Un héritage explosif

Reçu de Maritza
vendredi 2 mars 2007
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Réouverture du dossier des essais nucléaires français en Algérie et vive inquiétude du haut commandement algérien, qui aurait, même après l’indépendance, donné son feu vert.
par Malika Rededal

Cette semaine on a reparlé des essais nucléaires de l’armée française dans le Sahara même si se sujet, presque tabou aussi bien en Algérie qu’en France, est loin d’avoir livré tous ses secrets. On estime qu’entre 1960 et 1966, quelques 17 essais nucléaires ont été effectués dans ces régions lointaines, loin des regards mais suffisamment proches des populations pour que reste posée la question des effets de ces essais sur les habitants, la faune et la flore.

L’Algérie indépendante n’ayant jamais osé ouvrir ce dossier pour demander des comptes à la France dont la responsabilité est totalement engagée, comme se sont époumonnés à le rappeler d’anciens appelés de l’armée française, des scientifiques se sont réunis à Alger la semaine dernière pour en débattre avec des historiens algériens. À cette occasion et c’est une première, l’Algérie a permis une visite à In Ekker dans la région de Tamanrasset où, écrit l’envoyé spécial de l’Humanité « Dans ce mont de granit, entre le 7 novembre 1961 et le 16 février 1966, l’armée française a fait exploser treize bombes nucléaires. Dont certaines ont répandu des particules radioactives hors de leur tunnel. »Sur Euronews aussi il en était question, et une image a choqué, marqué les esprits, celle de cet appareil mesurant la radioactivité qui s’est subitement emballé à l’approche de ce site, témoignant de la présence encore vivace, cinquante ans plus tard, d’une radioactivité importante.

Que l’ancienne puissance coloniale n’ait eu aucun scrupule à mettre en danger des populations « indigènes », en Algérie comme en Polynésie, n’étonne guère, en revanche ce qui est plus choquant c’est le rôle douteux de l’Algérie après l’indépendance dans la gestion de ce dossier. Du bout des lèvres, Réda Malek, ex-chef du gouvernement mais surtout négociateur des accords d’Evian entre 61 et 62, reconnaissait il y a quelques années que la partie algérienne à ces négociations avait cédé aux négociateurs français le droit de continuer ses essais… y compris après l’indépendance. Nul ne sait ce que furent ces essais durant cette période qui, s’y l’on en croit les informations publiées sur ce sujet épineux, ne prirent fin… qu’avec la mort du président Boumediène grâce au président Chadli Benjedid qui aurait alors refusé de reconduire ces accords. Autrement dit, entre 1962 et 1979, soit pendant 17 ans, l’armée française a continué ses petits trafics, abandonnant le nucléaire au profit d’expériences sur des armes chimiques notamment, et ce dans la plus grande opacité mais avec l’accord des autorités algériennes.

C’est sans doute ce qui explique la répugnance des autorités algériennes a ouvrir sérieusement ce dossier entre l’Algérie et la France, au risque de laisser encore pour des générations cet héritage explosif.

Source : bakchich.info


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