Surprise ! Le site pour voter le référendum contre la privatisation d’ADP est truffé de bugs

Tout y est conçu pour décourager ceux qui désirent voter
dimanche 16 juin 2019
popularité : 3%

Par Louis Nadau

Entre bugs à répétition du site, ergonomie calamiteuse et demandes piégeuses, ajouter sa signature à la pétition sur Internet pour l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP) tourne ce jeudi 13 juin au parcours du combattant. Ou comment décourager ceux qui veulent voter…

Il faut persister pour signer. À des lieues de la fanfare qui avait accompagné le lancement du "grand débat" voulu par Emmanuel Macron, le site Internet permettant de voter la pétition officielle réclamant l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation du groupe Aéroport de Paris (ADP) a été ouvert discrètement, ce jeudi 13 juin à minuit. Offrant à ceux qui veulent y apporter leur signature un parcours semé d’embûches. Entre bugs à répétition, ergonomie calamiteuse et demandes piégeuses, c’est un parcours du combattant qui est décrit sur les réseaux sociaux (hashtag #ReferendumADP sur Twitter) par de nombreux internautes. Dont beaucoup posent la question : le gouvernement voudrait-il éviter que la barre des 4,7 millions de signatures, nécessaires à l’organisation d’un RIP sur ADP, soit atteinte dans le délai légal des neuf mois ?

Le gouvernement avait jusqu’au 15 juin pour mettre en place le dispositif de recueil de signatures, à la suite de la décision favorable du Conseil constitutionnel du 9 mai, publiée au Journal Officiel le 15 mai. Soit le même laps de temps que celui qui séparait l’annonce du grand débat (le 10 décembre) et le lancement du site Internet dédié (le 15 janvier). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce délai n’a pas été mis à profit par le ministère de l’Intérieur pour rendre accessible et facile d’utilisation le site visant, selon la définition officielle, à "déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris”.

Les témoignages rapportant des incidents sur www.referendum.interieur.gouv sont en effet légion ce jeudi matin. "Vous vous moquez vraiment de nous Christophe Castaner ! Il faut déjà au moins cinq minutes pour trouver la pétition et la signer… pour ensuite avoir ça comme réponse : ’Le service de vérification est actuellement indisponible’ !", tempête sur Twitter, capture d’écran à l’appui, le secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel. "Je ne peux pas soutenir le référendum : le site dit que je ne suis pas inscrit sur les listes électorales (alors que j’ai voté pour les européennes)", constate un internaute. "Referendum ADP = NOT FOUND. Je n’arrête pas d’essayer de m’inscrire pour la demande de référendum et ça plante à chaque fois. C’est fait exprès ou quoi ?", s’indigne quant à elle Raquel Garrido, proche de La France Insoumise.

Sur son site Arrêt sur images, le journaliste Daniel Schneidermann relate lui aussi ses déboires : alors que le site du ministère ne le reconnaît pas, il se retrouve livré à lui-même : "Pas de hotline, pas de possibilité de vous écrire en privé, pour arranger le coup, ce qui est fâcheux pour tous les inconnus des listes dans mon genre, qui ne peuvent pas vous parler comme je le fais ici", déplore-t-il.

Comment voter : pas clair

De nombreux citoyens pointent en outre le manque de lisibilité de la plateforme. "Toute l’ergonomie du site semble avoir été conçue pour compliquer la signature et rendre plus difficile le processus", râle sur Twitter Valerio Motta, président d’une société numérique, pour qui ce site est une "honte". "J’ai été de ceux qui ont pensé il y a quelques années tout le dispositif des premières primaires en France. Je sais quand une interface ou un dispositif est pensé pour faire participer massivement le public. Ou pas." L’internaute y perd en effet son latin : "On croit arriver au bout du processus, mais non, attention, il reste un code en bas. Évidemment, le Code apparaît mal sur portable", s’énerve "Dadou" sur Twitter. "Au delà des erreurs 404 et autres Code Insee, J’ai fini par comprendre que le ’On ne vous trouve pas sur les listes électorales’ venait du fait que j’avais omis de mettre une majuscule à un de mes prénoms. L’hallu ce site", ajoute l’actrice Caroline Delaunay.

Le site, conçu en 2014 sans avoir jamais servi depuis, comme le relève Le Parisien, est notamment programmé pour vérifier l’identité des citoyens en comparant les données saisies avec le fichier REU, le répertoire électoral unique, géré par l’Insee en remplacement des listes communales depuis janvier 2019. "Préalablement à l’enregistrement d’un soutien, l’inscription de l’électeur sur les listes électorales est automatiquement contrôlée. Ce contrôle est effectué par vérification de l’inscription de l’électeur au répertoire électoral unique via une télé-procédure", est-il indiqué dans un décret du Journal Officiel paru ce jeudi matin. Problème : la moindre différence de saisie – une majuscule ou un trait d’union – bloque la procédure.

La signature, ça se mérite

Bien qu’une certaine rigueur soit certes de mise dans l’organisation d’une pétition officielle, certains raffinements administratifs ont de quoi étonner : au lieu du Code postal de l’utilisateur, ce sont par exemple les Codes Insee de sa commune qui lui sont demandés. Une exactitude complète est par ailleurs requise pour remplir les formulaires : ainsi, écrire "St. Nazaire" au lieu de "Saint-Nazaire" vaudra à l’utilisateur de devoir recommencer la saisie. De nombreux tweets font également état de Codes captcha – un protocole de vérification – particulièrement longs à entrer, et qui ne fonctionnent pas toujours…

Alors que la procédure du référendum d’initiative partagée, introduite dans la Constitution en 2008, est utilisée pour la première fois, le ministère de l’Intérieur semble loin d’avoir mis le paquet pour assurer la bonne tenue de cet exercice démocratique. À en croire certains internautes, même le serveur hébergeant le site serait "sous-dimensionné", incapable de supporter un trafic massif. Dommage pour un gouvernement qui clame, selon les mots du ministre Bruno Le Maire, "ne pas avoir peur du peuple français".

Sur le site gouvernemental, il est indiqué en bas du formulaire que « la liste des soutiens apportés à une proposition de loi peut être consultée par tout le monde ». La liste est consultable directement en ligne, depuis mardi. Chaque citoyen ayant participé à ce référendum est répertorié dans une liste accessible à chacun. Une pratique inédite sous la cinquième République.

marianne.net


Commentaires

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Surprise ! Le site pour voter le référendum contre la privatisation d’ADP est truffé de bugs
dimanche 16 juin 2019 à 15h34 - par  FPAGL

Je confirme, cela m’a pris 30 mon pour introduire mon soutien.

Encore une bonne occasion perdue de ne pas irriter les gens !

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lundi 8 février 2016

Le Liban boycotte le salon du Livre

jeudi 28 février 2008

Le ministre libanais de la Culture annonce que son pays boycottera le Salon du livre de Paris, en raison de la participation d’Israël, invité d’honneur de cet événement prévu du 14 au 19 mars.

Une dépêche de l’Agence France Presse indiquait mercredi :

"Le ministère de la Culture va s’abstenir de participer (au Salon du livre) cette année, pour protester contre la décision des organisateurs de nommer Israël comme invité d’honneur à l’occasion du 60e anniversaire de (la) création" de l’Etat hébreu, a annoncé le ministre Tarek Mitri dans un communiqué.

europalestine.com