Élevé au médoc

jeudi 27 mai 2010
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Vous vous rappelez, c’était il y a trente ans : le scandale du veau aux hormones. Pour que les braves bêtes poussent plus vite, les éleveurs les piquouzaient à coups d’anabolisants avec la complicité de vétérinaire véreux.


Depuis, on nous a juré que plus jamais on ne verrait débarquer dans notre assiette une côtelette farcie de médocs interdits. Eh bien ca n’est pas encore tout à fait ça. À Dijon, le tribunal correctionnel a sur les bras un drôle de trafic de médicaments vétérinaires interdits. Une affaire sur laquelle la filière viande s’est gardée de battre le tambour.

Six vétérinaires d’une clinique du coin sont accusés d’avoir prescrit à des éleveurs, et ce pendant des années, une médecine interdite aux animaux de boucherie. En perquisitionnant dans ladite clinique, les enquêteurs sont tombés sur des tas d’ordonnances que les six vétos envoyaient par fax à des éleveurs de poulets et de bœufs sans même voir les animaux. Parmi les substances, des anti-inflammatoires, lesquels permettent de refiler à l’abattoir des animaux malades en trompant les contrôles.

D’après l’enquête, entre 12 et 15 000 ordonnances non conformes auraient ainsi été expédiées chaque année, avec à la clé un bénéfice de 6 millions d’euros par an. Un manège qui aurait duré au moins six ans, jusqu’à ce qu’en 2006 la justice y mette son nez. Les vétos avaient vu les choses en grand. Pour répondre à la demande, il stockaient les médicaments dans un entrepôt de 700 m² où s’activaient cinq magasiniers. À l’audience, les six ont raconté qu’ils faisaient de la prévention et pas du soin, et que dès lors une ou deux visites par an dans les élevages suffisaient pour envoyer ensuite par fax les ordonnances sans revoir les animaux. Allant jusqu’à préciser que c’était même un moyen d’éviter que les éleveurs ne fassent n’importe quoi avec les médicaments, en particulier les antibiotiques !

Enfin, ils ignoraient que les autorisations de mise sur le marché avaient été modifiées, même si cela faisait cinq à dix ans que lesdits médicaments jugés dangereux pour la santé humaine n’avaient plus droit de cité dans la gamelle des animaux de boucherie. Ce qui a poussé une association de défense des consommateurs, la CLCV, à se porter partie civile.

La moutarde est aussi montée au nez du proc’ de Dijon, qui a requis le maximum : 2 ans de prison et 10 000 euros d’amende. On attend avec impatience le verdict, ce 27 mai. Vous reprendrez bien un peu de médoc pour accompagner la viande...

Le Canard Enchaîné N° 4674 du 26 mai 2010


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Commentaires

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Élevé au médoc
dimanche 30 mai 2010 à 15h29 - par  jeans

10.000 €uros d’amende pour un bénéfice illégal de 6.000.000 d’€uros pendant 6 ans : où est le risque ?? Ce n’est vraiment pas dissuasif !

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