Espace de travail : pourquoi il faut travailler moins

jeudi 30 juin 2016
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Par Rachida El Azzouzi

Alors qu’une nouvelle manifestation est prévue ce mardi 28 juin contre la loi sur le travail, que le Sénat doit voter dans une version “hard” mettant fin aux 35 heures, « Espace de travail », l’émission sociale de Mediapart, s’intéresse à la réduction du temps de travail, que la sociologue Dominique Méda et l’économiste Pierre Larrouturou entendent remettre au cœur du débat public.

Porter dans l’air néolibéral du temps la réduction du temps de travail à l’instar de la CGT, le principal syndicat de salariés en France, qui prône la semaine de 32 heures, c’est se risquer à être pris pour un illuminé irréaliste. L’heure n’est pas à la semaine de quatre jours, au travailler moins pour travailler tous, mais à l’allongement de la durée du temps de travail, au travailler plus. À droite mais aussi à gauche, on veut en finir avec les 35 heures, cette passion française qui serait responsable de tous les maux de notre économie. En témoigne le projet de réforme du Code du travail tant décrié, à l’origine depuis quatre mois du conflit social le plus long et le plus dur du quinquennat Hollande. À l’appel de sept organisations syndicales (CGT, FO, Solidaires, FSU, UNEF, FIDL, UNL) et à l’heure où le Sénat doit voter le projet de réforme, une nouvelle manifestation (sur laquelle n’a pesé cette fois aucune menace d’interdiction) est prévue ce mardi 28 juin à Paris de Bastille à place d’Italie (à 14 heures).

Après près d’un mois d’examen au Sénat en commission des affaires sociales puis en séance publique, la droite majoritaire a profondément remanié le texte. Elle est revenue à sa version initiale en pire, prévoyant des semaines de 48 voire 60 heures, des journées de 10 heures dès 14 ans pour les apprentis ! La base de référence de 35 heures par semaine a été supprimée par les amendements du Sénat. Le nombre d’heures travaillées serait décidé par accord d’entreprise, et, à défaut d’accord, la durée de référence serait fixée à 39 heures par semaine si le Sénat (qui vote ce mardi 28 juin) puis l’Assemblée nationale (qui reprend en deuxième lecture le texte à partir du 5 juillet) approuvaient cette nouvelle version. « Une impasse dramatique », estiment la sociologue du travail Dominique Méda et l’économiste, cofondateur de Nouvelle Donne, Pierre Larrouturou. Ensemble, ces deux farouches partisans de la réduction du temps de travail – qui ont signé l’appel récent de 150 personnalités dans les colonnes du magazine Alternatives économiques à remettre la réduction du temps de travail au cœur du débat public – publient aux éditions de l’Atelier Einstein avait raison, il faut réduire le temps de travail.

Un ouvrage fort bien documenté qui démontre qu’une autre voie est possible que l’idéologie dominante actuelle. Elle est même impérative selon eux à l’heure où la France, enkystée dans un chômage de masse, compte 6,5 millions d’inscrits à Pôle Emploi, 2,8 millions de plus qu’en 2008. « La réduction du temps de travail, c’est un choc sur le chômage mais aussi l’amélioraton des conditions de travail, de vie et la marche vers l’égalité femmes-hommes », rappelle Dominique Méda. « Aucun pays où on a mis en place des politiques (d’accroissement du temps de travail – ndlr) ne s’est rapproché du plein emploi », renchérit Pierre Larrouturou. Le duo prône un « package » pour travailler moins, où la semaine de quatre jours, déjà à l’œuvre dans des centaines d’entreprises françaises comme Mamie Nova qui a embauché 130 personnes, constitue pour eux l’une des pistes les plus intéressantes.

Entretien vidéo

mediapart.fr


Commentaires

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Espace de travail : pourquoi il faut travailler moins
samedi 2 juillet 2016 à 08h45 - par  Sprikritik

Dix heures de travail payées c’est largement suffisant

Déjà en 1977 le collectif ADRET le démontrait dans son "Travailler deux heures par jours" qu’il faudrait actualiser

Mais ça suppose "évidemment" d’avoir un regard environomique (associant souci de l’environnement et de l’économie) sur notre réalité quotidienne, loin de la préoccupation obsessionnel de l’avoir et le plus près possible du souci d’être.

La finalité de l’environomie que l’ultra-pro-nucléaire - hélas ! - Marcel Boiteux, patron d’EDF proposait d’appeler, vers 1975, "écolonomie"* , doit être de libérer un maximum de Terriens des soucis matériels afin qu’ils puissent, en meilleure santé possible disposer de temps pour réfléchir aux réalités spirituelles, au sens le moins "religion" du terme.

* Hélas trop de parlementaires éGologistes ont sali l’écologisme aux dépens de l’efficacité des écologiques de terrain non arrivistes.

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