Roselyne Bachelot, la rupture tardive

vendredi 22 juin 2012
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Par Marine Turchi

« Il a complètement tort, mais nous ne pouvons pas le dire ! » a dit tout bas Alain Juppé. Ce 14 mars, en pleine campagne présidentielle, le maire de Bordeaux assiste à la réunion des parlementaires de la majorité autour de Nicolas Sarkozy. Et « l’inclinaison droitière de ses analyses politiques » « hérisse » certains ténors de l’UMP. Comme Bruno Le Maire, qui fait part en privé de ses « inquiétudes » et de son « pessimisme ». Ou Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s’écrie, au QG de campagne, qu’elle en a « marre de Patrick Buisson ». Il y a aussi ce bureau exécutif de l’UMP, le 10 mai : Roselyne Bachelot plaide en faveur du Front républicain, François Fillon lui glisse un « discret “bravo” ».


Ces critiques, ces doutes, aucun ne les a dits publiquement. Pendant la campagne, rien, ou pas grand-chose, n’a filtré en “on”. Il faut attendre le 20 juin pour les lire sous la plume de Roselyne Bachelot, qui publie À feu et à sang, (Flammarion), le récit d’une « campagne hystérique ». L’ancienne ministre (de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans, de Jacques Chirac pendant deux ans) le rapporte d’autant plus librement qu’elle a, depuis, choisi de ne pas briguer un sixième mandat de député. Ces dernières années, cette proche de François Fillon a fait entendre sa différence au sein de sa famille politique (sur le Pacs, le mariage homosexuel, les droits des femmes par exemple). Aujourd’hui, elle le dit, sur 260 pages et sans ambages : cette « droitisation » est « une faute sur le fond, une erreur sur la forme ». Mais comme les autres, elle a – outre sa position en faveur du Front républicain – opportunément reporté ses critiques à l’après-législatives. Pourquoi cette « résignation » – qu’elle appelle « sagesse » mais qu’on pourrait nommer “manque de courage” ? C’est l’une des nombreuses questions que Mediapart avait prévu de poser à Roselyne Bachelot, lors d’un entretien qu’elle a annulé à la toute dernière minute.

Dans ses « carnets secrets » tenus entre novembre et mai dernier, l’ancienne ministre de la cohésion sociale raconte les coulisses d’une campagne droitière et « désorganisée », qui a mené à l’échec du 6 mai. Un « échec » qu’elle compare « à la délivrance d’un malade condamné ». Lorsque, le soir du second tour, à Matignon, elle prend connaissance des tendances de vote, elle « suggère une tournée générale » de Champagne, « partagée entre abattement et soulagement », dit-elle. Sarkozy est décrit comme un « étranger » qu’elle ne reconnaît plus. « (En 2007) il plaidait pour une France ouverte, libre, diverse, pour l’islam de France, et la discrimination positive. Il n’excluait pas. Il dialoguait, il n’opposait pas. Il rassemblait, il prônait l’acceptation de l’autre et la France métisse qui respecte les droits de chacun. Il rêvait de l’ouverture sur le monde et se présentait comme étant de “sang mêlé”. Pourquoi diable Sarkozy a-t-il renié Sarkozy ? » interroge-t-elle, déplorant qu’il « refuse le mariage homosexuel » « laisse certains stigmatiser les plus vulnérables » ou revient « sur la gratuité et l’anonymat de la contraception pour les mineures » pour « séduire la frange conservatrice de son électorat ».

Mais ce « glissement idéologique », Bachelot l’impute à «  l’influence néfaste » de « communicants » et « conseillers » « coupés du réel » qui ont « fait le vide autour de Sarkozy ». En cause notamment, la « bête à trois têtes » : Patrick Buisson, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant. « Le président s’est retiré en vase clos avec ses âmes noires », il « n’écoute que lui-même et ses conseillers ultra-conservateurs », accuse-t-elle. L’ancienne ministre pointe du doigt « le souci obsessionnel » des conseillers de Sarkozy « de tout maîtriser », jusqu’à « transformer les visites prétendument de terrain en des simulacres de rencontres aseptisées ». Une « mise en scène savamment orchestrée » qu’elle décrit maintes fois. « Les déplacements du président sont toujours organisés méthodiquement pour lui éviter une franche confrontation avec les “vraies gens”. On se hâte de faire le vide dans la commune concernée (...) On ne laisse sur place que quelques centaines de militants UMP rassemblés dans une salle municipale et tout disposés à faire la claque. Nicolas Sarkozy trouve cette organisation bien huilée formidable, car rassurante. »

