Toulouse – Acte 48 des Gilets jaunes – La manifestation dispersée par la force dès sa mise en place

Le matériel de protection individuel des observateurs de l’Observatoire toulousain des Pratiques Policières - OPP saisi sous contrainte
lundi 14 octobre 2019
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La manifestation de l’acte 48 des Gilets jaunes n’a pas pu parcourir plus de 200 m dans les rues de Toulouse avant-hier, samedi 12 octobre. À peine les manifestants rassemblés, les policiers et gendarmes de l’important dispositif mis en place par la préfecture de la Haute-Garonne est entré en action. Tirs massifs de grenades durant plusieurs heures noyant littéralement les rues de Toulouse dans de denses nuages de lacrymogènes et touchant indifféremment promeneurs et manifestants, adultes et enfants de tous âges. Les observateurs ont aussi noté l’usage de grenades explosives et des deux canons à eau présents. Des tirs de LBD 40 (appelés couramment flash ball) ont été rapportés en première main par de nombreuses personnes présentes. Des pratiques de nassage (enfermement « à ciel ouvert » des personnes sans possibilité de dispersion) ont été mise en œuvre.

Les policiers et gendarmes s’en sont, de nouveau, pris aux observateurs de l’OPP, 11 d’entre eux, répartis en deux groupes étaient présents. Au delà d’un jet de grenade ciblé alors qu’ils étaient clairement isolés des manifestants, les membres de l’un des deux groupes ont fait l’objet, vers 16h25 à l’angle des allées Jean Jaurès et de la rue Bachelier, d’une saisie de leur matériel de protection (casques, lunettes masques en tissus) accompagnée d’un contrôle d’identité. Les observateurs concernés avaient pourtant montré aux policiers leur déclaration de présence transmise jeudi à la Préfecture et à la DDSP. Les observateurs ont demandé un PV de saisie de leur matériel, ce qui leur a été refusé. Sous menace d’arrestation clairement formulée, les observateurs ont donc obtempéré en gardant le plus grand calme malgré la morgue et le mépris ostensiblement affiché par certains policiers. Il leur a été fermement interdit, encore avec menaces et essai de saisie du matériel vidéo, de filmer les échanges. Après saisie du matériel de protection individuelle, les policiers de la CRS ont maintenu leur refus de les laisser passer et les ont renvoyé au cœur de la nasse sans équipement de protection individuelle. Il convient aussi d’acter qu’aucun des policiers présents ne portait de numéro RIO apparent, cultivant ainsi un anonymat contraire à l’article R434-15 du Code de la sécurité intérieure.

Il nous semble aussi nécessaire de signaler que les journalistes et reporters présents ont été aussi largement pris à partie par les policier·es et gendarmes ; un journaliste du média en ligne « Rapports de force » a été arrêté et est toujours, à l’heure de la rédaction du présent communiqué, en garde à vue. Quant aux secouristes volontaires, aux « street medics », ils ont fait l’objet d’un traitement « musclé » tout l’après midi avec saisie et destruction de leur matériel de protection et de premiers soins, interpellations et arrestations.

Une fois de plus, les représentants de l’État ont réprimé, sous diverses formes, tous ceux et celles qui observent et restituent de manière publique le comportement des policiers en situation de maintien de l’ordre mais aussi ceux et celles qui soignent toutes les personnes, pas seulement les manifestants, prises dans la tourmente d’une utilisation disproportionnée et déraisonnable de la force par les unités de police présentes.

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opp.toulouse @gmail.com


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