Assurance & santé : le guide complet du digital nomad
18 février 2026 5 min de lecture
Un ami nomade s’est cassé la cheville en descendant d’un scooter à Bali. Urgences, radio, chirurgie, dix jours d’hôpital, rééducation : facture totale de 18 000 euros. Sans assurance, il aurait dû payer de sa poche — ou lancer un GoFundMe humiliant. Avec SafetyWing, il a payé 250 dollars de franchise et l’assurance a couvert le reste. Cette histoire m’a convaincu une fois pour toutes : l’assurance santé n’est pas une dépense, c’est la dépense la plus rentable de votre vie de nomade. Voici tout ce que j’ai appris en six ans de consultations médicales sur quatre continents.
Pourquoi une assurance voyage classique ne suffit pas
Les assurances voyage classiques (celles incluses avec votre carte bancaire ou achetées pour les vacances) sont conçues pour des séjours de deux à quatre semaines. Elles ne couvrent pas les séjours de longue durée, excluent souvent les activités professionnelles à l’étranger, et les plafonds de remboursement sont trop bas pour des soins sérieux. Votre carte Visa Premier, par exemple, couvre les 90 premiers jours de voyage pour les frais médicaux urgents — mais pas un suivi dentaire, pas une consultation de routine, et pas votre matériel informatique volé dans un café. En tant que digital nomad, vous avez besoin d’une couverture longue durée, sans date de fin fixe, qui fonctionne dans plusieurs pays successifs, et qui inclut des garanties adaptées à votre mode de vie : rapatriement médical, responsabilité civile, et idéalement la téléconsultation.
SafetyWing : le choix populaire des nomades
SafetyWing Nomad Insurance est devenu l’assurance par défaut de la communauté nomade, et pour de bonnes raisons. À environ 45 dollars par mois (le prix augmente avec l’âge), c’est l’option la plus abordable du marché. Pas de contrat fixe : vous pouvez activer et désactiver la couverture à tout moment, mois par mois. La couverture inclut les frais médicaux d’urgence jusqu’à 250 000 dollars, avec une franchise de 250 dollars par période. Elle couvre 180 pays et inclut même un mois de couverture dans votre pays d’origine par trimestre — pratique quand vous rentrez voir la famille. Les limites : la couverture dentaire est minimale (urgences seulement), le processus de réclamation peut être lent (comptez 2-4 semaines), et les soins de routine ne sont pas couverts. SafetyWing est idéal pour les jeunes nomades en bonne santé qui veulent un filet de sécurité à prix mini.
Genki : le sérieux allemand
Genki, basé en Allemagne, propose le plan World Explorer qui monte en gamme par rapport à SafetyWing. Adossé à des assureurs européens (DR-WALTER), il offre une couverture plus complète : soins de routine, santé mentale, maternité sur certains plans, et des plafonds de remboursement plus élevés. Le tarif varie entre 40 et 80 euros par mois selon votre âge et le niveau de couverture choisi. Le processus de réclamation est numérique et efficace, avec un remboursement généralement sous 10 jours ouvrés. Genki fonctionne particulièrement bien en Asie et en Europe, où les réseaux de soins partenaires sont bien développés. C’est mon choix recommandé pour les nomades de plus de 35 ans ou ceux qui veulent une couverture plus sérieuse que le minimum vital.
La CFE : l’option française
La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) permet de maintenir votre couverture sociale française depuis l’étranger. C’est l’option la plus chère (200 à 400 euros par mois selon votre âge et votre situation), mais aussi la plus complète : prise en charge des conditions préexistantes, continuité de vos droits à la Sécurité sociale, accès direct au système de santé français quand vous rentrez. Si vous avez une maladie chronique, des traitements en cours, ou une famille, la CFE peut valoir son prix. Combinée avec une mutuelle complémentaire (environ 30-60 euros de plus par mois), vous obtenez une couverture quasi totale partout dans le monde. C’est la formule que je conseille aux nomades qui prévoient de rentrer régulièrement en France ou qui ont des besoins médicaux spécifiques.
Santé au quotidien : mes conseils pratiques
Constituez une trousse de pharmacie de base avant de partir : paracétamol, ibuprofène, anti-diarrhéique (Imodium), pansements, antiseptique, antihistaminique, et vos médicaments habituels avec l’ordonnance en anglais. Pour les vaccins, consultez un centre de vaccination internationale au moins deux mois avant le départ : hépatite A et B, typhoïde et rage sont recommandés pour l’Asie et l’Afrique. Pour trouver un médecin fiable à l’étranger, ma méthode est simple : les avis Google Maps, les groupes Facebook d’expats locaux, et les listes de médecins des ambassades. La téléconsultation est devenue mon premier réflexe pour les problèmes non urgents — SafetyWing et Genki proposent tous deux ce service. Gardez toujours une photo de votre carte d’assurance, de votre passeport, de vos ordonnances et de votre carnet de vaccination dans un dossier cloud sécurisé.
Mon setup personnel
Après avoir testé plusieurs configurations, voici celle que j’utilise aujourd’hui : SafetyWing comme couverture de base mondiale (45 $/mois), complétée par l’assurance de ma carte bancaire pour les 90 premiers jours de chaque voyage. Quand je suis en France, je bénéficie de la couverture SafetyWing pour le mois inclus, plus mon ancienne mutuelle que j’ai conservée (30 €/mois). Budget total : environ 80 euros par mois pour une couverture qui me protège dans 180 pays. C’est moins cher qu’un dîner dans un bon restaurant — et infiniment plus utile le jour où vous en avez besoin. Mon dernier conseil : ne faites pas l’impasse sur la santé dentaire. Faites un check-up complet avant de partir, et si vous avez besoin de soins importants, la Thaïlande (Bangkok) et la Hongrie (Budapest) offrent des soins dentaires de qualité internationale à une fraction du prix français.