De la baie d’Hạ Long aux rizières de Sapa : un pays sculpté par l’eau

Formations karstiques et eaux émeraude de la baie d'Hạ Long, Vietnam

La nature vietnamienne est d’une diversité stupéfiante, des pics karstiques émergeant des eaux émeraude de la baie d’Ha Long aux rizières en terrasses sculptées par des siècles de labeur humain dans les montagnes de Sapa. Ce pays tout en longueur, étiré sur plus de mille six cents kilomètres du nord au sud, offre une variété de paysages qui défie l’imagination : forêts tropicales impénétrables, plateaux volcaniques rougeoyants, deltas fertiles quadrillés de canaux, plages de sable blanc bordées de cocotiers. J’ai parcouru le Vietnam à moto, du col de Hải Vân qui surplombe la mer de Chine méridionale aux routes sinueuses de la boucle de Hà Giang tout au nord, et chaque virage révélait un nouveau tableau naturel. Le pays abrite une biodiversité exceptionnelle, avec des espèces endémiques découvertes encore récemment, comme le saola, ce mystérieux bovidé des forêts annamitiques surnommé la licorne asiatique. Pour le nomade digital en quête de grands espaces, le Vietnam est un terrain de jeu inépuisable.

La baie d’Ha Long et les merveilles karstiques

La baie d’Ha Long, avec ses quelque deux mille îlots calcaires dressés comme des sentinelles au-dessus d’eaux jade, est l’un de ces paysages qui vous laissent sans voix. La légende raconte qu’un dragon descendit du ciel et cracha des joyaux qui se transformèrent en îles pour protéger le pays des envahisseurs. Au-delà du site principal, souvent bondé de jonques touristiques, la baie voisine de Lan Ha et l’île de Cát Bà offrent des versions plus sauvages et préservées du même spectacle géologique. Les grottes de Phong Nha-Kẻ Bàng, dans le centre du pays, abritent Sơn Đoòng, la plus grande grotte du monde, si vaste qu’elle possède sa propre forêt tropicale et son propre système météorologique. J’ai exploré les grottes accessibles en kayak, pagayant dans des cathédrales souterraines où les stalactites brillaient comme du cristal à la lumière de ma frontale — un souvenir gravé à jamais.

Rizières de Sapa et hauts plateaux du centre

Les rizières en terrasses de Sapa, sculptées à flanc de montagne par les minorités ethniques Hmong et Dao, sont parmi les plus spectaculaires d’Asie. En septembre, quand le riz mûrit et dore sous le soleil, les vallées se transforment en cascades d’or qui descendent jusqu’au fond des gorges. La boucle de Hà Giang, tout au nord, est encore plus sauvage : des routes vertigineuses taillées dans la roche, des villages accrochés aux falaises, des marchés colorés où les femmes en costumes traditionnels vendent des épices et du miel de forêt. Les hauts plateaux du centre, autour de Đà Lạt et Kon Tum, offrent un Vietnam méconnu de plantations de café, de cascades cachées et de forêts de pins où la fraîcheur de l’altitude est un luxe bienvenu après la chaleur des plaines. En tant que nomade, j’ai posé mon laptop dans un café de Đà Lạt perché à mille cinq cents mètres, fenêtres ouvertes sur la brume, et j’ai compris pourquoi les Français en avaient fait leur station de villégiature.

Le delta du Mékong et les trésors côtiers

Le delta du Mékong est un monde aquatique fascinant où la vie s’organise autour de l’eau : marchés flottants de Cái Răng où les barques débordent de fruits tropicaux, vergers de manguiers et de durians accessibles en sampan, villages sur pilotis où les enfants plongent dans les canaux en riant. C’est le grenier à riz du Vietnam, un labyrinthe de rivières, de canaux et d’arroyos où la frontière entre terre et eau se brouille. La côte vietnamienne, longue de plus de trois mille kilomètres, recèle des plages sublimes encore épargnées par le tourisme de masse : la baie de Quy Nhơn, les dunes de sable de Mũi Né, les îles de Côn Đảo où les tortues marines viennent pondre. L’île de Phú Quốc, au large du Cambodge, offre des fonds marins exceptionnels pour le snorkeling et des couchers de soleil qui embrasent tout l’horizon. Pour le digital nomad, ces havres de paix sont autant de bureaux à ciel ouvert où le bruit des vagues remplace celui de la climatisation.