance évacuation hélicoptère.
Comment se déplacer ?
Pathao à Katmandou (quelques centimes). À Pokhara, taxi à l'aéroport puis à pied.