Nicolas Sarkozy, un « homme seul »

Exemple : le meeting de la Concorde. En 2007, la soirée de sa victoire était déjà « triste, ratée, ringarde », un condensé de « toutes les erreurs à ne pas commettre ». En 2012, c’est un échec et la foule y est « clairsemée ». « Cette liesse dont il rêverait qu’elle soit populaire et spontanée, alors même qu’elle n’est pas massive et authentique, réchauffe peu. (...) Il apparaît comme un homme seul, retranché derrière des barrières, caché par ses gardes du corps. Lorsque Nicolas Sarkozy commence son discours en disant que le peuple de France est venu à sa rencontre, alors qu’il a fallu faire venir des cars entiers de militants, on a du mal à y croire »...

(Suite de l’article sur mediapart.fr


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Brèves

Appel de la Fédération des Maladies Orphelines

dimanche 5 octobre 2008

Nous avons reçu un mot de la FMO (fédération des maladies orphelines).

Roselyne Bachelot veut mettre un terme au Plan "Maladies Rares", et le
seul moyen de faire changer les choses c’est d’obtenir au mois 100 000
signatures.

Cela ne marche que par internet. Il faut aller sur le site, et signer,
c’est gratuit et ça prend une minute seulement.

Il reste peu de temps et on a que 30 000 signatures pour le moment.

Un grand Merci de bien vouloir nous aider, et faire circuler ce mail à un
maximum de personnes.

La pétition est ici : fmo-pétition

L’argent des chômeurs...

samedi 4 octobre 2008

Heureusement que le chômage est là pour fournir du travail aux bureaux d’études.

France-Emploi devrait naître, en janvier prochain, de la fusion de l’A.N.P.E. et de l’Unedic. Mais, sans attendre cette échéance, son futur président vient de confier des missions à trois cabinets de conseils pour un montant total compris entre 15 et 25 millions d’euros. L’un de ces cabinets, BPI Group, s’est spécialisé dans "l’out-placement", c’est-à-dire les plans sociaux de grande ampleur. Il lui reste à faire ses preuves dans le reclassement, mais, grâce à la générosité du service public de l’emploi, cette tâche ne devrait pas se révéler insurmontable.

Le deuxième heureux élu a pour patron le président de la commission économique du Medef. Quant au troisième, il été dirigé, jusqu’à l’an dernier, par un ancien conseiller d’Eric Woerth. Les chômeurs peuvent être rassurés : leur argent sera bien utilisé.

Le Canard Enchaîné

Christine Boutin encourage les maires délinquants

jeudi 31 juillet 2008

L’avant-projet de loi sur le logement présenté aujourd’hui au Conseil des Ministres par Christine Boutin va contribuer à vider de sa substance le « droit opposable au logement » qui avait été imposé aux pouvoirs publics par les mobilisations. Non seulement les engagements financiers de l’État tels qu’ils sont annoncés ne permettront pas la construction du nombre de logements sociaux nécessaires, mais encore certaines mesures visent explicitement à accélérer les expulsions ! Enfin, cerise sur le gâteau, le projet modifie la loi SRU en permettant aux maires d’inclure les logements d’accession «  sociale » à la propriété dans le quota de 20% de logements sociaux obligatoires. Alors que, pour les ménages les plus modestes, principales victimes de la crise du logement, l’accession à la propriété – même « sociale » - est, bien évidemment , une solution hors de portée. Cette mesure est, en réalité, un encouragement aux maires qui, malgré la loi SRU, refusaient la construction de logements sociaux locatifs dans leurs communes.

