Le soulèvement de la jeunesse oubliée des banlieues françaises...

jeudi 9 novembre 2006
par  Jean Baumgarten
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Depuis les évènements de Clichy sous Bois de la fin octobre, les émeutes de jeunes se sont déclenchées dans toute la France, et ont pris au dépourvu :

- La presse écrite et audiovisuelle. Le gouvernement.
- le chef de l’Etat Jacques Chirac, qui a communiqué le 6 novembre à la presse « qu’il s’exprimerait quand il aurait quelque chose à dire » montrant son culot et son incompétence !

Le soulèvement de la jeunesse oubliée des banlieues françaises et les tâches du mouvement politisé. Depuis il a laissé à Villepin le soin de le représenter pour mettre en avant sa nouvelle politique sécuritaire scandaleuse ( on s’appuie sur une loi datant de la guerre d’Algérie -1955- et de nouveau on gomme les banlieues « chaudes » de la carte et on en fait des zones de non-droit : comme l’était bien entendu l’Algérie à l’époque !!! )
Ne parlons pas des mesures sociales et économiques annoncées pour les dites banlieues : ce ne sont que promesses creuses et « communication » (promesses non-chiffrées et aléatoires) dont on a l’habitude avec ce gouvernement d’incapables !

- Les syndicats ( qui ont d’autres chats à fouetter...)
- Et enfin la gauche officielle, celle qui a voté "oui" le 29 mai dernier et qui ne sait plus à quels saints se vouer : elle essaie de trouver des justifications à l’absence de ... sa politique en direction de la jeunesse "défavorisée" qu’elle a conduite sous le règne de Mitterrand et sous celui de Jospin !
- Même le parti communiste français, dans un tract sorti le 7 novembre, se sent obligé de mettre les jeunes des banlieues de côté, comme des pestiférés ! Et oublie de réclamer la première des choses : la démission immédiate de Jacques Chirac !
Personne n’attendait, dans la situation actuelle marquée par une crise rampante des institutions, par une lassitude et une colère des chômeurs, des pré-retraités des petites gens, des enseignants, et de toutes les catégories sociales menacées soit par des licenciements soit par la privatisation de leur lieu de travail, que survienne cette explosion de la jeunesse mal aimée dans ce pays !

Et s’il est vrai que cette jeunesse inexpérimentée, sans soutiens majeurs, en proie à une colère et une rage immenses, se laisse aller quelque fois à des gestes "condamnables", tous les objectifs fixés par elle :

- les écoles.( Oui je dis bien les "écoles")
- les bus.
- les lieux publics.
- les entreprises.
- les restaurants (Mac-do).
- les Mairies. etc.etc.
sont des lieux qui à un degré ou à un autre représentent cet Etat qui a fait faillite dans la gestion de leur vie, de celle de leurs parents, depuis une trentaine d’années.
En 2.002 j’ai fait paraître un livre aux éditions la Fabrique ( mais il est épuisé, suite à l’incendie des Belle Lettres où il était stocké.) Je racontais, suite à une garde à vue de 23 heures que j’avais subie, ce qui s’était passé durant le réveillon de 1998 dans différentes banlieues, à savoir la mise à feu de centaines de véhicules par des jeunes survoltés ...

Ce qui se passait donc déjà en 1998 (sous le gouvernement de Lionel Jospin), nous le voyons encore plus fortement aujourd’hui :
à quand la jonction des luttes du mouvement des travailleurs, des lycéens, des étudiants, des chômeurs, des travailleurs, avec ce mouvement des banlieues ?

Quelques perspectives allant dans le sens d’une unification des luttes des jeunes des banlieues :
Je ne crois pas, bien entendu, que ce qui se passe aujourd’hui va permettre de " casser l’Etat bourgeois" : mais ce mouvement des jeunes des banlieues apporte la preuve et l’exigence d’une solution radicale qui désormais s’impose dans notre pays. Il faut que les organisations, les groupes d’organisation, les comités, les syndicats et fractions de syndicats, les inorganisés qui se sont regroupés durant la préparation du vote "non" au referendum appellent tous clairement à la démission de cet incapable de Chirac, qui de toutes manières depuis le 29 mai a été déclaré illégitime !

Il faut que les luttes lycéennes, étudiantes, reprennent et tentent de faire la jonction avec les luttes des jeunes de banlieue ! Il est impossible d’attendre le printemps de 2.007 ( les élections présidentielles) pour sortir le pays de la crise dans laquelle il s’enfonce !

Il faut appeler dès maintenant à une candidature unique de la gauche, la vraie gauche du non au referendum pour se tenir prêts ( y compris dans une perspective d’élections présidentielles anticipées). Il faut comprendre que les petits jeux au sein du parti socialiste sont joués dès maintenant avant le congrès du 18-19 novembre, et que Hollande, Strauss-Kahn and co auront la majorité ! (Que les minorités du P.S.en tirent dès maintenant toutes les conclusions qui s’imposent...)

Il faut clairement comprendre que la voie d’une solution de grande ampleur à la crise de la société française ne passe plus du tout par le parti socialiste (à supposer qu’elle ait pu un jour y passer...)
Il faut faire comprendre aux jeunes des banlieues qu’ils ont leur place dans un grand mouvement de constitution d’une force politique anticapitaliste qui seul pourra réellement régler des problèmes qui ne sont pas seulement les leurs !

Ce mouvement est à l’ordre du jour dans toute l’Europe, mais le rejet du referendum par la France le 29 mai dernier a donné un rôle moteur, un espace privilégié, à la France.

Enfin il faut absolument que la gauche (la vraie) passe à l’offensive sur la question de la Palestine, une question qui intéresse bigrement une grande majorité des jeunes des banlieues : il faut boycotter les produits israéliens qui arrivent en France, il faut exiger l’arrêt des conditions d’entrée " privilégiées" dans le marché commun des produits israéliens, comme l’avait demandé le parlement européen en avril 2.002, avec évidemment le non respect des décisions du parlement européen par la Commission européenne !

Enfin il faut absolument que le non de « gauche » détermine dans les semaines qui viennent quel sera son candidat commun aux élections présidentielles françaises qui ne sauraient tarder : un tel candidat unique (qui ne sera pas socialiste mais qui pourrait -par exemple- s’appeler José Bové) aura la chance exceptionnelle d’arriver en tête au premier tour de l’élection présidentielle et de vaincre assurément au second tour.

Jean Baumgarten


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