La baraka du baril

jeudi 20 mars 2008
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Sur le plan social, l’année a été marquée par une succession de crises. Des grèves à répétition en passant par les tensions nées de la cherté des produits de large consommation, des remous dans les milieux scolaires et le secteur de la Fonction publique... sont autant d’événements ayant « perturbé » le sommeil des responsables.

Qu’à cela ne tienne. Quels que soient les problèmes sociaux, on peut les solutionner par le dialogue. Vertu oblige. Le gouvernement a pris toutes les dispositions. Le prix de l’huile a augmenté sur le marché international, ce n’est point un problème. Il n’ y a pas de quoi ajouter de l’huile sur le feu. L’Etat subventionne. Le prix du lait a connu une flambée. L’Etat va importer des génisses. Pour faire face à la pénurie de blé tendre, il suffit de mettre en culture une partie des terres en jachère et celles inexploitées.

Un chômage galopant. Et alors ? Le plan de relance économique se charge de le réduire. Le pays est un énorme chantier. Un million de logements à construire. L’habitat précaire sera résorbé. Une autoroute Est-Ouest qualifiée de mégaprojet. Les infrastructures de base poussent comme des champignons. Pour contrer la fuite des cerveaux, il suffit d’améliorer leurs conditions socioprofessionnelles. Ainsi, tous les problèmes et fléaux sociaux ont des solutions. Il suffit d’avoir une stratégie de développement et une volonté politique. Mais quand on a plus de 6 millions d’analphabètes sur les 34 millions d’Algériens...

Quand on a 2,5 millions de diabétiques dans l’incapacité de travailler normalement... Quand on a 7 millions d’hypertendus, soit 34% des personnes de plus de 18 ans qu’il faut éviter de contrarier... Quand on a 2 millions de malades mentaux... Quand on a 2 millions d’employés qui ne sont pas déclarés à la sécurité sociale... Quand on a près de 9 millions de scolarisés... Et quand on a 3 millions de handicapés... Quand on a plus de 2 millions d’émigrés... Cela fait nombre ! En soustrayant toutes ces franges de la société auxquelles il faut ajouter les hospitalisés et les détenus, c’est à se demander combien il reste d’Algériens valides qui travaillent dans ce pays ?

Et ça c’est un sérieux problème, pas facile à résoudre. Heureusement que nous avons des ressources en hydrocarbures qui nous permettent d’engranger des réserves de change de plus de 110 milliards de dollars. On pourra toujours importer de la nourriture. Des travailleurs pour nous construire des écoles pour nous instruire, des hôpitaux pour nous soigner, des logements pour nous abriter. Ces travailleurs ils construisent déjà nos routes pour nous déplacer. Et si l’Algérie ne possédait pas de pétrole ? Vivement la baraka de l’or noir !

Smail ROUHA

lexpressiondz


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