La LCR rappelle que de véritables solutions à la crise du logement passent par un effort financier public sans précédent, la réquisition des logements vides et l’inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi.

lcr-rouge

Grévistes de la faim en rétention à Vincennes

jeudi 21 février 2008

Communiqué des grévistes de la faim
du centre de rétention de Vincennes,
le mercredi 20 février 2007

Nous avons l’honneur de vous informer que l’on vit une situation très
difficile et catastrophique. Le manque de la moindre des choses, la
nourriture, les chambres sans chauffage, pas d’eau chaude, l’hygiène,
les provocations des services de l’ordre et la chose la plus
importante : la privation de notre liberté. Dans le centre de rétention
des chambres ont été incendiées. Un coran a été déchiré par les CRS. On
a pas eu de réponse satisfaisante à notre égard de monsieur le procureur
de la république. Après notre témoignage, c’est comme si rien ne s’était
passé. Quand nous sommes malades, les médecins ne nous donnent que du
doliprane et des cachets pour dormir. On a 90% des détenus qui sont
musulmans, ils nous servent de la viande pas hallal. Après trop de
demande et des grèves, personne ne nous a écouté. Le manque de
courtoisie bien que nous sommes dans un centre de rétention et pas
pénitentiaire, mais c’est le contraire qu’on subit et de cela on garde
un sentiment de mépris.

Pour toutes ces raisons nous demandons à tous les medias qu’ils soient
au courant et qu’ils écoutent les témoignages des retenus. Nous exigeons
notre libération et nous commençons une grève de la faim qui durera un
délai de 4 jours. Notre place n’est pas ici mais dehors.

Les grévistes de la faim du centre de rétention de Vincennes

(texte dicté au téléphone depuis le centre de rétention de Vincennes)

fermeturetention

Sarko pour le fun...

mercredi 23 janvier 2008

Faites-vous le délicat plaisir d’entendre Nicolas Sarkozy plaider avec grande conviction en faveur d’un référendum pour l’Europe. C’est irrésistible et ça donne envie de se la passer en boucle :

video.google.fr

Interventions !!

vendredi 7 septembre 2007

Bonjour,

Hier soir, au journal TV du soir, on a pu assiter à l’intervention courroucée de Mme la Ministre des Droits de l’Homme, suite à l’expulsion manu-militari de sans-papiers à Aubervilliers.

Cette commune, comme se l’est empressée de le citer Mme la Ministre, est dirigée par un "Maire Communiste", si ! si ! je vous assure, communiste, comme si cela avait valeur de "gros mot" dans sa bouche UMPiste.

Elle a donc trouvé cela indigne, certainement de notre République, de devoir expulser ces hommes et ces femmes déjà au bord du gouffre de la misère.

Je ne sais toujours pas si elle a fait aussi un rapport à son Président sur la brutalité policière à laquelle ces gens ont été soumis ou si son indignation portait uniquement sur la Mairie Communiste !!

De qui se fout-on, on a pourtant jamais aperçu cette dame dans un avion d’Air-France, lors de ces expulsions, ou certains passagers sont intervenus, scandalisés qu’ils ont été là aussi par les brutalités des sbires de ce même Président, aux bourrelets disgracieux gommés par les photographes serviles de cette presse à ses bottes.

A qui donne-t-elle des leçons, cette dame, car comme sa collègue de la Justice, son appartenance à une catégorie jusqu’ici ignorée des politiques, je veux parler des gens de couleur, n’empêche pas la bêtise, l’arrivisme à tout prix, la soif de ce pouvoir qui caractérise son Petit Chefaillon, et au risque de passer pour un "raciste" que je ne suis pas, la race ne protège aucunement de la Connerie.

Ce matin l’autre "boutefeux" Hortefeux, de sinistre passé d’extrême-droite, est parti en Guyane régler le problème de l’immigration. Peut-être envisage-t-il la réouverture de Cayenne, genre Guantanamo à la mode frenchie, pour tous ces pauvres hères à qui on fait encore miroiter le mirage de l’Europe Humaniste et Accueillante !!

Alors quand ces "personnages" arrêteront de jouer aux pompiers de service comme le fait une fois encore leur Nain de Jardin Elyséen, peut-être commencerons-nous à nous occuper sérieusement de cette immigration qui ne déplait pas à tout le monde et qui en enrichit quelques uns.

Bonne journée à toutes et à tous.
G.Lecoq .