Le Brésil adopte l’étiquette « contient des OGM »

lundi 20 mars 2006
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Pays hôte, depuis lundi, de la troisième réunion des parties au protocole de Carthagène sur la biosécurité, le Brésil a résolu, in extremis, l’impasse dans laquelle il était plongé et redoré du même coup son blason de « puissance environnementale ».

Par Bruno Boyer

Entré en vigueur en 2003 et ratifié à ce jour par 132 pays, ce traité onusien réglemente les échanges internationaux des organismes génétiquement modifiés (OGM), de manière à prévenir d’éventuels risques pour l’environnement et la santé. Il garantit aux pays importateurs le droit d’être informés de la présence ou non d’OGM dans les cargaisons qui leur sont destinées pour qu’ils puissent décider ou non de les accepter. L’un des principaux points à l’ordre du jour de la réunion est justement le degré d’information que l’exportateur doit fournir à l’importateur, autrement dit l’étiquetage. Le protocole stipule, à titre provisoire, que ces cargaisons doivent porter le simple label « peut contenir » des OGM, ce qui laisse planer le doute. Les parties au protocole doivent maintenant décider de l’adoption d’une mention « contient des OGM » qui obligera les producteurs à réaliser des tests de traçage des OGM et à séparer les grains transgéniques des conventionnels.

A la fois dépositaire de la plus grande part de la biodiversité mondiale et grand exportateur agroalimentaire, le Brésil, lui, est divisé sur la question, jusqu’au sein du gouvernement, où s’affrontent le ministère de l’Agriculture et celui de l’Environnement. Lors de la précédente réunion, l’an dernier, le Brésil avait été l’unique signataire du protocole, avec la Nouvelle-Zélande, à défendre le maintien de la formule « peut contenir », cédant alors au secteur agricole.

Or, le président Lula a donné raison à la ministre de l’Environnement, Marina Silva, soutenue par les écologistes, en décidant que le Brésil défendra désormais la formule « contient des OGM » tout en donnant quatre ans à ses producteurs pour s’y adapter. Une « victoire pour la biosécurité de la planète », dit Greenpeace, qui dénonce toutefois ce délai. Pour Marina Silva, la terminologie « contient », si elle est adoptée, mettrait la production brésilienne à l’abri d’éventuelles barrières non tarifaires de la part de pays qui exigent l’étiquetage des OGM. Les exportateurs agricoles, eux, assurent que le tri et l’étiquetage des grains vont renchérir leurs coûts de production et qu’ils seront en position défavorable vis-à-vis de leurs concurrents.

Le Brésil est en effet le seul grand exportateur de grains à avoir adhéré au protocole de Carthagène. Les autres (Etats-Unis, Canada, Australie et Argentine) se sont abstenus de le faire. Les parties au protocole aborderont aussi une autre polémique : l’établissement d’un mécanisme de répartition des responsabilités entre le pays importateur et l’exportateur en cas de dommages résultant des flux internationaux d’OGM.

Chantal RAYES

15.03.2006 / AGIR
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